Le tabac fait perdre la mémoire

Le tabagisme induirait la perte de mémoire et le ralentissement des fonction intellectuelles chez les hommes, selon une étude menée par le University College de Londres et l’Inserm de Paris, publiée dans la revue Archive of General Psychiatry le 1er juin 2012.

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Le tabac fait perdre la mémoire
Le tabac fait perdre la mémoire

Les chercheurs ont effectué une étude prospective afin de connaître l’influence potentielle du tabac sur les pathologies neuro dégénératives affectant les capacités de mémorisation et de réflexion, telles que la maladie d'Alzheimer.

Ils ont étudié la consommation du tabac de 7 236 personnes, 5 099 hommes et 2 137 femmes, âgés de 44 à 69 ans au début de l’étude. Durant 24 ans (de 1985 à 2009), les scientifiques ont effectué neuf sortes de tests différents visant à évaluer les fonctions cognitives des participants. Ces derniers ont été soumis à des exercices de mémorisation, de vocabulaire ainsi qu’à des tests visant à évaluer leurs capacités de raisonnement.

Les auteurs de cette étude ont découvert que les fumeurs masculins, présentaient un déclin cognitif plus important que ceux n’ayant jamais fumé. « Le tabac multiplie le risque de déclin cognitif par un facteur de l’ordre de 1,2 à 1,5 », selon le rapport de l’étude.

Cependant, les scientifiques affirment que le sevrage fait diminuer ce risque. « A long terme, le risque de déclin cognitif reste comparable chez les non-fumeurs et les anciens fumeurs, éloignés du tabac depuis longtemps », c’est-à-dire ceux qui ont arrêté de fumer il y a plus de 10 ans.

Pour l’instant, les chercheurs n’expliquent pas pourquoi les femmes ne sont pas affectées de la même façon que les hommes. Ils retiennent deux facteurs qui pourraient expliquer le phénomène : les facteurs biologiques, notamment les différences hormonales, et les facteurs sociologiques, car les femmes sont en générale des fumeuses moins assidues et moins anciennes.

Source : "Impact of Smoking on Cognitive Decline in Early Old Age", Archive of General Psychiatry, le 1er juin 2012. Doi : 10.1001/archgenpsychiatry.2011.2016

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