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Avoir une sexualité épanouie à la ménopause !

Rédigé le 20/09/2019 / 0

La sexualité n’est pas réservée aux jeunes, loin s’en faut ! Certes, le corps subit les effets de l’âge mais avec de bonnes informations et si nécessaire un traitement, la sexualité peut rester épanouie. Le point sur cette grande étape de la vie d'une femme et les conseils pratiques...

La ménopause dure habituellement de quelques mois à quelques années ; plus rarement certaines femmes souffrent de ses symptômes beaucoup plus longtemps. Si bien des femmes conservent une sexualité épanouissante, plusieurs facteurs, parfois concomitants, jouent un rôle négatif sur les différents aspects sexuels.

  1. Les carences hormonales ont un retentissement sur le désir, la manifestation de l’excitation sexuelle autrement dit la lubrification plus longue à venir, mais aussi le plaisir qui peut être plus long à venir.
  2. La survenue de douleurs, d’affections cardio-vasculaires, rhumatologiques, de prise de poids, de modification du corps, ou encore de fatigue, compliquent la sexualité mais aussi l'estime de soi sexuelle et la confiance en soi.
  3. L’existence d’un conflit conjugal, d’une mésentente dans le couple joue évidemment un rôle. Les femmes et les couples qui avaient une sexualité épanouie avant la ménopause ont plus de chance de la conserver.
  4. L’état d’esprit, certains facteurs psychologiques comme l'anxiété, ou encore une dépression, le poids des idées reçues sur la sexualité des seniors, sont également des facteurs influençant son bon déroulement.

La ménopause entraîne un une diminution des productions hormonales sexuelles féminine, ce qui se traduit par une sécheresse vaginale, une lubrification moins rapide et abondante, une atrophie du vagin dont les parois deviennent plus sèches, moins élastiques et mettent plus de temps à se réchauffer. Ces manifestations peuvent perturber le bon déroulement du rapport sexuel et avoir un retentissement sur le désir.

Libido et ménopause, des liaisons complexes

La libido est très variable d’une femme à l’autre. Certaines sont libérée une fois la ménopause passée et considèrent la sexualité sous un angle ludique uniquement et non plus procréatif. La libido peut être influencée par la baisse des estrogènes, de la progestérone mais aussi celle de la testostérone (les ovaires féminins en produisent depuis la puberté une dose bien inférieure à celle des hommes). Cette baisse peut réduire la pulsion sexuelle. Le désir féminin dépend aussi d'autres messages chimiques comme l'ocytocine, la dopamine, la noradrénaline. Mais il n'est pas uniquement hormonal et il n’a pas d’âge ! Tout est question d’état d’esprit, même si celui-ci est évidemment impacté par les symptômes de la ménopause qui doivent absolument être pris en charge.

La libido est aussi variable suivant certains facteurs psychologiques, tels que les idées reçues sur la sexualité après la ménopause notamment, l'impression de ne plus être une vraie femme et de ne plus être désirable. L’attitude du partenaire et son regard jouent aussi un rôle : voit-il encore sa femme comme une femme désirable et excitante ? La regarde-t-il encore avec amour et tendresse mais aussi sa santé, comme l'a montré une étude de 2019. 

Il s'avère aussi qu'avec un nouveau partenaire, la sexualité est similaire après la ménopause qu'avant ! L'excitation étant exacerbée par la nouveauté et les premiers temps de la relation, l'intensité du plaisir suit habituellement la même courbe...

Le plaisir

Le plaisir peut être plus lent et plus laborieux à atteindre, mais la satisfaction sexuelle n'est pas forcément moindre ! On peut recommander de ne pas trop focaliser sur l’orgasme mais plutôt sur les sensations de plaisir : le meilleur moyen de l'éloigner est de trop l'attendre... Au contraire, savourer les sensations physiques, de prendre son temps, et avoir une relation sexuelle quand esprit et corps sont détendus et disponibles à l’éveil du désir et du plaisir.

Continuer à avoir des relations sexuelles entretiendra d’ailleurs la lubrification et la souplesse des parois du vagin. Pour celles qui souhaitent des sensations plus fortes, un sextoy peut aider à pour l’orgasme clitoridien comme vaginal.

