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Peut-on attraper une gastro-entérite en buvant de l'eau en bouteille ?

Le 27 avril 2016, une entreprise d'eaux embouteillées à l'origine de 4.000 cas de gastro-entérites dans la région de Barcelone a été fermée. Une telle situation pourrait-elle se produire en France ? Le point sur la réglementation française en la matière.

Rédigé le , mis à jour le

Peut-on attraper une gastro-entérite en buvant de l'eau en bouteille ?
Peut-on attraper une gastro-entérite en buvant de l'eau en bouteille ?

Plus de quatre mille cas de gastro-entérites liés à une contamination d'eaux embouteillées par des norovirus : la situation, sans précédent, s'est produite au mois de mars 2016 à Barcelone, en Espagne. Elle a abouti à la fermeture, mercredi 24 avril 2016, de l'usine d'embouteillage située en Andorre. La contamination des eaux par des matières fécales semble être en cause, sans qu'il soit possible, pour le moment, d'en déterminer la cause.

Les norovirus sont les virus les plus fréquemment retrouvés lors des épidémies de gastro-entérites. Les symptômes de la maladie apparaissent généralement 24 à 48 heures après la contamination. Le premier symptôme est souvent une nausée, suivie de vomissements et de diarrhée. Des maux de tête, une fièvre légère, des crampes d’estomac et des membres douloureux peuvent également apparaître.

Cette situation, exceptionnelle par son ampleur, pourrait-elle se produire en France ?

A priori, non, car la réglementation prévoit différents contrôles, très stricts, de ces eaux qui finiront en bouteille. Afin de s'assurer notamment qu'il n'y ait aucune contamination par des micro-organismes dangereux pour la santé, les autorités françaises exigent, en effet, que la ressource en eau, puis les bouteilles, fassent l'objet de contrôles microbiologiques et physico-chimiques très stricts. Ces contrôles sont effectués par les services de l'Agence Régionale de Santé (ARS). L'exploitant peut également, s'il l'estime nécessaire, effectuer d'autres analyses lors du processus d'embouteillage.

Surveillance des bactéries fécales

Parmi les contrôles exigés par la réglementation, la surveillance des "indicateurs de contamination fécale" permet de s'assurer que l'eau est indemne de toute contamination virale ou bactérienne provenant d'un contact accidentel avec des selles humaines ou animales. La recherche de virus, et notamment de norovirus, dans ces eaux n'est, cependant, pas possible à effectuer en routine, car trop complexe à mettre en oeuvre. Mais, dans le cas de contamination fécale des eaux, ces norovirus sont toujours associés à des bactéries fécales, que l'on sait facilement détecter. C'est donc la recherche de ces bactéries qui permet d'éviter de mettre sur le marché des bouteilles contaminées. S'il n'y a pas de bactéries fécales dans les eaux, il ne peut y avoir de norovirus. Pas de craintes à avoir, donc, côté Français.

Reste à savoir pourquoi, en Andorre, une telle situation a pu se produire. En tout état de cause, selon le Pr Albert Bosch, professeur de microbiologie à l'Université de Barcelone chargé de l'analyse de l'eau contaminée à l'origine des cas de gastro-entérite en Espagne, "c'est la première fois au monde que l'on retrouve un norovirus dans des eaux embouteillées." Une première, donc... d'une certaine façon !

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