La dépression
Ch@t du 5 septembre 2012 de 15h à 16h : les réponses des Drs Florian Ferreri et Andrei Radtchenko, psychiatres.
Par La rédaction d'Allo Docteurs
Rédigé le , mis à jour le
Les réponses du Dr Andrei Radtchenko, psychiatre
Oui tout a fait. Il s’agit de manifestations somatiques fréquentes qui peuvent accompagner certaines dépressions.
Non.
Oui, mais l'effet qui peut être de bonne qualité est transitoire, donc il faut prévoir un traitement d'entretien. La plupart des CHU ont des équipes formées.
A partir du troisième épisode il s’agit d’une maladie chronique qui nécessite un traitement médicamenteux à long cours associé à la psychothérapie. On peut espérer une bonne rémission sans symptômes résiduels et avec une bonne qualité de vie, mais pas une "guérison" définitive.
Trouver un bon rythme qui respecte vos capacités, une bonne hygiène de vie. Tout surmenage peut vous prédisposer à des changements émotionnels, voir des récidives de la dépression.
Le site de l'AFTCC ou d'une autre association française de TCC dispose d'une liste de thérapeutes.
A voir au cas par cas avec votre psychiatre : effectivement cet antidépresseur peut induire une prise pondérale, pensez à associer des mesures hygiéno-diététiques et une activité physique, si vous êtes bien équilibré avec ce produit.
Avec les connaissances actuelles, non.
Oui et avec une reprise progressive et douce de l'activité sexuelle, en rassurant le partenaire ++.
Certaines formes de dépression effectivement et d’une façon parfois très pénible.
Toute diminution doit être faite en accord avec votre médecin. Après un traitement prolongé en rémission on peut tout à fait diminuer progressivement les doses sans risque de rechute, mais le risque zéro n'existe pas...
L’hospitalisation est une solution pour une crise suicidaire, pour une dépression résistante en ambulatoire, voir pour assurer le neursing pour un patient déprimé et isolé.
Si vous êtes satisfait de votre prise en charge, non.
C'est tout à fait possible : il faut donc poursuivre le traitement à la posologie qui a permis la rémission.
C'est un symptôme non spécifique, mais qui peut faire partie d'un syndrome dépressif.
La dépression est au début un état fonctionnel. Non traitée elle serait responsable des lésions au niveau cérébral qui sont au moins en partie réversibles sous antidépresseurs. Le traitement prolongé en rémission grâce à la neuroplasticité relancée par les antidépresseurs est susceptible de réparer, parfois définitivement (pour un premier épisode p. ex.) l'impact de la dépression.
Effectivement il serait prudent de faire attention, sans paniquer. Toute tristesse prolongée ou sans facteur déclenchant pourrait faire penser à un épisode dépressif. En prévention: activité physique régulière, oméga 3, hygiène de vie, sommeil régulier...
Le risque le plus important c'est le suicide. Les autres risques : désinsertion professionnelle, isolement social et familial, perte de la qualité de vie.
Les réponses du Dr Florian Ferreri, psychiatre
Il n'y a pas de fatalité. Cependant le risque de faire une nouvelle dépression au cours de sa vie est de 75%. Plus chaque épisode est bien traité plus ce risque diminue.
Les crises d'angoisses sont parfois très invalidantes. Il existe des traitements et des psychothérapies qui peuvent vous aider. Un second avis pourrait vous aider.
La dépression est une baisse de morale qui dure dans le temps (plus de 15 jours) et qui est constante à la différence de "coup de déprime" qui est souvent plus bref et fluctuant dans la journée.
Les antidépresseurs sont généralement bien tolérés cependant certaines personnes sont plus sensibles notamment au niveau digestif. Vérifier le fonctionnement du foie, utiliser des doses plus faibles ou changer de traitement sont des pistes à explorer.
Les troubles bipolaires ont une composante héréditaire cela ne veut pas dire que tous les membres de la famille sont bipolaires mais le risque de faire un épisode dépressif ou maniaque est effectivement majoré.
La dépression s'accompagne souvent d'une anxiété importante et peut engendrer des crises d'angoisses. Cette anxiété conjuguée au ralentissement psychomoteur dépressif peut perturber la mémoire et la concentration. Ces troubles s’amendent progressivement avec la guérison de la dépression.
Votre médecin traitant, le centre hospitalier, les associations de malades, les forums de patients devraient pouvoir vous renseigner.
Le repli sur soi, la tendance à l'isolement peuvent être des signes de dépression surtout si ces comportements sont récents.
La kétamine est à l'étude comme traitement de certaines dépressions. De nombreux centres universitaires ont des recherches en cours sur la dépression uni ou bipolaire.