Conseils pratiques

  • Ne jamais se résigner, il y a toujours des améliorations à apporter !
  • S'informer sur la sexualité et les changements inhérents à l’âge, afin de se rassurer et de s'adapter. La sexualité évolue toute la vie et n'est plus la même qu'à 20 ans : elle devient plus sensuelle, c'est le moment de s'ouvrir à d'autres horizons érotiques...
  • Traiter la sécheresse vaginale (ovules d'estrogènes, traitement hormonal substitutif s'il est nécessaire). Le laser est une option récente intéressante mais non prise en charge.
  • Cultiver son imaginaire érotique, sa sensualité et ses fantasmes.
  • Se masturber si on en a envie, seule ou à deux, pour profiter des bienfaits de l'orgasme ! 
  • User et abuser du lubrifiant, durant le rapport. Certains sont à base d'acide hyaluronique comme le Monasens®, Oxens, Mucogyne®. En complément, c'est intéressant d'utiliser les lubrifiants à longue durée d'action, comme le Replens® pour un traitement de fond.
  • Allonger les préliminaires, sous forme de jeux, de caresses, de massage érotique... pour laisser le temps à la lubrification de se faire pleinement.
  • Ne pas hésiter à consulter un sexologue ou psychologue si besoin pour travailler sur les idées reçues sur la sexualité et sur le désir, sa relation de couple, ou encore faire certains ajustements à deux.
  • Injecter de la variété pour les couples qui se connaissent depuis longtemps : avec le temps, il est tentant de succomber à la routine, à l’automatisation de la sexualité (à telle heure, à tel endroit, avec telles positions…), ce qui la rend nettement moins excitante ! Au contraire, certains couples qui se connaissent depuis longtemps font basculer leur sexualité vers l’intimité et la complicité et non la routine : ils connaissent bien le corps de l’autre, l’aiment et ne font pas de la pénétration un but ultime. La sexualité est variée avec des cunnilingus, fellations, masturbation face à face ou réciproque, massage prostatique... Elle peut même se limiter parfois aux simples caresses sans que cela soit un problème. C’est l’échange autour de leurs corps qui compte, un moment intime partagé à deux...

Le couple "classique", l'exclusivité avant tout

Rédigé le 13/09/2019 / 0

Après le plan Q et le sexfriend, je poursuis l'exploration des différents types de couple, avec la relation exclusive. Si la fidélité est au cœur du couple, l'engagement à s'aimer toute leur vie est un travail quotidien, pour les deux partenaires.

La relation "classique", axée sur la fidélité, reste probablement la plus fréquente ou la plus officielle, reconnue et assumée. Certes, l'augmentation du nombre de divorces* et de la diminution du nombre de mariages* traduit le désamour des Français pour cette union, mais pas forcément pour ce type de relation puisqu'en parallèle, le nombre de pacte civil de solidarité augmente.* Et bon nombre de couples non mariés ni pacsés choisissent une relation exclusive, qu'ils vivent ensemble ou pas. Le couple exclusif se fonde sur un engagement moral et physique et il repose le plus souvent sur un contrat de confiance.

Un projet de vie personnel et souvent familial

La relation s'inscrit dans un projet de vie personnel, où les deux partenaires s'aiment et se désirent à l'évidence, mais font des projets ensemble, comptent aussi l'un sur l'autre et se font aussi évoluer au sein de cette relation dédiée l'un à l'autre. "Mon couple m’a permis, et me permet encore, de me construire et de me nourrir grâce à nos échanges, à l’attention portée par mon mari, à ses réflexions ses analyses, conseils…" constate Julie mariée depuis 18 ans à Laurent, qu'elle connaît depuis 24 ans.

"La relation apporte aussi son lot de débats, de différences, de questionnements, qu’ils aboutissent à un enrichissement ou à une conciliation, s'exclament d'une même voix Cléo et Marc-Antoine, ensemble depuis 13 ans. Elle nous rend meilleurs en nous poussant à progresser dans les conciliations nécessaires, pour cultiver notre amour et le plaisir d’être ensemble car nous savons à quel point un couple est fragile, comparable à une coupe de champagne qu’il faut entretenir avec soin pour y déguster le meilleur des breuvages." 

Le couple se fédère souvent autour d'un projet de vie familial : "Ma famille a une place essentielle dans ma vie et s’articule autour du couple, analyse Marie, 38 ans, mariée depuis 15 ans et ayant 2 enfants. J’ai besoin de beaucoup partager avec mon mari, d'échanger autour du quotidien, des choses anodines comme des choses plus essentielles."

