Troubles musculo-squelettiques (TMS)

Ch@t du 12 janvier 2012 de 15h à 16h : Les réponses des Drs Katja Malze et Victor Katz, chirurgiens de la main et du membre supérieur et de Gaëtan Bourmaud, ergonome consultant & cofondateur du cabinet d’ergonomie AXErgonomie.

La rédaction d'Allo Docteurs

Par La rédaction d'Allo Docteurs

Rédigé le , mis à jour le

Les réponses du Dr Katja Malze, chirurgien de la main et du membre supérieur

Le stress peut augmenter la tension musculaire et créer donc des mouvements moins adaptés et moins réfléchis. Les postures sont moins bien. Cela peut provoquer des TMS.

Normalement le syndrome du canal carpien va partir quelques semaines après l'accouchement spontanément. Pour vous soulager en attendant, il est possible de faire une infiltration.

Oui c'est même une des causes principales des TMS.

Cela peut-être deux choses différentes : une tendinite et une compression du nerf médian au canal carpien. Il faudrait faire un emg.

Ca peut être une irritation de la branche sensitive du nerf radial par la cicatrice. Des massages de la cicatrice peuvent aider.

Les douleurs passent assez vite, parfois il reste des gênes en regard de la cicatrice pendant quelques semaines, la récupération d une sensibilité complète peut prendre plusieurs mois.

Normalement les douleurs devraient être beaucoup moins importantes, une gêne pendant des travaux de force à ce stade est normale.

Oui cela peut être une compression du nerf médian au canal carpien, il faudrait faire un emg pour évaluer votre nerf médian.

Non, si vous ne souffrez pas des douleurs ce n'est pas nécessaire.

La cicatrisation dure 2 semaines, les douleurs disparaissent très vite, il peut persister une gêne en regard de la cicatrice pendant quelques semaines, la récupération d'une sensibilité normale peut durer plusieurs mois.

Il faudrait faire un emg du nerf médian pour juger d'une indication opératoire au canaux carpiens.

L'induration de la cicatrice à ce stade est normale, par contre les douleurs devraient disparaitre après l'opération. Si les douleurs au poignet ne vous empêchent pas vous pouvez reprendre votre travail.

On peut faire en complément d'une échographie une irm pour avoir plus d'informations sur l'état des tendons de l'épaule.

Oui si deux infiltrations n'ont pas guéri votre doigt à ressaut une intervention chirurgicale est indiquée !

Consultez un chirurgien de la main pour un examen clinique.

Les réponses du Dr Victor Katz, chirurgien de la main et du membre supérieur

Oui car les tendons de l'épaule sont en contraction quand vous manipulez la souris et donc, peuvent souffrir.

Certains patients ont une anatomie des épaules favorisant les tendinites et donc des 2 cotés. En revanche une rupture bilatérale est plus rare (20%).

Si les calcifications sont douloureuses, traitement par anti inflammatoire, repos, puis kiné, éventuellement infiltrations.

Oui.

Tendinite : donc modification du poste de travail (hauteur de chaise, position..) puis traitement anti inflammatoire.

Il existe un protocole de rééducation spécifique de kinésithérapie (protocole de PEET modifié).

Pas obligatoirement. Si la rupture est petite et les douleurs disparaissent, on peut se limiter à une surveillance IRM de cette rupture tous les 6 mois par exemple.

Une IRM serait utile et peut voir une tendinite que l'écho ne voit pas.

Impossible de répondre sans voir l'arthroscanner certaines lésions ne donnent pas de douleurs par exemple.

Cela dépend de la guérison de votre fracture et donc des rx. Si celle ci est bien guérie, il s'agit alors d'un TMS.

Oui, il faut confirmer par un électromyogramme. L'épaule c'est autre chose.

Non a priori, sauf exception.

Oui absolument. D'abord une tendinite dont l'évolution naturelle si elle n'est pas traitée est la rupture.

Une infiltration de cortisone devrait vous soulager : rhumatologue ou orthopédiste spécialisé.

Les calcification peuvent etre évacuées : trituration par un radiologue ou arthroscopie par un chirurgien.

Oui possible, les douleurs nocturnes sont le signe de forte tendinite. Le canal carpien s'opère s'il est important et si l'infiltration ne marche pas.

Oui si vous souffrez toujours.

Ondes de choc ?

Cela dépend de votre âge et votre activité.

Rééducation et infiltration. Surveillance par irm : tant que la rupture n'est pas totale.

En discuter avec un spécialiste qui fera un courrier a votre médecin.

Consultez avant si les douleurs sont insupportables ou une deuxième infiltration à 1 mois d'écart.

Non.

Natation.

Pas forcement. L'organisme peut s'adapter.

Bien sur.

Oui possible.

Demander une expertise à la sécurité sociale.

Eviter le travail "bras en l'air", poser les coudes et vous traiter.

Oui mais parfois les séances sont un peu douloureuses.

Vous êtres donc "jeune", il faut surveiller de près.

Je ne vois pas.

A priori, non.

Absolument.

A priori, pas TMS.

Maladie du tendon, le plus souvent synonyme de tendinite.

