Ch@t : Déprime ou dépression ?

Ch@t du 15 octobre 2009 Avec les réponses du Dr Julie Roblin et du Dr Yasmine Lienard, psychiatres

La rédaction d'Allo Docteurs

Par La rédaction d'Allo Docteurs

Rédigé le , mis à jour le

Les réponses du Dr Yasmine Lienard, psychiatre

La dépression est malheureusement une maladie chronique dans la plupart des cas. En effet, on dit que si on a fait un épisode dépressif, on a 50% de chance d'en faire un deuxième. Si on en a fait 2 on a 70% de chance d'en faire 3 et si on en a fait 3 plus de 80%... En bref, il faut être vigilant au risque de rechute et orienter sa prise en charge dans la durée, de façon à être armé pour ne pas rechuter.

La dépression est une maladie complexe, avec de multiples sources : familiales, biologiques, liées au travail, etc... On ne peut s'improviser et médecin psychiatre (dans le choix des traitements) et dans la psychothérapie. Mais en revanche, les médecins généralistes ont un rôle clé dans le dépistage des symptômes et l'orientation vers des spécialistes.

Il existe aujourd'hui des outils pour la prévention des rechutes dépressives comme la thérapie MBCT (utilisant la méditation). Mais il faut aussi se demander s'il ne s'agit pas d'un autre trouble : trouble bipolaire ou trouble de la personnalité.

Je pense effectivement que les symptômes que vous décrivez sont invalidants et risquent d'avoir des répercussions sur votre efficacité. Vous arrêter est une façon de vous protéger d'un licenciement et vous permettre de faire le point. Vous n'avez pas besoin d'être arrêtée pour aller voir un psychiatre sans passer par les urgences.

Oui, les psychologues peuvent vous aider pour la psychothérapie. Par contre, le médecin seul peut vous prescrire des médicaments antidépresseurs.

Si l'humeur baisse avec les changements de climat ou le soir, cela peut être lié à ce que ces éléments déclenchent comme association d'idées chez vous. Si quand il fait gris vous n'aimez pas ça, vous risquez de déclencher tout un train de ruminations dépressives. En effet la dépression est liée aux ruminations et au fait de ne pas accepter ce qui est désagréable... Donc elle peut se déclencher avec tous les éléments qui vous paraissent désagréables.

Lorsqu'on est en dépression, on est sans cesse en train de réfléchir à des choses passées ou futures, mais on n'est pas présent. On peut glisser dans un renfermement lié à l'épuisement provoqué par ces pensées incessantes. Il est donc conseillé de se confronter au monde réel pour sortir de la dépression et donc de voir des proches par exemple.

Oui, il faut le faire pour protéger la personne et surtout prévoir un arrêt de travail.

Vous pouvez consulter les deux si cela est possible pour vous financièrement au moins dans un premier temps. Le psychiatre peut prescrire des médicaments et vous hospitaliser si besoin. Le psychologue et le psychiatre peuvent travailler ensemble. Mais sinon beaucoup de psychiatres sont aussi psychothérapeutes et ont des compétences proches des psychologues.

L'hypersensibilité peut être l'irritabilité que l'on retrouve dans la dépression, mais cela peut être aussi des manifestations émotionnelles normales.

On sait aujourd'hui que lorsque l'on a fait une dépression dans sa vie on a 50% de chance d'en refaire une, que si on a fait 2 épisodes dépressifs, on a 70% de chance d'en faire 3 et si on en a fait 3, plus de 80% de rechuter... Alors oui, la dépression peut menacer toute la vie. Mais il existe des moyens de prévenir les rechutes : les antidépresseurs au long cours ou la thérapie MBCT (basée sur la méditation) par exemple.

Oui, quand on est déprimé, on peut avoir une baisse d'envies sexuelles ou alors une impuissance physique. Par ailleurs, les traitements antidépresseurs peuvent majorer ces symptômes.

Je ne peux vous donner de conseils personnalisés mais oui, je pense qu'un psychiatre peut vous aider à vous protéger et y voir plus clair.

L'hypersomnie et la perte d'intérêt pour les activités de la vie quotidienne sont effectivement des symptômes de la dépression.

