Prévention du sida : Aides réclame l'autorisation temporaire du Truvada®

L'association de lutte contre le sida Aides a demandé, mardi 29 janvier 2013, à l'Agence du médicament (ANSM) d'accorder une autorisation temporaire d'utilisation au Truvada® comme traitement préventif du sida chez les personnes à risques.

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Entretien avec Jean-Marie Le Gall, responsable du pôle recherche à Aides

Déjà autorisé aux Etats-Unis depuis le mois de mai 2012, l'utilisation du Truvada® à titre préventif fait polémique. Le Truvada® est un traitement antirétroviral déjà utilisé en France par les personnes séropositives. Il est également délivré aux Urgences dans le cas de comportements à risque.

Mardi 29 janvier 2013, l'association Aides a demandé à l'Agence du médicament (ANSM) d'accorder une autorisation temporaire d'utilisation au Truvada® comme traitement préventif du VIH chez les personnes à risques. Mais l'extension de sa prescription est controversée. En France, de nombreuses personnes s'interrogent sur la pertinence d'un tel traitement qu'il faudrait prendre quotidiennement.

Dans un entretien, Jean-Marie Le Gall, responsable du pôle recherche à Aides, défend la demande de l'association de lutte contre le sida : "Si on a demandé une autorisation temporaire d'utilisation, c'est parce qu'on voit se développer, suite à l'autorisation américaine, des prescriptions parallèles. [Afin d'éviter des utilisations détournées] il vaut mieux mettre tout de suite un cadre pour savoir ce qui va se passer et pour avoir des évaluations assez rapidement, savoir si ça fonctionne dans notre pays et avec quelle efficacité."

"Se contenter du préservatif n'est pas suffisant"

"Dans notre pays le taux d'usage du préservatif est aussi bon qu'ailleurs. Mais 25 ans après le début de l'épidémie, se contenter du préservatif n'est pas suffisant. On sait qu'actuellement, dans certaines circonstances, pour certaines personnes, le fait de pouvoir prendre un médicament avant d'être exposé éventuellement à une infection, c'est quelque chose qui peut diminuer les risques de contamination. Etant donné l'urgence de l'épidémie, on ne peut pas se permettre de ne pas l'utiliser."

Pourrait-on craindre l'augmentation des comportements à risque si cette proposition était retenue ?

"Tous les essais qui ont été faits montrent que les personnes se responsabilisent avec l'usage du Truvada®. C'est-à-dire qu'elles diminuent plutôt leurs comportements à risque et augmentent l'usage du préservatif."

"Il faut vraiment réfléchir sur le fait qu'on a pensé uniquement préservatif comme le seul moyen d'agir. Aujourd'hui il faut penser préservatif et molécule préventive. De la même manière que dans les années 80, les jeunes filles qui commençaient leur contraception ont dû, à un moment donné avec l'épidémie du VIH, comprendre que la pilule contraceptive protégeait d'une grossesse non désirée mais que le préservatif [protégeait lui des maladies sexuellement transmissibles]."

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