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Saint-Valentin : injecter de nouveaux ingrédients ?

Rédigé le 13/02/2020 / 0

Commerciale ou pas, le jour J ou en décalé, la Saint-Valentin donne l'occasion de se confier de nouvelles envies et injecter de nouveaux ingrédients dans sa vie sexuelle.

Le tête-à-tête amoureux se transforme en corps-à-corps où la sensualité et le plaisir sont célébrées. Au-delà du débat sur la Saint-Valentin, fête mercantile ou fête de l'amour, elle peut être le bon moment de mettre en place un rituel de couple. Qu'il ait lieu le 14 février ou pas...

Il n'est pas rare que la sexualité devienne la cinquième roue du carrosse tant la vie quotidienne est chargée, entre la vie professionnelle, familiale, sociale, amicale.  Une soirée rituelle, exclusivement consacrée au couple, est propice à un dialogue constructif et un échange de qualité. Avec la fatigue, le stress, les contraintes professionnelles, les enfants si on en a, l'activité sexuelle peut se faire sur un mode automatique et rapide. En prendre conscience est le premier pas pour redonner une véritable place à son couple et à sa sexualité.

Un souffle de nouveauté et de variété

En plus d'un temps de qualité passé ensemble en dehors du temps sexuel, de l'importance de la tendresse et de la séduction dans la vie quotidienne, d'autres paramètres favorisent la vie sexuelle. La variété comme la nouveauté sont deux ingrédients connus pour stimuler le désir comme le plaisir.

Les mal nommés préliminaires sont en réalité des activités à part entière, qui méritent d'y consacrer du temps. Un massage érotique offre des sensations divines, qui mettent en appétit.... Le coffret Sweet sensations apporte tous les accessoires nécessaires à cette parenthèse sensuelle : un masque privera le/la massé(e) des yeux mais stimulera ses autres sens. Il ou elle s'offrira à la merci  de son/sa partenaire, en étant attaché par attacher par des liens de satin. De quoi savourer pleinement les mains explorant et massant son corps dans ses zones les plus intimes. Un moment 100% plaisir où il s'abandonnera totalement...

Dans les rapports hétérosexuels, ne pas se centrer exclusivement sur la pénétration enrichit le rapport. S'il est délicieux de fusionner l'un dans l'autre, la pénétration n'est pas forcément le but ultime de l'activité sexuelle. Il est toujours bon de rappeler que selon les études, une femmes sur cinq à 1 sur 3, ne jouit pas avec une simple pénétration vaginale. La stimulation du clitoris, permet souvent de prendre davantage de plaisir. Les femmes ont tout à gagner à montrer la façon dont elles se masturbent ainsi que les autres stimulations utilisées, au niveau du vagin ou de l'anus (elles peuvent aussi en parler ou guider la main).

Les sextoys sont idéaux pour varier les sensations au niveau du clitoris, avec des technologies qui se mettent au service du plaisir féminin : sans contact direct, ce sextoy high-tech provoquera des ondes de plaisir dans le corps sans même toucher le clitoris et offrira une jouissance décoiffante !

La pénétration se fait encore plus ludique avec ce sextoy de couple, qui se place entre les partenaires et booste leur plaisir. Du côté féminin, ses vibrations stimulent voluptueusement le clitoris ou l'ex "point G" (complexe clito-urétro-vaginal plus précisément). Du côté masculin, il favorise l'érection en diminuant l'orifice vaginal et ses vibrations offre des stimulations intenses. Un accès au plaisir intense et partagé....

Un zeste de variété

Pourquoi ne pas en profiter pour aborder ses envies les plus intimes et apporter davantage de créativité à la vie sexuelle ?  Le quickie à l'extérieur ou discrètement dans les toilettes d'un restaurant, contrastera avec un long massage érotique.  La lecture  à l'autre d'un livre érotique, permettra de partager son univers érotique : chacun peut lire à l'autre un passage qui l'inspire...

Ou chacun décide à tour de rôle d'un scénario  (en respectant ses goûts et ses inhibitions). que l'autre s'engage à tenir. L’un fixe le déroulement du rapport, en choisissant le lieu, les vêtements portés, les positions,… et l’autre suit au fur et à mesure ses directives. Ce scenario ludique évitera la monotonie et permettra aussi de mieux comprendre l’autre. L’imprévu est le meilleur moyen d’augmenter l’excitation et de favoriser le plaisir...

Handicap, maladies chroniques et sexualité

Rédigé le 07/02/2020 / 0

Les personnes avec une maladie chronique ou un handicap, ont droit au plaisir, à la sensualité et à l'amour, comme les autres... Si cela semble heureusement une évidence à certains, les idées reçues à ce propos ont la vie dure. Quelles sont-elles ? Quelles solutions trouver, adaptées aux symptômes et à la sévérité du handicap ?

Le handicap, qu'il soit issu d'une maladie chronique ou congénitale, ou d'un accident, a des retentissements sur la sexualité pour différentes raisons, parfois associées.  Il peut s'agir de causes physiques liés aux symptômes ou au handicap, quels qu'ils soient, ou des conséquences sociales (les contacts étant parfois limités par le handicap, ou encore du retentissement mental, qui ne permet pas d'appréhender la sexualité.