"Ma relation avec Julie constitue, avec ma paternité, le centre de ma vie, confirme Laurent. Elle constitue une véritable joie quotidienne et un réconfort permanent. Néanmoins, je ne me considère pas comme dépendant d’elle car c’est chaque jour un choix assumé et volontaire." En effet, le concept d'ils vécurent d'amour et d'eau fraîche est loin de couler de source, lorsque les deux partenaires sont confrontés aux écueils de la vie commune, à la logistique d'une famille, aux confrontations inévitables, aux contraintes professionnelles de l'un et de l'autre... Il est alors facile de s'éloigner ou de vivre en parallèle si l'on n'y prend pas garde.

Une relation qui s'entretient au quotidien

"La communication est très importante, même s’il n’est pas toujours facile de ne pas évoluer en parallèle en raison des contraintes professionnelles et familiales, reconnait Marie. Nous essayons de nous retrouver régulièrement pour préserver cette proximité."

En plus du dialogue et de temps de qualité passé ensemble, la relation se nourrit aussi d'intimité sexuelle mais aussi psychologique, de tendresse et de séduction quotidiennes.

"Ma relation crée également un espace réconfortant et ressourçant face aux difficultés de la vie, à la fatigue, aux contrariétés… constate Julie. Avec le sentiment sécurisant d’être aimé pour soi-même. Ce sentiment ne doit cependant pas aboutir à une passivité où l’amour serait uniquement réconfortant. J’aime le caractère dynamique d’une relation. C’est du « travail », de l’exigence avec dans certain cas, même du dépassement de soi !"

L'exclusivité, fondamentale

Historiquement, la fidélité a été prônée par l'Eglise comme pierre angulaire du couple mais elle assurait aussi la paternité du mari mais elle se retrouve dans différentes cultures et religions. Aujourd'hui, elle repose davantage sur la culture des partenaires, leurs sentiments lorsqu'ils sont associés à l'exclusivité, leur religion ou spiritualité, sans oublier les normes sociales et/ou parentales. Pour chacun des 3 couples interviewés, elle est indispensable et même fondatrice de leur engagement.

"Je crois à une relation qui se construit et s’enrichit avec le temps, et j’ai du mal à penser qu’une infidélité est compatible avec une relation épanouie, estime Julie. Une infidélité ne conduirait pas forcément à une rupture mais à une remise en cause et des questionnements très certainement." Laurent partage ce point de vue en estimant que "l'infidélité introduit le mensonge qui tue l’amour", même s'il est plus nuancé sur l'infidélité psychologique.

"La fidélité sexuelle est essentielle pour moi, analyse Marie. Pour moi, il n’y a pas de relation possible sans confiance, je ne conçois pas qu’on puisse être investi à 100 % dans une relation de couple sans exclusivité. Et il me paraît indispensable d’être en permanence connectée psychologiquement avec mon mari, je vivrais très mal le fait d’avoir quelqu’un d’autre en tête et de me projeter dans une autre relation." Même si elle reconnaît que leur relation est relativement jeune (15 ans).

Le spectre de l'infidélité

Pour un couple qui s'est juré fidélité, l'adultère est évidemment une épreuve. Elle est en augmentation, en tout cas celle affichée dans les sondages, fondés sur des déclarations... Selon un sondage Ifop, paru en 2017, l’infidélité toucherait 49% des hommes et 37% des femmes au cours de leur vie. 

"Il y a eu un épisode d'infidélité au tout début de notre couple (à peine un mois), ce qui a beaucoup compté dans notre manière d’y répondre, se livre Marc-Antoine. La fidélité n’était pas la source du problème et elle n’a été qu’une échappatoire par rapport au vrai sujet : veut-on l’un et l’autre vraiment être ensemble, au-delà des difficultés ?" Claire enchaîne ainsi : "Cet épisode a permis de nous confronter à des questionnements essentiels (sentiments pour l’autre, envie d’être ensemble, projection d’un avenir commun). Elle a apporté une immense force aux réponses qui en sont sorties. En revanche, elle a amené de la souffrance et des doutes qui ont mis des mois à guérir." Même si dans ce cas, le couple était jeune, la capacité à dépasser la problématique de l'infidélité, le fait de dialoguer, de se remettre en question et de voir son avenir ensemble, semblent fondamentaux.

