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Mycose et cystite, la rançon du sexe ?

Rédigé le 18/03/2019 / 0

Du fait de leur anatomie, les femmes souffrent davantage de mycose et de cystite suite aux rapports sexuels. Pas de panique pour autant, quelques précautions permettent de diminuer les risques et de continuer à s'amuser.

La majorité des femmes connaissent les brûlures en allant aux toilettes, les besoins urgents, l'émission d'une petite quantité d'urines de façon répétée. Ces symptômes sont ceux de la cystite, qui est favorisée par les rapports sexuels pour plusieurs raisons. L'infection urinaire survient alors dans les heures qui suivent le rapport.

L'urètre, le canal par lequel est émis l'urine, est court chez la femme, en comparaison de l'homme chez qui l'urètre s'étend tout du long du pénis. La grande proximité de l'anus, de l'orifice du vagin et de l'urètre, expliquent la fréquence de ces infections : les germes, véhiculés par les mouvements du doigt, de la langue ou du pénis, remontent plus facilement dans l'urètre. Un autre phénomène peut intervenir, si le rapport est un peu long et/ou la vulve un peu sèche, cela provoque un échauffement local de façon mécanique et une inflammation de l'urètre.

Un nouveau partenaire, la reprise des rapports après une période d'abstinence, les débuts d'une relation où l'activité sexuelle est plus intense (on l'appelle alors la cystite de la lune de miel). Le traitement passera de passer le cap des premiers temps, le temps que le corps s'habitue à une autre flore microbienne que la sienne et aux rapports sexuels.

  • Traiter par antibiotique en cas d'infection

L'antibiotique est prescrit s'il y a bien une infection et il n'est pas rare si les cystites se répètent très souvent lors de l'activité sexuelle, de devoir prendre un antibiotique du type fosfomycine trométamol ou de la céfixime. Les douleurs et spasmes peuvent être soulagés par des anti-inflammatoires, comme l'ibuprofène, et un antispasmodique, comme le phloroglucinol.

  • Prendre en charge sécheresse, carence, constipation

Utiliser de façon systématique un lubrifiant durant le rapport permettra de diminuer les frottements irritants, et il en existe des gels hydratants à longue durée d'action pour hydrater la muqueuse sur plusieurs jours. Autre mesure incontournable : chercher des facteurs aggravants, comme une carence hormonale (lors de la ménopause), la sécheresse vulvaire à traiter par des estrogènes comme la promestriène, ou encore la constipation.

  • La prévention

Même si l'efficacité n'est pas totalement démontrée, certains urologues recommandent d'uriner après le rapport) et de boire beaucoup d'eau (1,5 litre au moins) et d'éviter les boissons irritantes pour la vessie, comme le champagne, le vin blanc, le cidre, la bière, durant 10 jours (source : article du Pr Haab, revue Genesis). Ajouter la prise d'un complément alimentaire comme la cannerberge même si son efficacité reste controversée, à la dose de 36 mg/jour de proanthocyanidine. Le D-mannose peut être recommandé, à la dose de 2 grammes par jour pendant 6 mois (source : Infectiologies).

La cystite n'étant pas contagieuse ni une infection sexuellement transmissible, le ou la partenaire ne doit pas être traité(e).

A suivre vendredi, Mycose, la rançon du sexe ?

L'orgasme, entre pression et intox...

Rédigé le 08/03/2019 / 0

Un sondage IFOP, paru en février 2019, dégage quelques tendances sur la pression de l'orgasme, la simulation et sur le fameux "gap orgasme, terme désignant les différences entre hommes et femmes.

1 210 personnes, représentatives de la population française et âgée de 18 ans et plus, ont répondu à un certain nombre de questions. Un sondage se fonde uniquement sur des déclarations et donc la bonne foi des participants. Toutefois, il donne un "instantané" potentiellement intéressant et dégage quelques pistes de réfléxion...

Simulation, hommes et femmes même combat ?

Près des 2/3 des femmes ont déjà simulé avec leur partenaire actuel(-le), soit deux fois plus qu'il y a 20 ans. 42% des hommes tout de même, même si les femmes le font plus régulièrement que les hommes (37% contre 22%), surtout que les moins de 30 ans plus soumis à la pression de la performance et de l'orgasme. Les raisons sont multiples et diffèrent un peu selon le sexe, mais il faut rappeler qu'en cas de difficultés à jouir, simuler envoie des informations erronées au/à la partenaire qui ne peut pas adapter judicieusement ses stimulations.