Il n'y a pas de durée "préconisée" pour un suivi. Le plus important est d'avoir confiance en son thérapeute.
La dépression est décrite à tous les âges du nourrisson à la personne âgée cependant 3 périodes semblent plus à risques: 16/25 ans, 45-55 ans, 65-75 ans.
Pour faire le diagnostic de dépression il n'est pas nécessaire d'avoir tous les signes. 5 signes dont au moins la perte de plaisir ou l'humeur dépressive, présent depuis plus de 15 jours et qui contrastent avec le fonctionnement habituel de la personne sont suffisant.
Le cannabis n'est pas recommandé comme traitement de la dépression. On considère qu'il pourrait aggraver le problème.
La dépression et l'anxiété qui l'accompagne peuvent provoquer de nombreux symptômes physiques notamment cardiovasculaire ou digestif. Faire le point avec un cardiologue lors du premier épisode permet d'être rassurer sur l'origine du problème.
Les risques peuvent être importants : aggravation de la dépression, apparition ou aggravation d'idées suicidaires, retentissement sur son activité professionnelle ou son entourage proche.
Ces signes peuvent effectivement être des signes dépressifs. Il ne faut pas hésiter à consulter dans ce contexte.. Des moyens de vous aider existent.
Il est important de signaler le plus tôt possible à votre médecin ces moments de "moins bien" pour vérifier l'absence d'apparition de symptômes dépressifs et éventuellement ajuster la prise en charge.
Le premier temps serait probablement de la convaincre de consulter son médecin traitant ou un psychiatre qui seront à même de voire si un problème médical ou psychiatrique explique son comportement.
Il est souvent difficile de convaincre un proche de se soigner. Il est souvent utile de prévenir son médecin ou des amis qu'elle écoutera peut-être plus que vous. En cas de risque majeur (troubles du comportement ou propos suicidaires) les services de secours peuvent intervenir.
Ces signes sont fréquents en cas de dépression mais ne suffissent à eux seuls pas pour parler de dépression. Si cela dure depuis plusieurs jours un avis médical est justifié pour voire si vous souffrez d'autres signes dépressifs (tristesse, dévalorisation, perte de plaisir..).
Dans certains cas (troubles dépressifs récurrents, certaines troubles anxieux) les antidépresseurs sont prescrits sur de longues périodes (mois voire années) s'ils sont efficaces.
Le millepertuis agit sur le sérotonine et des propriétés antidépressives lui sont attribuées. Très utilisé en Allemagne, il est peu prescrit en France.
On distingue les troubles unipolaire et bipolaire en fonction de l'évolution de la maladie ainsi : certaines personnes font une dépression unique au cours de leur vie : on parle d'épisode dépressif isolé, d'autres font plusieurs dépressions on parle de dépressions récurrentes ou de trouble unipolaire, enfin certaines personnes souffrent en alternance de dépression et de manie on parle de trouble bipolaire ou de maladie maniaco-dépressive.
Il est d'usage d'être prudent avec la mono thérapie antidépresseur en cas de suspicion de trouble bipolaire : cette suspicion repose notamment sur les antécédents familiaux de bipolarité, sur un antécédent personnel d’exaltation de l'humeur, de dépression du post-partum ou sur un mauvaise tolérance des antidépresseurs. Il convient de bien faire le point avec votre médecin prescripteur et dans tous les cas de bien surveiller la tolérance du traitement dans les premiers jours.
L'activité physique n'est pas à elle seule le traitement d'une dépression mais est souhaitable si l'énergie est suffisante. Il faut privilégier un activité raisonnable, qui vous fasse plaisir et éviter les sport trop violents ou dangereux.
En savoir plus
La dépression est un trouble de l'humeur qui se caractérise notamment par une grande tristesse, un sentiment de désespoir, une perte de motivation, et d'estime de soi. Véritable maladie qui touche plus de 3 millions de personnes en France, la dépression survient généralement sous forme de périodes dépressives qui peuvent durer de 2 semaines à plusieurs années, voire toute la vie. Selon l’intensité des symptômes, la dépression sera qualifiée de légère, modérée ou grave. Dans les cas les plus graves, la dépression peut conduire au suicide.
Cette maladie qui peut vous empêcher de parler, de rire, de manger, de travailler, de dormir ou de vous lever le matin peut vous empêcher tout simplement de vivre, en affectant les fonctions organiques. Ce qui explique qu’une personne qui souffre de dépression soit entre autres plus vulnérable aux infections car son système immunitaire est affaibli.
Il est important dans tous les cas de très vite consulter.
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