Pour Marie, cet épisode a pris la forme d'une simple suspicion qui a fait évoluer le couple : "il a fallu beaucoup d’explications de la part de mon mari pour lui faire confiance, le croire et ne pas en souffrir. Au final je pense que cette période même si elle a été difficile à vivre, nous a rapprochés car elle nous a forcés à nous interroger sur ce que nous souhaitions pour l’avenir, sur la force de notre engagement et sur notre capacité à faire face aux doutes et aux difficultés de la vie. Cela rappelle aussi que l’on est vite absorbé par le quotidien mais qu’il est important de ne pas perdre de vue l’essentiel et de le préserver..."

Plan Q et sexfriend, le sexe sans l'amour

Rédigé le 06/09/2019 / 0

Premier article d'une série sur les différentes relations de couple, le plan Q et le sexfriend qualifient des relations sexuelles, plus ou moins éphémères, mais sans sentiment amoureux ni investissement dans la vie de l'autre. Zoom sur cette pratique sexuelle où le corps est libre et loin du cœur.

Le plan Q, comme son nom l'indique, se définit uniquement par des relations sexuelles d'un soir ou de plusieurs (il devient alors un plan Q régulier). Il s'accompagne parfois de sentiments amicaux, on le qualifie alors de l'anglicisme sexfriend.

Le symbole de son époque ?

Ce type de relations a probablement existé de tout temps. Les homosexuels l'ont longtemps pratiqué de façon beaucoup plus officielle et libre que les hétérosexuels mais depuis une bonne dizaine d'années, il devient plus fréquemment abordé et assumé chez ces derniers. L'avènement des sites et applis de rencontre a facilité son développement et il illustre sur un plan relationnel les innovations technologiques mais aussi sociétales. La rencontre sexuelle et amoureuse a réellement été modifiée par les sites et applis de rencontre, en facilitant la première et en retardant ou compliquant parfois la seconde.

Le plan Q et ses adeptes

"Cela fait 2 ans que j’enchaîne les plans Q, livre Alexandrine, âgée de 29 ans et qui a déjà connu 2 relations de longue durée, dont la dernière s'est terminée il y a 2 ans. Je n'ai que les avantages : je vois la personne quand j'ai envie de la voir, je garde mon indépendance et le contrôle sur la relation. Ce sont des plans Q améliorés, on ne se voit pas que pour le sexe puisqu'il y a des restaurants parfois, voire des cinés. Ce sont toujours des relations très respectueuses, fondées sur un bon feeling..."

Cette relation répond aussi à la capacité de dissocier corps et cœur : "Je considère le sexe et les sentiments amoureux comme deux choses différentes, analyse Marry, actuellement en couple libre. Si on peut s’amuser avec d’autres personnes, en se protégeant évidemment, tout va bien !"

Pour certains de ses adeptes, à l'instar d'Alexandrine, ce type de relations n'a même que des avantages : les bienfaits du sexe sans les inconvénients d'une relation suivie. "J'ai toujours été très indépendante de base et je trouve que j'ai une très grande qualité de vie. Je vis mes relations très bien, du moment que j’arrive à me regarder en face. J’y mettrai un terme le jour où je ne pourrai plus m’accepter dans ce genre de relations."

Pourquoi choisir ce type de relations ?

Le plan Q répond à bien des circonstances : l'envie de s'amuser ou de tester de nouveaux partenaires et de nouvelles pratiques, l'incapacité et/ou l'absence de volonté de s'investir dans une relation globale, les suites douloureuses d'une relation de couple classique qui a pris fin, la volonté de se protéger et de ne plus souffrir, le fait de ne pas rencontrer une personne qui inspire des sentiments amoureux, une incapacité à s'engager... Les raisons du plan Q sont presque aussi nombreuses que ses amateurs !

Parfois, on ne se retrouve tout simplement pas dans la relation monogame classique, qui a longtemps était imposée socialement (et l'est encore souvent). "Personnellement avant ma relation actuelle, je m’identifiais comme aromantique : en gros, je ne tombais pas amoureuse, raconte Marry. Hormis une relation longue durée exclusive, je n’ai eu que des histoires d’une nuit ou justement des « friends with benefits." Le plan Q peut ainsi répondre à une période de vie, avant de trouver un(e) partenaire et une forme de couple qui nous correspond vraiment.