De plus, la survenue d'une maladie chronique ou d'un handicap physique peut bouleverser, le regard que l'on porte sur soi et sur son corps.  A cause de la maladie et du handcaip, la confiance en soi et l'estime de soi sont souvent impactées ; envisager une sexualité et une relation intime est parfois compliquée. On peut se sentir moins séduisant, moins attirant et parfois moins "aimable", avec le sentiment d'avoir perdu la capacité d'être aimé.

En institution ou à l'hôpital, le handicap est habituellement plus sévère ou mental, la vie intime y est souvent plus complexe et compliquée. L'institution crée d'autres obstacles : il peut y être difficile de trouver des partenaires, sexuels et/ou amoureux, et les freins sociaux sont nombreux, avec des avis péremptoires sur la sexualité des personnes hospitalisées ou en institutions. L'intimité est souvent impossible, pour la masturbation et encore plus pour la sexualité à deux. Les relations entre patients sont souvent au mieux mal vues, ou interdites mais il existe pourtant à l'étranger des services hospitaliers avec des chambres pour couples, ou le patient est libre d'inviter qui il veut dans sa chambre. Une éducation des patients, quel que soit leur niveau intellectuel, mais aussi du personnel y est réalisée (source : L'handispensable, mars 2015).

Les préjugés encore trop nombreux

Les préjugés sont également prégnants dans le domaine du handicap et de la sexualité, celle-ci étant trop souvent associée, à tort, à la jeunesse, la beauté, la pleine santé, la performance. Autant de sujets que la maladie et le handicap bousculent avec force...

Les médias ont longtemps véhiculé des images de ce qu'ils considéraient comme un "physique parfait", contribuant à cet idéal de beauté, de minceur et de jeunesse, qui ne reflètent pas la diversité de la vie réelle. Ces normes contribuent à isoler et exclure tous ceux qui n'y répondent pas, et ils sont nombreux/ses, sans handicap et encore plus avec. Les représentations sociales impliquent de véritables discriminations, y compris dans l'accès à la vie intime.

Des normes enfin bousculées

Heureusement, ces normes commencent à être remises en question ; de plus en plus de personnes handicapées font de leur différence une force affichée, parfois à la Une de grands magazines. Elles contribuent ainsi à élargir les normes et à inspirer les autres. Le célèbre Philippe Croizon, amputé des 4 membres est un exemple de résilience et sa femme, Suzanna Sabino raconte comment elle est tombée amoureuse de cet homme, dans son livre Ma vie pour deux.

L'association APF France handicap revendique à juste titre l'accès à une vie affective, intime et sexuelle et milite pour un changement des regards et des mentalités à ce sujet. Elle demande la création de services d'accompagnements sexuels, grâce aux assistants sexuels (voir dernier paragraphe), ainsi que la prise en charge financière des produits et aides techniques, nécessaire pour permettre une vie sexuelle à tous ceux qui souffrent d'un handicap moteur. 

Des aides bien réelles, adaptées au handicap

Certains services hospitaliers (neurologie par exemple), associations ou réseaux proposent une consultation spécialisée auprès d'un professionnel de santé sexologue. Ce sera l'occasion de faire un point complet sur la sexualité, les difficultés (par exemple motrices), ou encore le ou les trouble(s) sexuel(s). C'est surtout l'occasion de bénéficier de conseils efficaces et d'une prise en charge globale. 

Certains troubles, comme le trouble de l'érection, l'éjaculation prématurée ou encore la sécheresse vaginale, disposent de traitements. Mais même sans médicament, l'accompagnement psychologique a un intérêt. Des informations pertinentes peuvent être données : générales, elles peuvent consister à "élargir" sa sexualité et ne pas se limiter à la pénétration, décliner l'éventail d'actes érotiques du baiser au massage érotique, en passant par le cunnilingus, la fellation, les sextoys, la masturbation ( individuelle les yeux dans les yeux ou réciproque, si le handicap le permet et s'il ne le permet pas, se faire masturber est puissamment érotique). Le corps fourmille de zones érogènes qui ne demandent qu'à être découvertes. Personnalises, elles conseilleront d'adapter les positions en fonction des difficultés, utiliser des coussins pour se caler lorsque l'on a une faiblesse musculaire limitant le mouvement. En cas de difficultés à se mouvoir ou de douleurs lors des mouvements, il existe un dispositif très intéressant : le handilover, sorte de planche sur roulettes, qui reproduit les mouvements de va et vient du coït. Ce dispositif innovant a un encore un coût conséquent (648€).

De plus, une adaptation de la sexualité, aussi bien au niveau du moment où faire l'amour (quand la spasticité ou la fatigue sont moindres) que dans les stimulations (avec les sextoys par exemple, notamment en cas de baisse de sensibilité au niveau des organes génitaux). 

Et l'assistance sexuelle ?

Il est incontournable de parler de l'assistance sexuelle, qui fait toujours débat en France. Certains estiment que la sexualité doit reposer sur une réciprocité du désir, voire des sentiments amoureux, ou que l'assistance sexuelle revient à créer un ghetto et à restreindre le droit des personnes avec un handicap, à une vie sexuelle non monétisée. Mais dans les faits, ce droit est déjà restreint... et l'accès à une vie intime et à la sensualité est un droit comme un autre. Certaines associations, comme l'Appas revendiquent ce service comme un autre, à défendre de façon encadrée. CH(s)OSE et Corps solidaire ont ainsi mis en place une formation certifiante pour les accompagnants sexuels.

A écouter :

RTL, Favie Flament : Le handicap est-il un frein au plaisir ?

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