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Sida : une nouvelle étude en faveur de la circoncision

La circoncision serait un bon moyen de lutter contre le VIH en Afrique sub-saharienne. Une nouvelle étude présentée le lundi 21 juillet 2014 à la vingtième conférence internationale sur le sida à Melbourne (Australie) vient renforcer cette hypothèse, en prouvant que les hommes circoncis n'ont pas moins de rapports sexuels protégés que les autres.

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Sida : une nouvelle étude en faveur de la circoncision
Sida : une nouvelle étude en faveur de la circoncision

En 2013, trois études avaient déjà révélé le fait que la circoncision pouvait contribuer à réduire l'épidémie de VIH en Afrique du Sud : ces études, menées sur des hommes hétérosexuels, avaient en effet démontré que ces derniers, s'ils étaient circoncis, avaient environ 60% de chances en moins de contracter le virus du sida. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) avait donc pris l'initiative de recommander cette opération comme moyen de prévention, tout en l'accompagnant du port du préservatif ; le tout sur la base du volontariat.

Comment la circoncision protège-t-elle du VIH ?

L'effet protecteur de la circoncision résulterait d'une réduction de la surface de la peau qui comporte de nombreuses cellules immunitaires très sensibles au virus du sida, ainsi que d'une transformation de la muqueuse du gland. Suite à l'opération, une couche de cellules se forme sur la muqueuse, qui va limiter l'entrée du VIH. Cependant, le virus peut toujours être transmis par le sperme, d'où la nécessité d'avoir des rapports protégés.

Seulement, un doute persistait : les experts craignaient en effet que la circoncision ne détourne les hommes du port du préservatif, se sentant immunisés contre le VIH de par leur opération.

Ce doute a été levé par une nouvelle étude présentée le lundi 21 juillet 2014 lors de la vingtième conférence internationale sur la sida à Melbourne. Cette dernière vient soutenir l'idée de la circoncision comme outil pour lutter contre le VIH, et prouve surtout que les hommes circoncis ne se protègent pas moins que les autres.

Afin d'aboutir à ces conclusions, des chercheurs de l'université d'Illinois à Chicago ont interrogé plus de 3.000 hommes âgés de 18 à 35 ans dans la province de Nyanza au Kenya : tous informés en matière de circoncision, relations sexuelles protégées et tests du sida. Au début de l'étude, ils ont pour la moitié décidé d'être circoncis, tandis que les autres non. Pendant deux ans, tous les participants - circoncis ou non - ont été interrogés, chaque six mois, sur leur vie sexuelle.

  • Durant ces deux ans, l'activité sexuelle a augmenté pour tous (et surtout pour la tranche d'âge 18-24 ans)
  • En revanche, les pratiques sexuelles à risque (partenaires multiples, relations sexuelles monnayées...) ont diminué alors que l'utilisation de préservatifs a augmenté, que ce soit pour les hommes circoncis ou les autres.
  • Chaque groupe a en outre pensé avoir réduit ses risques de contracter le sida dans le temps, mais les hommes circoncis ont davantage gagné en confiance : chez les circoncis, on est passé de 30% d'entre eux se considérant comme hautement à risque au début des deux ans pour 14% à la fin, et chez les non-circoncis, on est passé de 24% à 21%. 

Cependant, malgré cette assurance regagnée grâce à l'opération, les hommes circoncis n'en sont pas devenus imprudents pour autant et ont même amplifié leurs efforts pour avoir des rapports sexuels protégés.

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