Une relation qui lasse, ne convient pas ou fragilise

Mais les relations éphémères sont loin d'être toujours satisfaisantes : "J 'ai essayé les plans Q "classiques", mais ça ne me satisfaisait pas du tout, déplore Nicolas. J'avais vraiment l'impression de vouloir coucher avec un ami, que le sexe ne soit pas l'unique raison de notre rencontre...." Nicolas a désormais trouvé dans le polyamour des relations qui lui correspondent et le satisfont aussi bien sexuellement que sentimentalement.

De l'aveu d'Yves, divorcé depuis 4 ans, le plan Q peut en effet être lassant : "les corps s'enchaînent, finalement similaires les uns aux autres", et laissent un sentiment de lassitude et d'insatisfaction. Certes, la rencontre sexuelle est simple selon lui : "on s'échange quelques messages, on se chauffe, on se rencontre et on assouvit une pulsion sexuelle, c'est simple."

Mais ces relations éphémères ne sont plus forcément satisfaisantes au bout d'un moment et deviennent parfois déstabilisantes : "Après 10 ans de sexfriends et un gros coup de cœur qui n'était pas partagé, je me questionne sur ma capacité à faire une rencontre amoureuse, s'interroge Anne, 42 ans. J'ai parfois l'impression qu'enchaîner les sexfriends me rend moins capable de m'investir dans une relation plus classique. Mes besoins sexuels sont comblés par mes sexfriends et mes besoins affectifs par mes amis !"

Quand les sentiments s'en mêlent...

Le plan Q et le sexfriend ne posent aucun problème dès lors que la relation est respectueuse, protégée et claire : " je mets en garde dès le début mes sexfriends et s'ils s'attachent, je mets un terme à la relation car pour moi ça dérègle l’équilibre de la relation, prévient Alexandrine. La plupart sont contents car je ne leur demande aucun compte. Mais il arrive parfois qu’ils s’attachent, ils aimeraient que je sois un peu jalouse et que je leur rende des comptes.  Or nous n'avons aucun compte à nous rendre !"

Ainsi le décalage des sentiments est-elle une problématique récurrente : partager des relations sexuelles régulières favorise parfois l'émergence d'un amour qui pose problème dès lors qu'il est unilatéral. L'honnêteté dès le départ n'évite pas l'incontrôlable... et si dans le meilleur cas, la relation est susceptible d'évoluer vers un couple, comme pour Marry, le plus souvent elle se solde par une rupture devant un amour non partagé.

Pour ses détracteurs, le plan Q traduit d'une incapacité à s'investir dans une véritable relation ou d'une immaturité relationnelle...  Il faut reconnaître qu'il peut traduire une incapacité à s'engager, ponctuelle ou pas. La grande indépendante qu'est Alexandrine, fait preuve d'une grande lucidité : "Je pense clairement prendre la fuite devant toute relation amoureuse par peur de souffrir, reconnait Alexandrine. Quand je sens qu'il a de l'attachement, je prends mes distances et j'arrête la relation. Mais je crois que ça évoluera le jour où j'aurai trouvé la bonne personne et que je n'aurai plus envie de ça !" 

Il semble illusoire qu'un même schéma de relation exclusive et de longue durée corresponde à tout le monde, tout au long de sa vie. Le plan Q et le sexfriend sont parfois des alternatives épanouissantes et riches en plaisirs variés. Avec une condition : le préservatif et un dépistage régulier s'avèrent incontournables pour ne pas prendre et faire courir le risque d'infections sexuellement transmissibles et de grossesse...

A lire : Le plan Q, ethnologie d'une pratique sexuelle. Jean-François Bayart. Editions Fayard.

Trois questions sur les violences conjugales

Rédigé le 03/09/2019 / 0

Ce blog portant sur la sexualité et le couple, il était impératif d'aborder le Grenelle des violences conjugales... La psychiatre Aurélia Schneider a répondu à 3 questions pour nous aider à mieux comprendre les mécanismes des violences conjugales et surtout comment s'en sortir ou aider une victime à le faire.

  • Pourquoi les femmes victimes de violences ne quittent pas un partenaire qui les bat ?