C'est plutôt les ruptures de tendons que l'on n'opère pas chez les patients âgés.

A priori, non.

Oui.

Vous faire traiter quand même.

Pas TMS, parfois pro (conflit sur un tendon a la paume).

Ca dépend de l'articulation concernée.

Oui.

Oui voir avec votre médecine du travail actuelle.

Non un kyste se traite : consultez un chirurgien de la main.

Les réponses de Gaëtan Bourmaud, ergonome consultant & cofondateur du cabinet d’ergonomie AXErgonomie

L'âge est certes une dimension réelle dans la survenue de TMS et généralement on retrouve un accroissement du nombre vers l'âge de 50 ans mais on constate aussi de plus en plus de sujets jeunes touchés. La pluri-factorialité de ces pathologies professionnelles, intégrant tout autant les dimensions organisationnelles, biomécaniques, psychosociales et personnelles explique en partie l absence d une stricte convergence augmentation de l'âge / augmentation des TMS.

L'apparition de TMS ne dépend pas seulement des caractères d'intensité de l'effort ou de la répétitivité des gestes d'autres facteurs entrent en ligne de compte (les dimensions organisationnelles comme la cadence, les horaires, la configuration de l'espace de travail, biomécaniques (les mouvements, les postures, etc.), psychosociales et personnelles (âges, reconnaissance et satisfaction au travail) mais il est important de revenir sur la question du "geste mal fait" : on sait que le geste est le résultant d'un compromis (entre les exigences de la situation de travail aux plans techniques ou organisationnelles et la/les personnes impliquées dans l'activité) et qu'il ne doit pas être abordé sous le simple angle biomécanique. La notion de "sens du geste" est essentielle ! Pourquoi ce geste est-il réalisé ainsi ? Qu'est-ce qui contraint la personne à le réaliser ainsi ? Et plutôt que d'incriminer la personne comme responsable de ce geste, il s'agit plutôt de comprendre les éléments ayant abouti à ce geste.

Si vous êtes reconnu travailleur handicapé vous pouvez bénéficier d'une étude globale de votre situation de travail par un ergonome ou par le médecin du travail qui pourront questionner l'ensemble de votre situation de travail (conditions techniques, organisationnelles de votre travail notamment) et non pas seulement vous proposer un changement de fauteuil. Les TMS sont aujourd'hui reconnus comme un phénomène particulièrement complexe et pluri-factoriel. L'ensemble de la situation de travail doit être considérée pour parvenir à une transformation positive, corrective et préventive si vous n'êtes pas reconnu travailleur handicapé, le médecin du travail peut faire une première étude et alors conseiller des modifications de votre poste, voire dans certains cas lancer l'étude globale décrite précédemment.

L'ergonome propose une étude globale de la situation de travail, qui dépasse bien largement la question de la configuration matérielle ou technique (du poste de travail). Elle vise à identifier les facteurs propres à l'activité de la personne pour construire un diagnostic global (les méthodologies de l'entretien, de l'analyse de l'activité sont mobilisées pour cela). Le diagnostic et surtout la description du travail doit ensuite être mise en partage et discuté auprès de l'ensemble des acteurs que sont le/la/les salarié/e/s, le responsable hiérarchique, le médecin du travail, le CHSCT (quand il existe), des services techniques, la direction, etc. visant à comprendre l'étendue des facteurs impliqués pour ensuite travailler sur la question des transformations (techniques mais aussi et surtout organisationnelles, voire et c'est très important sur des dimensions telles que la reconnaissance du travail ou les conditions d'une satisfaction au travail). Ces transformations doivent également être évaluées après leurs mises en œuvre et une veille constante doit être initiée.

Il est important de procéder à l'analyse de votre situation de travail pour comprendre les facteurs impliqués dans vos douleurs et viser une transformation. Et en faisant appel aux personnes qui peuvent déclencher ce type d'étude au sein de votre entreprise, et en premier lieu vos collègues et responsables, le médecin du travail et les acteurs pluridisciplinaires de la santé au travail (ergonomes notamment), le CHSCT, vous pouvez non seulement signaler votre situation propre mais aussi déclencher une action de plus grande ampleur visant à questionner les conditions de travail de vous-même et de vos collègues et alerter votre entreprises que ce type de douleurs existent. Une action de prévention, au plus tôt est toujours préférable que de voir apparaitre dans un futur plus ou moins proche un grand nombre de cas tels que le vôtre et une mise en danger de la santé des salariés voire de l'entreprise (les conditions économiques d'un grand nombre de TMS étant particulièrement à risque pour l'entreprise, sans compter les perturbations occasionnées par les absences à cause des douleurs par exemple).

Oui, nous avons aujourd'hui identifié un grand nombre de facteurs, que l'on catégorise sous 4 grandes familles : les facteurs psychosociaux, la qualité ressentie du travail, et son sens (le bien fait, le beau, l'utile), la reconnaissance par les pairs et la hiérarchie, la satisfaction au travail, le sentiment d'isolement, l'organisation du travail. Les cadences, un temps de récupération insuffisant, pression des résultats, les facteurs biomécaniques. La force, la répétitivité, les postures, les amplitudes articulaires, le maintien statique, les vibrations, mais aussi les conditions climatiques comme le froid, l'équation personnelle, âge, expertise. Il ne s'agit pas de dire qu'il les faut tous mais c'est bien la combinaison de certains d'entre eux qui vont engendrer la survenue des TMS.