La pression de l'orgasme...

A la question "as-tu joui ?". 19% des hommes et 38% des femmes (dont 48% des moins de 30 ans) ont déjà menti. Mais 68 % et 72% des femmes se sont déjà vues poser la question, preuve que les femmes aussi ont du mal à savoir si leur partenaire a eu un orgasme. 34% des femmes ont déjà caché à leurs amis/ies qu'elles ne jouissaient pas dans leur couple (notamment les plus jeunes 49% de moins de 30 ans). 24% des hommes l'ont tu aussi, dont 72% des moins de 35 ans...

En 2019, il est encore très difficile d'assumer de ne pas jouir, soit par pudeur, parce que l'on a un peu honte, on culpabilise, ou parce que l'on veut renvoyer l'image du couple qui "s'éclate sous la couette", même si ce n'est pas le cas... Or il n'y a pas de honte à avoir ! On n'a pas toujours la tête à jouir et si par ailleurs, la sexualité est source de plaisir, qu'importe ?

Pour François Kraus, directer à l'IFOP, l'importance de la réussite sexuelle du couple a fait de la réciprocité du plaisir un tabou de plus en plus pesant. "Malgré l’exigence croissante de transparence en matière d’émotions intimes, la place décisive accordée à l’orgasme dans la réussite sexuelle du couple freinerait donc la libre-parole sur le sujet, en particulier chez les sujets en phase de construction de leur sexualité et/ou en début de relation. En cela, le succès d’espaces de discussions comme le compte Instagram @tasjoui est sans doute le reflet du besoin profond des femmes de pouvoir libérer leur parole sur le sujet."

Le "gap orgasme", info ou intox ?

On sait que les hommes et les femmes ne sont pas égaux devant l'orgasme et que les hommes ont plus de facilité à jouir que les femmes, ce que les médias ont qualifié de gap orgasme (fossé de l'orgasme). Mais cette différence est-elle bien réelle ?

Le sondage confirme que davantage de femmes que d'hommes ont des difficultés à accéder à l'orgasme mais les hommes n'en sont pas exempts : 57% des hommes en ont déjà rencontré au cours de leur vie contre 78% des femmes. Et c'est souvent le cas pour 7% des hommes et le double de femmes. Le profil n'est pas le même : les femmes âgées de moins de 25 ans et diplômées du supérieur sont plus concernées, tout comme celles qui sont en relation stable depuis moins de 3 ans (ce qui peut signifier que des ajustements sexuels sont encore nécessaires). A l'inverse, les hommes concernés sont plutôt les seniors ou issus des catégories sociales populaires.

L'écart entre hommes et femmes se creuse si l'on observe les déclarations concernant le dernier rapport : un quart des femmes (26%) et 14% des hommes n'ont pas eu d'orgasme lors de leur dernier rapport (le sondage ne précise s'il y a eu du plaisir et si le rapport était malgré cette absence satisfaisant). Ce qui signifie tout de même que 74% des femmes et 86% des femmes ont joui durant leur dernier rapport et ne justifie pas vraiment l'emploi du terme de "gap orgasme" !

A lire aussi : Sexualité féminine, prenez votre plaisir en main

L'attention au plaisir de l'autre et la performance sexuelle

Excellente nouvelle, 76% des hommes et 87% des femmes trouvent leur partenaire attentif/ve à leur plaisir. 91% des hommes et 92% des femmes se disent attentifs/ves au plaisir de leur partenaire. L'orgasme est un "égoïsme partagé", pour reprendre la formulation du sexologue Sylvain Mimoun : chacun se concentre sur son propre plaisir tout en étant attentif (mais pas centré exclusivement) sur le plaisir de l'autre. 21 des hommes et 24% des femmes ont mis un terme à leur relation parce que le/la partenaire n'était pas attentif à leur jouissance.

44% des hommes (dont 74% des cadres supérieurs) et 26% des femmes ont déjà cherché des informations sur internet pour améliorer leurs performances sexuelles, ce qui est légitime : le coït est inné mais l'érotisme et le plaisir nécessitent un apprentissage. Lire des articles est donc une bonne façon de s'informer, si tant est que les articles soient de qualité et ne divulguent pas d'information erronée...

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