Une nouvelle piste pour diagnostiquer la démence

Une nouvelle piste pour diagnostiquer la démence

Des chercheurs de l’Inserm ont montré que se sentir en mauvaise santé augmente le risque de démence. Une étude qui pourrait permettre aux médecins généralistes de diagnostiquer cette maladie le plus tôt possible.

La rédaction d'AlloDocteurs
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On savait que l'état de santé perçu pouvait être un facteur annonciateur de morbidité et de mortalité dans le domaine cardiovasculaire. Ce que l'on ignorait en revanche c'est que ce même état perçu pouvait aussi signifier un risque de survenue de démence. Plus fréquentes avec l'âge, les démences ne sont pas une fatalité liée au vieillissement, mais de réelles maladies cérébrales, pouvant entraîner une perte d'autonomie du patient et altérer ses capacité cognitives.

Pour leur étude publiée dans la revue Neurology, Annick Alpérovitch et Christophe Tzourio, chercheurs à l'Inserm sont partis d'une cohorte de 8000 personnes âgées de plus de 65 ans suivies depuis 10 ans. Cette cohorte des 3 cités a pour but d'étudier précisément les facteurs de risque de démence. Il y a dix ans, les participants ont dû évaluer leur état de santé tel qu'ils le percevaient puis ils ont été suivis chaque année pour déceler d'éventuels signes de démence d'origine vasculaire ou une maladie d'Alzheimer.

Alzheimer : un risque accru

Résultat de l'étude : les personnes déclarant une santé mauvaise ou moyenne avaient un plus grand risque de devenir démentes lors du suivi et un risque de 48 % plus élevé de développer une maladie d'Alzheimer.

Les chercheurs vont plus loin et expliquent que se déclarer en mauvaise santé sans raison cacherait un trouble plus général du comportement (repli, baisse des interactions sociales et des activités de l'individu). Or, ces symptômes seraient un accélérateur du processus clinique aboutissant à la démence.

Au-delà du constat, cette étude pourrait servir aux médecins généralistes qui disposeraient ainsi de critères pour identifier très tôt les personnes à risque de démence, ce qui est encore très difficile à faire par manque de symptômes évocateurs.

Source : "Self-rated health and risk of incident dementia: a community-based elderly cohort, the 3C study",
Montlahuc et coll., Neurology, publication en ligne du 5 octobre 2011.

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