Si vous souffrez de TMS, l'opération elle seule ne peut généralement pas suffire car à la reprise de votre travail vous vous retrouvez exposer aux mêmes conditions de travail qui ont contribué à l'apparition de TMS... il s'agit donc de signaler votre cas et de demander à bénéficier d'une étude de votre situation de travail (en alertant déjà votre médecin du travail et/ou vos responsables au sein de l'entreprise). Cette étude devrait permettre après une étape d'analyse et de diagnostic de faire émerger des transformations de la situation de travail visant à améliorer vos conditions de travail

Je suis d'accord avec vous sur la contribution réelle de nombreux autres facteurs tels que : les facteurs psychosociaux, la qualité ressentie du travail, et son sens (le bien fait, le beau, l'utile), la reconnaissance par les pairs et la hiérarchie, la satisfaction au travail, le sentiment d'isolement, l'organisation du travail, les cadences, un temps de récupération insuffisant, pression des résultats, les facteurs biomécaniques, la force, la répétitivité, les postures, les amplitudes articulaires, le maintien statique, les vibrations, mais aussi les conditions climatiques comme le froid, l'équation personnelle, âge, expertise, il ne s'agit pas de dire qu'il les faut tous mais c'est bien la combinaison de certains d'entre eux qui vont engendrer la survenue des TMS.

Je ne répondrai pas du côté médical de la question mais il est évident que dans la question du traitement des TMS, la transformation réelle des situations de travail est un incontournable.

Cette situation est parfaitement regrettable mais il a été démontré que la transformation d'une situation de travail ne peut se faire sans le signalement en interne de la survenue de TMS. Par ailleurs, si l'entreprise ne perçoit pas la chance de ce signalement et ainsi le lancement d'actions à viser de correction et d'amélioration avant qu'il ne soit trop tard tant pour elle que pour ses salariés c'est donc qu'elle n'a pas compris l'importance d'agir. Aujourd'hui les campagnes sur les TMS dans les médias sont devenues courantes et la sensibilisation de tous est la condition sine qua non pour que plus jamais les TMS ne soient traitées autrement que comme un phénomène complexe et essentiel en termes de santé au travail, voire de santé public. Il est du ressort de tous d'en parler pour que la salarié touché ne soit pas pointé du doigt, stigmatisé voire lésé (comme vous l'avez été dites-vous) mais bien que des solutions soient cherchées puis trouvées.

Tout à fait !

Signaler en interne, dans votre entreprise auprès des différents acteurs (médecin du travail, infirmier, hiérarchiques, collègues, etc.) votre inquiétude sur votre santé et permettez d'établir le lien entre santé et travail (conditions de travail). L'étude et la transformation des situations de travail étant un levier indispensable devant vous permettre de réaliser votre travail sans risque pour votre santé.

Contactez votre médecin du travail en premier lieu et avancez sur l'identification des facteurs de risque de survenue de TMS présents à votre poste.

Il est très difficile pour un ergonome de répondre à cette question sans au préalable avoir procédé à une analyse de votre activité de travail. Vous pouvez peut-être contacter le service de santé au travail dont vous dépendez qui pourra vous proposer l'intervention d'un ergonome par exemple. Celui procèdera à une analyse globale de votre situation de travail et pourra avec vous déterminer quelques axes de transformation de votre situation de travail.

Un syndrome du canal carpien avéré est un TMS.

 

En savoir plus

Les Troubles Musculo-Squelletiques ou TMS constituent la première cause de maladie professionnelle en France. Leur nombre augmente de plus de 15% chaque année. Tous les secteurs d'activité sont touchés. Ils représentent un grave problème de santé au travail partout dans le monde.

Au-delà de la souffrance humaine, ils sont à l’origine de déficits fonctionnels gênant l’activité professionnelle et constituent un lourd poids économique pour la société parce qu’ils sont à l’origine d’absentéisme important et donc d’une perte d’efficacité pour l’entreprise. Prévenir les risques d’accidents et de maladies liés au travail, prévoir des postes adaptés, anticiper les évolutions des capacités des travailleurs sont autant de raisons pour les entreprises de chercher à réduire les contraintes physiques du travail par une démarche de prévention collective centrée sur l’amélioration des conditions de travail.

Les risques liés à l’activité physique sont occasionnés par des efforts physiques excessifs ou répétés, dont les risques liés aux manutentions manuelles, des gestes répétitifs, des postures de travail (travail debout, accroupi, à genoux, travail sur écran), des déplacements à pied (risques de chutes ou glissades).

Leur prévention doit associer les différents services concernés, les instances représentatives du personnel et le service de santé au travail afin de repérer, évaluer et analyser ces postes à risque.

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* Les réponses avec le Dr Patrick Houvet, chirurgien orthopédiste à l'Institut français de la chirurgie de la main

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