Mindfulness Based Cognitive Therapy. Vous pouvez lire le livre paru chez odile Jacob : méditer pour ne plus déprimer préfacé par Christophe André. Sinon cherchez des informations sur la pleine conscience ou voyez le site de l'association pour le développement de la Mindfulness www.association-mindfulness.org.

Vous pouvez lire le livre : Mediter pour ne plus deprimer chez Odile Jacob qui expose la méthode mindfulness. Elle est préfacée par Christophe André et contient un CD audio. Par ailleurs, le livre Les Etats d'âme de Christophe André est un bon outil pour comprendre la dépression.

Le risque est que les symptômes s'autoalimentent et s'aggravent. Plus le déprimé déprime plus il donne de carburant à sa dépression : si on ne sort pas de chez soi et on ne se lave pas, et bien les ruminations sur ses incapacités à agir trouvent de nouveaux motifs. C'est pourquoi guérir de la dépression nécessite d'aller à contre courant et tout seul cela est très difficile sans être aidé soit par un traitement soit par une thérapie.

Cela peut aider à se libérer de traumatismes infantiles anciens qui ont ancré des pensées irrationnelles sur soi, sur le monde... Donc oui s'il y a eu traumatisme, cela peut soulager.

Il n'est pas possible pour moi de vous répondre car il s'agit d'un cas précis. Le mieux est qu'il consulte un psychiatre.

Oui, effectivement. Se dire que c'est une maladie permet déjà de diminuer la culpabilité qui est au coeur des idées du déprimé.

Les personnes dépressives ont en commun de réfléchir beaucoup. En général elles sont plutôt douées, brillantes et très sensibles. C'est assez logique si on considère le modèle de la dépression qui explique que c'est pour chercher la reconnaissance, être performant, être accepté que l'enfant futur dépressif réfléchit, évalue, jauge le monde, mais le problème c'est lorsque l'on ne s'identifie plus qu'à cette part qui réfléchit, qui cogite et qu'on oublie d'être simplement présent dans son corps, dans la vie. Il faut donc arriver à équilibrer tout ça.

Un des éléments cruciaux de la dépression c'est de vouloir que les choses soient autrement que ce qu'elles sont... Donc oui il n'y a pas assez peut être de groupes, mais il faut accepter cette réalité même si elle est un peu frustrante.

Bien sûr.

Rester dans l'instant présent le plus possible et accepter la réalité des choses plutôt que de réfléchir sans cesse à comment modifier les choses ou les améliorer. Lâcher prise en quelque sorte.

Oui si l'entourage a valorisé vos qualités intellectuelles. Du coup vous ne pouvez vous autoriser à décevoir en étant vous même, bête, vulnérable parfois et vous apprenez à refouler vos ressentis, car vous avec peur de vous sentir moins aimé si imparfait.

Non la dépression ne se soigne pas en changeant d'environnement. Les dépressifs croient souvent que c'est en changeant les choses qu'ils vont guérir mais c'est justement là le coeur du problème de la dépression : vouloir que les choses soient autrement que ce qu'elles sont, croire que le bonheur est pour demain et pas ici maintenant. Pour guérir il faut apprendre à lâcher prise et accepter ce qui est là même si c'est imparfait.

Je viens de répondre à cette question, mais je vous redonne ma réponse : non. La dépression est liée au fait de ne pas arriver à vivre l'instant présent et à accepter ce qui est là. Donc vouloir trouver une solution autre pour être heureux remet toujours sa vie à plus tard et ne résout rien. Guérir de la dépression c'est justement pouvoir est serein partout et lâcher prise.

La dépression serait inscrite dans les gènes, c'est-à-dire que dans une famille, on peut retrouver de générations en générations des personnes qui ont connu la dépression. Par ailleurs, la façon dont on est eduqué, les éventuels traumatismes (maltraitance, négligence, abus) peuvent marquer un enfant et être la cause de la dépression plus tard. Enfin, des stress multiples dans la vie peuvent causer une dépression par épuisement "burn out" par exemple.

Oui car elles aident à être dans l'instant présent et recentre donc l'esprit qui ne divague plus dans les ruminations.

