Le harcèlement scolaire, c'est aussi sur Internet

Touchant environ un enfant sur dix en primaire et au collège, le harcèlement peut aller du vol de goûter ou des moqueries aux insultes, brimades ou menaces, jusqu'aux coups, au racket ou aux violences sexuelles. Le gouvernement lance le 26 novembre 2013 une nouvelle campagne contre le harcèlement scolaire, prolongement d'un dispositif mis en place début 2012.

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Le ministre de l'Education nationale Vincent Peillon présente le 26 novembre 2013 la nouvelle mouture (1) de la campagne Agir contre le harcèlement à l'École, qui intègre une campagne télévisée, des dessins animés pour sensibiliser les écoliers, un plan de formation des personnels et des ressources en ligne prodiguant des conseils aux élèves victimes, aux familles et aux témoins.

De l'agression ponctuelle…

Un volet de la nouvelle campagne de prévention et de lutte contre le harcèlement scolaire est consacré à la cyberviolence, problématique à cheval entre la vie scolaire et la vie privée.

En effet, si les violences entre élèves ont longtemps été cantonnées aux cours des collèges et des lycées, l'utilisation permanente des nouvelles technologies de communication (téléphones portables, réseaux sociaux numériques) prolonge ce phénomène hors des établissements, et au-delà du temps scolaire.

En France, selon les chiffres du gouvernement, 40% des élèves disent avoir été victimes d'une agression ou d'une méchanceté en ligne. Le moyen le plus fréquemment cité reste le SMS pour un élève sur cinq, suivi d'appels téléphoniques méchants, humiliants et désagréables, de l'usurpation d'identité, de l'exclusion d'un groupe social en ligne et de problèmes sur un chat.

Les violences peuvent avoir de lourdes conséquences sur le plan psychologique : perte de confiance, troubles psychologiques, décrochage scolaire, dépression voire suicide.

… au cyber-harcèlement

Selon les chiffres de l'essai "Les ados dans le cyberespace, prises de risque et cyberviolence", paru en mai 2013 sous la plume de Catherine Blaya, 6% des élèves français disent être agressés de façon répétée sur Internet. On parle alors de cyber-harcèlement.

Cette forme de harcèlement peut pendre la forme d'insultes, moqueries, mais aussi de propagation de rumeurs, de piratage de comptes, de publication de photos ou de vidéos de la victime en mauvaise posture.

"C'est un phénomène dont personne ne parlait il y a deux ou trois ans mais qui est en progression", confirme Justine Atlan, présidente de l'association e-Enfance, qui propose une plateforme d'écoute pour les victimes de cyberharcèlement et forme quelque 100.000 élèves par an, essentiellement dans les collèges. "D'après nos propres chiffres sur le terrain et issus de la plateforme, 15% des élèves de collège se disaient harcelés sur Internet il y a deux ans. Aujourd'hui, on est à 22%".

Former les parents

Pour faire face à ce problème et, plus généralement, au fossé qui existe souvent entre des parents nés avant l'apparition d'Internet et des adolescents qui maîtrisent sur le bout des doigts web et réseaux sociaux, des formations gratuites destinées aux adultes sont proposées par différents organismes, notamment des opérateurs de téléphonie.

La société Facebook - premier réseau social mondial avec 1,2 milliard d'utilisateurs - organise également, plusieurs fois par an, des sessions de formation destinées aux associations de prévention, dans ses locaux français.

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(1) La nouvelle campagne gouvernementale est coordonnée par une délégation ministérielle, créée fin 2012, chargée de la prévention et de la lutte contre les violences en milieu scolaire. "L'Education nationale reconnaît qu'il faut mener une action spécifique contre les violences scolaires, et se dote des moyens de le faire", avait alors commenté le ministre. Son prédécesseur, Luc Chatel, avait mis en œuvre une première campagne destinée à "lever le tabou" sur ce phénomène et à "responsabiliser" élèves, parents et personnels de l'Education nationale "pour le combattre".


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