Enfants : attention aux prescriptions inadaptées

Attention aux ordonnances qui ne conviennent pas aux jeunes patients, met en garde une étude de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Trop de médecins généralistes prescrivent encore aux enfants des médicaments hors de leur usage officiel... Bonne nouvelle néanmoins : ces mauvaises prescriptions n'entraineraient pas d'effets indésirables.

La rédaction d'AlloDocteurs
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38% des moins de 16 ans se sont vus prescrire, en 2011, des traitements hors autorisation de mise sur le marché (AMM) délivrée par les autorités de santé. Des médicaments souvent mal dosés ou prescrits pour un autre motif que celui défini par l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM). Pour obtenir ces résultats, une étude de l'Inserm, réalisée entre 2000 et 2011, s'est penchée sur les consultations de 38 généralistes du Sud de la France.

Elle révèle notamment que ces prescriptions respectent rarement l'âge minimal de délivrance, ni les voies d'administrations ou les possibles contre-indications. En tête de liste des traitements mal prescrits : les décongestionnants nasaux, les anti-histaminiques (H1) et les corticoïdes.

Peu de risques pour les enfants

Loin d'être incompétents, les généralistes prescrivent ces médicaments hors AMM car ils disposent de peu de médicaments réellement adaptés aux enfants. "Pour certains pathologies fréquentes comme les infections ORL ou encore les allergies, les ressources thérapeutiques pédiatriques ne sont pas à la hauteur", précise Maryse Lapeyre-Mestre, co-auteur de ces travaux. De nombreuses molécules, utilisées chez l'adulte, n'ont pas obtenu d'autorisation officielle pour l'enfant. Un décalage causé notamment par les difficultés à réaliser des essais cliniques chez les jeunes patients.

Si ces observations ne sont pas nouvelles, les chercheurs tiennent tout de même à préciser que ces prescriptions n'entraînent pas d'effets indésirables sur les enfants. Pourtant, la même étude, réalisée en 2000, avait alerté sur des effets secondaires. En 10 ans, les généralistes auraient donc été sensibilisés à ce problème... "Les médecins régulent probablement mieux ces prescriptions et certains médicaments qui présentaient des risques dans les années 2000 ne sont plus administrés chez l'enfant. C'est notamment le cas des dérivés terpéniques (camphre, menthol, certaines huiles essentielles)", ajoute Maryse Lapeyre-Mestre.

Source : Off-Label Prescribing in Pediatric Outpatients. A.Palmaro et coll. Pediatrics, décembre 2014. DOI : 10.1542/peds.2014-0764

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