Les deux réponses sont vraies : des événements on pu nous marquer et imprégner en nous une trace qui va faire que confronté à des événement de vie nous allons réagir en fonction du traumatisme ancien : par exemple ne pas supporter l'autorité si on a eu un parent violent. Mais dans le présent, il ne s'agit plus que de nous et nous et la cause n'a pas trop d'importance si on veut juste réapprendre à vivre plus sereinement au quotidien. Donc il ne faut pas passer sa vie à chercher la cause mais plutôt réapprendre à vivre en se débarrassant de ses automatismes.

Il est possible que vous en ayiez besoin. Mais il existe une psychothérapie qui vient des US et Du Canada : la thérapie cognitive basée sur la pleine conscience pour la prévention des rechutes dépressives (utilisant la méditation) qui a montré son efficacité. Vous pouvez lire le livre Méditer pour ne plus déprimer chez Odile Jacob.

Il faut prendre des décisions sages et faire un travail sur soi. Comprendre par exemple pourquoi le travail nous met dans un tel état. Qu'est-ce qu'il déclenche chez nous. Il est possible qu'en changeant de travail on retombe dans le même scénario en s'étant fatigué pour rien à passer de nouveaux entretiens.

Les réponses du Dr Julie Roblin, psychiatre

Avant de changer de psychiatre prescripteur, il est préférable d'en parler avec votre psychiatre référent.

Un divorce est souvent une période difficile. Si les troubles persistent et ont un retentissement scolaire ou social, il est préférable de consulter le médecin généraliste référent.

La dépression est une maladie d'origine multifactorielle. S'il est important de pouvoir identifier certains événements de vulnérabilité personnelle, ils n'expliquent pas à eux seuls la survenue d'une dépression. Des facteurs biochimiques sont également impliqués.

La dépression est une maladie multifactorielles impliquant pour partie des facteurs génétiques, environnementaux et biochimiques.

Le suivi psychothérapique prolongé est un élément essentiel dans la prise en charge d'événements de vie douloureux.

La dépression est une maladie d'origine multifactorielle avec pour partie une origine génétique. La présence d'antécédents familiaux de troubles de l'humeur est un point important dans la survenue d'épisodes dépressifs.

Avant tout sevrage d'un traitement antidépresseurs, il est nécessaire de consulter le médecin prescripteur de ce traitement. Par ailleurs, le sevrage doit en règle être progressif et dépend de la molécule employée.

En premier lieu, il est conseillé devant des symptômes dépressifs de consulter son médecin traitant qui vous adressera s'il le juge nécessaire à un spécialiste. Un traitement médicamenteux peut être indiqué selon l'intensité de la symptomatologie.

Avant tout arrêt de traitement psychotrope, il faut reconsulter le médecin prescripteur et en parler avec lui. Concernant la poursuite de la psychothérapie, il faut impérativement en discuter avec votre psychothérapeute.

La dépression est une maladie multifactorielle avec une origine biochimique ce qui explique que les traitements antidépresseurs soient efficaces sur les symptômes.

Cela dépend de l'intensité des symptômes, de leur retentissement, et du type de dépression. Il peut être associé à une prise en charge psychothérapique.

D'abord, prendre avis auprès du médecin généraliste pour avoir le nom d'un correspondant spécialiste. Concernant le traitement, il dépend avant tout des symptômes. Si consulter un psychiatre peut faire peur, il s'agit avant tout d'un médecin spécialisé dans les maladies mentales.

Oui, par contre, il ne faut pas s'automédiquer car certaines molécules (c'est valable pour d'autres médicaments que les psychotropes) passent dans le lait maternel. Donc, il faut consulter son médecin.

L'instauration d'un traitement médicamenteux ou non dépend de l'évaluation des symptômes par votre médecin.

La dépression est une maladie multifactorielle : origines génétiques, environnementales, biochimiques. Certains ouvrages grand public peuvent vous apporter des réponses (disponibles en librairie) ou des sites internet (france-dépression...).

La dépression est une maladie multifactorielle : origines génétiques, environnementales, biochimiques.

Oui, l'origine génétique peut intervenir dans certaines dépressions mais ce n'est pas un facteur isolé.

Oui, les dysthyroïdies peuvent être impliquées dans les troubles de l'humeur.

La psychothérapie peut être envisagée parallèlement à un traitement médicamenteux.

Malheureusement non pas en 2009.

L'arrêt de travail reçu par l'employeur ne mentionne en aucun cas le diagnostic médical.

