Mélanome : un an après, le soleil ne fait plus peur

Selon une étude danoise, après un mélanome, les patients limitent leur exposition au soleil durant la première année suivant le traitement. Ces bonnes habitudes, recommandées pour réduire les risques de récidives, sont ensuite perdues.

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Mélanome : un an après, le soleil ne fait plus peur
Mélanome : un an après, le soleil ne fait plus peur

Après un diagnostic de mélanome, il est conseillé au patient de limiter l'exposition au soleil afin de réduire les risques de récidives. Les rayons UV étant les principaux facteurs impliqués dans le développement de ce cancer de la peau. Une équipe de chercheurs danois du département de dermatologie de l'Université de Copenhague a voulu vérifier si ces recommandations sont appliquées par les patients ayant reçu un traitement.

Leur étude s'est déroulée sur 3 ans. Chaque année, pendant la période estivale, les participants ont rempli quotidiennement un questionnaire afin de décrire leur journée en renseignant de l'utilisation ou non de crème solaire, ou du lieu dans lequel ils se trouvaient. Au bureau ou en vacances, par exemple. En parallèle, ils portaient au poignet un dosimètre d'UV, un appareil capable de mesurer la quantité d'UV reçue. 

Une baisse de vigilance avec le temps

Les résultats ont montré que si les patients traités pour un mélanome sont plus attentifs et cherchent à diminuer leur exposition au soleil au cours de la première année suivant le diagnostic, ils ont tendance à baisser la garde, voire même à s'exposer davantage que les personnes n'ayant pas développé de mélanome.

"La dose d'UV reçue par les patients atteints de mélanome au cours de l'année précédant l'étude était un tiers plus faible et le nombre de jours où ils protégeaient leur peau avec de la crème solaire était doublé, par rapport aux résultats obtenus pour le groupe témoin (qui n'avait pas été atteint de mélanome)", rapporte l'étude. " Mais ensuite, la dose quotidienne d'UV reçue par les patients augmente de 25% entre le premier et le second été et de 33% entre le premier et le troisième."

Plus surprenant, l'étude révèle que les patients, traités pour un mélanome, ont tendance à s'exposer davantage au soleil lors de leurs vacances et de leurs séjours à l'étranger, contrairement au groupe témoin qui conserve un niveau d'exposition stable. "Ce qui est inquiétant, note l'étude, car les mélanomes sont généralement causés par des doses fortes et intermittentes d'UV et parce que le risque de mélanome parmi les Danois est associé à des vacances passées dans des pays ensoleillés."

Etude de référence : "Sun behaviour after cutaneous malignant melanoma: a study based on ultraviolet radiation measurements and sun diary data", Br J Dermatol. 2013 Feb;168(2):367-73. doi: 10.1111/bjd.12066

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