C'est le cœur du problème : pourquoi les femmes, car ce sont majoritairement les femmes qui sont concernées, ne peuvent pas quitter l’enfer d’une relation conjugale monstrueuse...

Le premier moteur de cette inhibition c’est l’incompréhension, aggravée par l’ignorance dans le domaine des violences conjugales. On ne peut tout simplement pas croire que ce conjoint qui nous aime tant, et c’est réciproque, nous fasse du mal.  On ne réalise pas que, la première insulte, les premiers ordres contradictoires ou les menaces, puis le premier coup, c’est déjà trop ! On banalise "ce n’est rien" et on lui trouve toujours une excuse rationnelle : la fatigue, les soucis professionnels, les responsabilités, la prise d’alcool ou encore, une enfance difficile.

Le carburant de ce moteur, c’est l’oubli à mesure des événements : dès qu’il y a reprise de l’intimité, dès que quelques mots gentils sont prononcés, hop, il y a disparition comme par magie du problème, avec le retour de l’espoir d’un changement, que tout redevienne comme avant : une ligne droite vers le bonheur...

Puis, lorsque la conscience de l’agression s’installe, la culpabilité s'installe aussi : « je dois rester car je me suis engagée, et aussi pour les enfants qui ont intérêt à vivre dans une famille unie ». Et puis, le doute : peut être qu’on n’a « pas fait assez, assez bien, qu’on doit essayer de mieux l’aider ». Et pendant ce temps, le prédateur tisse sa toile, affaiblit et isole sa victime, qui se protège en s’auto-anesthésiant émotionnellement.

Ainsi, lorsqu’elle veut se dégager, la peur, la honte et le silence sont au rendez-vous.  La peur des représailles : que ce soit pire, ce qui est une réalité car le danger est toujours présent après la séparation. La peur de ne pas arriver à surmonter les nombreux obstacles, financiers, logistiques, administratifs, engendrés par un départ. La peur de la précarité d’un hébergement d’urgence, pour soi, pour les enfants, peur de la rupture scolaire. La honte d’aller porter plainte, d’être jugée faible, d’être rejetée par la famille, la société, car évidemment, sauf les enfants, il n'y pas de témoins à ces agressions. Et le conjoint est bien souvent, indétectable dans sa violence, souriant et sociable à l’extérieur du domicile.

Le silence de la sidération...

  • Comment aider une femme victime de violences ?

Il ne faut surtout pas fermer les yeux ! Ce n’est pas parce que cela se passe dans les maisons qu’il ne faut pas s’en occuper. Je recommande de s’informer, d'informer la personne maltraitée et l’aider dans ses démarches. Il faut savoir et dire que la moindre violence est inacceptable, qu’il faut agir le plus vite possible, qu'il faut parler aux autres, aux amis, à la famille, se faire aider, solliciter les associations, les numéros d’urgence. Il faut dire que qu’il n’est jamais trop tard pour s’en sortir, sauf le jour où le coup mortel est porté...

Il n’est jamais trop tard pour accepter le constat que l’on n’est pas responsable du comportement de l’agresseur, qu’on ne pourra jamais le soigner, que ça n’est pas notre faute. Il est toujours possible de passer du statut d’authentique victime à celui d’héroïne et de femme libre...

  • Pour pouvoir sortir, il existe des dispositifs d’aide, quels sont-ils ?

Concrètement, il existe :

  • un numéro d'écoute et d'orientation, le 39.19, accessible et gratuit, du lundi au vendredi de 9 à 22h, et de 9 à 18h le samedi, dimanche et les jours fériés.
  • des sites pour informer des droits de la victime et des différentes étapes pour s'en sortir dans l'urgence, par exemple celui du service public.
  • des associations comme Solidarité femmes, fédération qui regroupe 67 associations sur tout le territoire. 

Le site Stop aux violences recense aussi tous les dispositifs disponibles selon les départements : 

  • des accueils de jour, sans rendez-vous, pour offrir aux femmes un refuge la journée, les aider à préparer ou anticiper le départ du domicile.
  • des lieux d'écoute , d'accompagnement et d'orientation pour rompre le cercle vicieux des violences et les aider à acquérir une autonomie.
  • des référents pour coordonner les différents intervenants.

Ecoutez le Dr Schneider sur le thème des violences conjugales dans l'émission d'Ali Rebeihi, Grand bien vous fasse.