Image d'illustration.
Image d'illustration. Crédits Photo : © Shutterstock / tairome

Covid : à quelles séquelles faut-il s'attendre ?

Les patients covid ont un risque accru de développer un problème de santé et de décéder dans les mois qui suivent l’infection, alerte une vaste étude qui s’inquiète de la mobilisation à long terme des ressources sanitaires.

La rédaction d'AlloDocteurs
La rédaction d'AlloDocteurs
Rédigé le , mis à jour le

Problèmes respiratoires, neurologiques, cardiaques… Le risque de développer un nouveau problème de santé dans les mois qui suivent un covid est accru, selon une nouvelle étude de l’université de médecine de Washington (Etats-Unis). Pire, le risque de décès est lui aussi plus élevé dans la période post-covid, même chez les patients qui ont eu une forme suffisamment modérée pour ne pas avoir nécessité d’hospitalisation, précise l’article publié le 22 avril dans la revue Nature.

Plus de 87.000 patients covid

Cette étude porte sur plus de 87.000 patients covid et sur près de cinq millions de patients non covid constituant un groupe "contrôle". Les chercheurs ont utilisé les vastes bases de données de l'Administration de la santé des anciens combattants (VHA) américaines.

Ils y ont catalogué toutes les maladies pouvant être associées au covid. Leur objectif était d’avoir un aperçu des complications et de la charge sanitaire massive que cette maladie risque de faire peser sur la population mondiale dans les années à venir.

A lire aussi : Covid léger qui s'aggrave : quels symptômes doivent alerter ?

Toux, diabète, caillots …

Premier résultat : les effets secondaires du covid-19 sont très variés. L’étude confirme en effet que, bien qu’étant initialement un virus respiratoire, le covid peut affecter presque tous les systèmes du corps :

  • le système respiratoire (toux persistante, essoufflement, faible taux d’oxygène dans le sang),
  • le système nerveux (accident vasculaire cérébral, maux de tête, problème de mémoire…),
  • la santé mentale (anxiété, dépression…),
  • le système métabolique (diabète, obésité, hypercholestérolémie),
  • le système cardiovasculaire (insuffisance cardiaque, arythmies…),
  • les reins (maladies rénales chroniques…),
  • la régulation de la coagulation (caillots sanguins),
  • la peau (éruption cutanée, perte de cheveux),
  • le système musculo-squelettique (douleurs articulaires et faiblesse musculaire)
  • l’état de santé général (fatigue, anémie...).

Ces problèmes de santé majeurs semblent persister au moins six mois après le diagnostic.

D’autres conséquences "pas encore visibles"

Si parmi ces maladies, certaines "peuvent s’améliorer avec le temps", d’autres "peuvent s’aggraver", s’inquiète le professeur Ziyad Al-Aly, co-auteur de l’étude, dans un communiqué de l’université.

"Nous allons continuer à suivre ces patients pour nous aider à comprendre les impacts continus du virus au-delà des six premiers mois après l'infection. Nous ne sommes qu'à un peu plus d'un an de cette pandémie, donc il peut y avoir des conséquences du covid-19 qui ne sont pas encore visibles" anticipe le spécialiste.

Risque de décès accru de 60%

Mais ce n’est pas tout : après avoir survécu pendant 30 jours à l'infection initiale, les patients ont un risque de décès accru de près de 60 % pendant six mois par rapport à la population générale.

Au bout de six mois, la surmortalité parmi tous les survivants du covid est estimée à huit personnes pour 1.000 patients. Ce chiffre grimpe à 29 décès en excès pour 1.000 patients chez les patients qui ont été hospitalisés pour un covid.

"Notre étude démontre que jusqu'à six mois après le diagnostic, le risque de décès suite à un cas même bénin de covid-19 n'est pas négligeable et augmente avec la gravité de la maladie", résume le professeur Al-Aly.

"La partie émergée de l’iceberg"

"Ces décès ultérieurs dus à des complications à long terme de l'infection ne sont pas nécessairement enregistrés comme des décès dus au covid-19", précise le professeur. Ce qui suggère que "les décès que nous comptons comme dus à l'infection virale immédiate ne sont que la partie émergée de l'iceberg."

Pour lui, il n'est donc "pas exagéré" de dire que le covid-19, en particulier ses "conséquences à long terme" est la "prochaine grande crise sanitaire".

"Les effets persistants de cette maladie se répercuteront pendant de nombreuses années, voire des décennies. Les médecins doivent être vigilants dans l'évaluation des personnes qui ont eu le covid-19. Les patients auront besoin de soins intégrés et multidisciplinaires" prévient-il enfin.