Ch@t : Mediator®, le bilan de l'affaire

Ch@t du 29 juin 2011 : Le Mediator® a eu des effets indésirables pouvant conduire à des hypertensions artérielles pulmonaires et à des fuites valvulaires cardiaques, ce qui a contribué à son retrait du marché français. Il aurait fait quelques 500 morts, selon l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). Retour sur cette affaire et bilan autour de ce médicament avec le Dr Irène Frachon, pneumologue.

La rédaction d'Allo Docteurs

Par La rédaction d'Allo Docteurs

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Les réponses du Dr Irène Frachon, pneumologue

Il faut savoir si vous présentez d'autres facteurs de risques pour souffrir d'une insuffisance aortique. On peut présenter une insuffisance aortique liée au Mediator® ET des calcifications, ce n'est pas incompatible. Une expertise serait bienvenue, par exemple en confiant votre dossier à l'Office National d'Indemnisation des Accidents Médicaux (ONIAM) lorsque ce sera opérationnel (à la rentrée sans doute). Restez donc vigilante.

Il faut d'abord déterminer si une atteinte liée au Mediator® existe en demandant à pratiquer une échographie cardiaque. Si il existe une anomalie des valves du coeur ou une hypertension artérielle pulmonaire (HTAP), vous pourrez vous tourner vers l'ONIAM qui gérera le fonds d'indemnisation. Vous pouvez être conseillée par un avocat ou une association de victimes, il en existe beaucoup à présent.

Difficile de répondre sans disposer de l'échographie cardiaque ! Une expertise peut être utile, essayez de disposer d'un enregistrement de l'échographie cardiaque pour cela. Il peut être utile de contrôler un an plus tard. D'une façon générale, on peut observer des insuffisances mitrales minimes sans signification pathologique. L'aspect particulier des mouvements de la valve ou l'aspect des cordages de la valve peut orienter vers une toxicité du Mediator®. D'où l'intérêt d'un enregistrement.

Il faut surtout rassembler les pièces de son dossier médical : échographies cardiaques, compte-rendus médicaux et attestations de prise du Mediator® (dates, posologie..) en demandant au médecin traitant ou au médecin prescripteur, voire au pharmacien. Vous pourrez ensuite vous adresser directement à l'Office National d'Indemnisation des Accidents Médicaux (ONIAM), sans doute dès la rentrée. Vous pouvez, mais ce n'est pas obligatoire, être assistée d'un avocat ou d'une association. Renseignez-vous bien alors sur les conditions et les services proposés.

Je n'ai pas connaissance d'un lien entre péricardite et Isoméride®. Assurez-vous qu'il n'y a pas d'atteinte des valves ou d'hypertension artérielle pulmonaire (HTAP) en plus.

Lorsque l'on ingère du Mediator®, il se forme dans le corps une substance qui s'appelle la norfenfluramine qui se fixe sur des récepteurs nombreux à la surface des valves du coeur. Cela déclenche une sorte de fibrose des valves. Retenez qu'un médicament n'a quasiment jamais qu'une seule cible et qu'à côté d'un effet bénéfique, une autre cible insoupçonnée peut déclencher des ennuis. Dégât collatéral qu'on appelle effet indésirable... d'où l'intérêt d'être vigilant. Cela s'appelle la pharmacovigilance.

Le recensement a été fait à partir des patients traités en 2006 (de façon anonymisée) sur les bases de la Caisse Nationale d'Assurance Maladie (CNAM). Puis le calcul global a été effectué en prenant le chiffre total des utilisateurs du Mediator® depuis 33 ans, dont votre papa.

C'est un vrai problème, parfois insoluble... Demandez à votre pharmacien et essayez aussi de contacter ce médecin à la retraite. Peut-être la prescription de Mediator® figure-t-elle sur un autre document  (par exemple si vous avez été hospitalisé ?).

S'il s'agit d'une échographie cardiaque, vous pouvez demander copie du compte-rendu intégral de cet examen.

Oui, c'est hélas bien possible. Gardez ces documents pour une démarche de recours via l'Office National d'Indemnisation des Accidents Médicaux (ONIAM) car ce sera ouvert également aux ayant-droits pour les victimes décédées.