C'est à un médecin d'évaluer la nécessité de vous prescrire un traitement antidépresseurs, cela dépend des symptômes, de leur durée et de leur retentissement.

Les troubles anxieux peuvent être traités selon leur type par certaines classes d'antidépresseurs à utiliser à des posologies différentes de celles de la dépression. Il s'agit dans ces cas là d'un traitement qui prévient les récidives et non d'un traitement d'appoint.

La durée, le retentissement et le type de symptômes. Devant toute difficulté psychologique dans le post partum, il faut consulter son médecin.

Des dépressions peuvent effectivement survenir pendant la grossesse. Il est impératif de consulter son médecin ou d'en parler au gynécologue si des difficultés psychologiques surviennent pendant cette période. C'est au médecin de décider de l'instauration d'un traitement médicamenteux ou non. l'automédication est à proscrire.

Les symptômes de la dépression ont été décrits dès l'Antiquité, ce n'est pas une maladie moderne. Le terme dépression est utilisé en psychiatrie depuis le milieu du XIXème siècle.

C'est une question dont il n'existe pas de réponse univoque.

Les premiers traitements employés dans l'Antiquité étaient très rudimentaires: bains dans eau glacée, saignées... afin d'améliorer les humeurs.

La dépression est une maladie universelle... Par contre, la dépression peut prendre différents masques selon les cultures et les époques.

Oui, la dépression peut parfois s'associer à d'autres pathologies comorbides (troubles anxieux, addictions, suicides).

L'asthénie fait partie des symptômes dépressifs.

Devant tout symptôme physique, il est nécessaire de consulter son médecin généraliste afin d'éliminer une maladie sous-jacente.

Il n'y a pas de lien de cause à effet retrouvé.

Les réponses du Dr Charlotte Tourmente

On parle de dépression quand les symptômes se pérennisent au-delà de 2 semaines. Vous êtes motivé pour vous en sortir, allez consultez votre médecin traitant, un psychologue ou un psychiatre afin devoir quelle prise en charge est la plus adaptée.

Vous devriez voir votre médecin traitant. Cette mauvaise passade dure depuis trop longtemps. Le fait de ne plus travailler, de ne pas voir beaucoup votre conjoint expliquent sans doute votre mal-être mais il faut réagir et vous soigner. Votre médecin trouvera le traitement adapté à votre état.

Ce n'est pas facile, c'est vrai. Faites confiance au bouche-à-oreille : des amis peuvent peut-être vous recommander quelqu'un ? Mais sachez que le "feeling" entre un thérapeute et son patient est très spécifique : un ami peut apprécier un thérapeute et vous non. Votre meilleur conseiller est votre instinct : si vous êtes en confiance avec un thérapeute, votre "travail" sur vous-même avancera plus vite. Le titre de docteur en médecine (psychiatre ou généraliste) peut également être un bon critère car il y a beaucoup de charlatans.

Je ferais plutôt confiance à la thérapie si j'étais vous. L'homéopathie peut éventuellement être un "plus" mais un syndrome dépressif nécessite une psychothérapie.

D'autres traitements, comme l'électro-convulsivothérapie (voyez notre dossier sur ce thème) sont réservés aux dépressions sévères. Les stabilisateurs de l'humeur (lithium par exemple) peuvent aussi être efficaces.

Quand on est déprimé, le moindre effort paraît irréalisable. Vous pouvez sortir de cet état, vous pouvez guérir mais pour cela, il va falloir faire l'effort de voir un psychiatre. Le chemin semble dur mais le résultat, le retour à une vie normale, vaut la peine. Bon courage !

Elle est efficace dans le cadre de la dépression saisonnière (syndrome dépressif survenant l'hiver au moins 2 années de suite). Comme l'origine est le manque de lumière, la luminothérapie (quand elle est correctement réalisée et au moins 30 minutes par jour,l e matin, avec 1 lampe de 10 000 lux) est en effet efficace.

Si votre médecin ne vous "entend" pas, consultez un psychiatre rapidement : il sera sans doute plus à l'écoute et vous proposera une prise en charge adéquate. Vous ne pouvez pas rester comme ça, il faut trouver une solution et seul un soignant peut vous la proposer. Gardez confiance, vous allez vous en sortir !