Merci !! J'ai eu beaucoup de témoignages sur le comportement "incrédule" de certains cardiologues. Il faut insister pour récupérer les examens et attendre qu'ils acceptent de se renseigner scientifiquement sur cette question. Des articles scientifiques de plus en plus nombreux sont maintenant disponibles. Mais vous deviez en connaitre plus que lui lorsque vous l'avez consulté !!

Si tout va bien (échographie cardiaque NORMALE)...Tout ira bien heureusement, rassurez vous. Il n'y a pas de "bombe à retardement" sauf le risque EXCEPTIONNEL de développer une hypertension artérielle pulmonaire qui ne justifie pas d'une surveillance particulière.

Vous pouvez porter plainte naturellement avec l'aide d'un avocat (éventuellement appuyé par une association) au civil ou au pénal, renseignez vous bien sur ce que cela implique ou signifie. Parallèlement, préparez votre dossier pour le confier à l'Office National d'Indemnisation des Accidents Médicaux (ONIAM) dès que le fonds d'indemnisation est opérationnel.

La radio pulmonaire ne permet pas de déceler des complications du Mediator®, c'est une échographie cardiaque qui peut dépister un ennui éventuel. Mais pour la "boule" décrite il faut absolument demander l'avis spécialisé d'un pneumologue.

Les médicaments sont prescrits pour des effets bénéfiques sur certaines maladies qui ont été observés grâce à des études cliniques. Mais ce sont des substances ACTIVES qui peuvent avoir des effets secondaires. Il vaut mieux connaître le listing de ces effets secondaires (qui heureusement surviennent rarement sinon on ne laisserait pas le médicament commercialisé) pour les signaler au médecin traitant. Si on pense ne pas supporter un médicament, il faut consulter pour savoir s'il faut changer de traitement. Quelquefois le bénéfice est très important et supérieur à la gêne occasionnée. il faut bien s'informer pour mieux se soigner !

Tous les patients pris en charge par la Caisse Nationale d'Assurance Maladie (CNAM) sont susceptibles d'avoir été recensés dans l'étude sur le Mediator® (qui concernaient les patients traités par Mediator® et/ou diabétiques traités en 2006)

Pratiquement tous les patients exposés au Médiator® depuis 2006 ont reçu une lettre des pouvoirs publics les prévenant du risque de complications et les incitant à se faire examiner. Mais les archives de la CNAM sont effacées avant cette date.

Plusieurs façons : se renseigner auprès d'un avocat, d'une association de victimes, il y en a beaucoup à présent. Prendre son temps, bien constituer son dossier (examens médicaux, échographie cardiaque, certificat ou vieilles ordonnances etc.) avant de se lancer.

Vous voulez dire une échographie cardiaque ? Si celle ci est normale, ce n'est pas la peine de refaire l'examen. Si il existe des anomalies... suivre les conseils du cardiologue.

Le laboratoire Servier est français et son chiffre d'affaire pour le Médiator® se faisait essentiellement en France. Vous en concluez ce que vous voulez, mais beaucoup d'enquêtes de journalistes pointent une suspicion de pressions et de réseaux d'influence pour expliquer un tel retard. Ce sera à la justice de trancher.

Vous devez insister pour que soit effectuée une échographie cardiaque. Dans ce contexte de dépistage avec le Mediator®, elle est entièrement prise en charge par la CNAM.

Privilégiez le dialogue, poli mais ferme....

 La CPAM a des bases anonymisées et ne peut contacter de façon ciblée des victimes supposées. Il faut donc récupérer les documents médicaux en adressant un courrier (avec AR) à la direction de l'hôpital qui a suivi et traité votre papa.

Si vous avez une scintigraphie anormale, cela est sans doute lié à un problème de coronaires sans lien avec le Mediator®. Je ne suis pas cardiologue mais "mediatorologue" !! Suivez donc l'avis de votre cardiologue.

Il n'est jamais trop tard pour bien faire... mais je comprends que cela vous fasse sourire.....

Dans la réforme en cours d'élaboration, on prévoit un renforcement de la circulation de ce type d'informations entre les pays européens... Souhaitons que tout cela se mette vite et bien en oeuvre.

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