Une dépression saisonnière est la survenue de symptômes dépressifs 2 années de suite, durant l'hiver (entre octobre et février). La luminothérapie est un bon moyen de compenser l'origine de la dépression : le manque de lumière. Une psychothérapie est aussi nécessaire, et éventuellement des antidépresseurs. Ce sont les psychiatres, psychologues ou psychothérapeutes qui s'en occupent.

Les consultations chez les psychiatres et psychologues sont prises en charge par l'Assurance maladie s'ils exercent dans des établissements publics. Pour le privé, certaines mutuelles remboursent correctement les consultations.

Vous devriez prendre avis auprès d'un phytothérapeute, les plantes sont parfois nocives et vous ne pouvez sans doute pas tout prendre à cause de votre grossesse.

Vous pouvez aussi avoir de la chance et trouver le bon du premier coup. Demandez aussi à votre entourage s'ils en connaissent un. Courage...

Pas forcément. Si la timidité vous pousse à ne plus voir personne, à ne pas sortir ou si le stress vous ronge et vous obsède, oui cela peut conduire à une dépression. Mais tout dépend de leur intensité et de leur répercussion.

Bien sûr que non, c'est une maladie qui nécessite une prise en charge adaptée ! Le fait de ne plus supporter ses enfants et son conjoint doit vous faire culpabiliser, c'est un signal d'alarme: c'est le moment de réagir et de consulter votre médecin traitant ou un psychiatre, un psychologue afin de débuter une psychothérapie et si nécessaire d'être traitée.

Certaines personnes sont cyclothymiques, les sautes d'humeur font partie de leur caractère. Mais elles sont difficiles pour l'entourage et il faut essayer de les contrôler en gérant mieux son stress, ses émotions, etc. Une psychothérapie comportementale est idéale pour apprendre à réagir de façon plus adaptée. Si les sautes d'humeur sont récentes ou très intenses, avec des répercussions sur la vie sociale et professionnelle, elles peuvent traduire un malaise important et là encore, il vaut mieux consulter.

Une profonde tristesse, une irritabilité, de l'agressivité, une excitation excessive, une tendance à l'isolement, une perte d'intérêt pour le jeu,des difficultés scolaires, des sautes d'humeur, un manque d'appétit et un amaigrissement, etc.

Bien sûr. Il est difficile de gérer quotidiennement une maladie chronique avec un sourire permanent. Les hauts et les bas de la maladie ne sont pas simples à assumer. La vie sociale, familiale, professionnelle peut être affectée par la maladie. Toutes ces raisons expliquent que maladie chronique et dépression sont assez souvent liées.

Oui, les enfants précoces (et les adultes qu'ils deviennent) se sentent souvent en "décalage" par rapport aux autres. Cette différence n'est pas facile à assumer. Il peut aussi se surajouter des difficultés scolaires si l'enseignement ne prend pas en compte la précocité. D'où des erreurs d'orientation et des parcours professionnels parfois non adaptés, à l'origine de dépression.

Essayez de favoriser le dialogue en passant du temps avec votre enfant. Jouez avec lui, emmenez-le au parc,... les enfants parlent souvent au moment où on s'y attend le moins. Créez aussi une ambiance propice aux confidences le soir au moment du coucher. Vous êtes sans doute suivie par un thérapeute ou votre médecin pour votre dépression. Parlez de votre enfant, de ses réactions ou changements de comportement, etc. Il vous conseillera un pédopsychiatre ou un psychologue si nécessaire.

C'est déjà énorme d'être à son écoute et de ne pas le juger ! On conseille de ne pas trop assister ni infantiliser les personnes dépressives, de poser ses limites (un conjoint par exemple a le droit de pas tout accepter). Essayez de faire sortir votre ami, de lui faire voir d'autres personnes, amenez des dvd comiques, faites du sport avec lui (les endorphines ont un effet euphorisant au bout de 3/4 d'heure environ de pratique), conseillez-lui la relaxation,...

Il existe des associations spécialisées dans la précocité. Elles conseillent alors des psychologues ou des psychiatres qui connaissent bien cette spécificité (et sont capables d'établir un diagnostic grâce à des tests) ainsi que des établissements dont l'enseignement est adapté aux enfants précoces.