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Lutter contre le harcèlement sexiste dans les transports : une priorité

Remarques dégradantes, insultes, sifflements ou mains aux fesses… Toutes les femmes ont déjà fait l’expérience du harcèlement dans les transports. Un rapport a été remis le 9 juillet à la secrétaire d’Etat aux Droits des femmes, Pascale Boistard, pour lutter contre ces violences sexistes.

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Lutter contre le harcèlement sexiste dans les transports : une priorité
100% des femmes ont déja été victimes de harcèlement dans les transports - Image d'illustration © connel_design

Les rames bondées du métro profitent souvent aux hommes malintentionnés. Ce harcèlement sexiste, intimidant et dégradant, concerne 100% des femmes qui prennent les transports en commun. Des actes presque banals pour les usagers, mais qui sont responsables de peurs et de souffrances chez leurs victimes.

Que faire face si l'on est témoin ?

Les témoins de harcèlement dans les transports ne doivent pas hésiter à agir, même s'il s'agit de remarques déplacées, en tirant le signal d'alarme par exemple, ou en prévenant le conducteur ou les agents sur place. Ils peuvent également appeler les deux numéros d'urgence : le 3117 pour la SNCF et 3249 pour la RATP. Les témoins peuvent aussi apporter leurs témoignages à la victime lorsqu'elle porte plainte.

"Une main aux fesses est déjà une agression sexuelle ! C'est un délit puni par la loi" explique le Dr Emmanuelle Piet, président du collectif féministe contre le viol, invitée du "Magazine de la santé", ce 9 juillet 2015. "Ces agressions sont quotidiennes pour les femmes (…) qui ne peuvent plus prendre les transports en commun l'esprit tranquille", ajoute-t-elle.

Pour lutter contre ces agressions, un rapport a été remis le 9 juillet à la secrétaire d’Etat aux Droits des femmes, Pascale Boistard, préconisant une dizaine de mesures à adopter. Il prévoit notamment de renforcer les moyens d'alerte, à l'aide de deux numéro : le 3117 pour la SNCF et 3249 pour la RATP. Pour plus de discrétion, il sera aussi possible d'envoyer des SMS à ces numéros, pour que les agents des transports puissent intervenir rapidement.

L'arrêt à la demande dans les bus de nuit

Ces signaux d'alerte "doivent aussi pousser les spectateurs de l'agression à appeler. C'est aussi à la solidarité que cette campagne fait appel", souligne le Dr Piet. Selon Pascale Boistard, une application pour smarphone pourrait également voir le jour et faciliter la géolocalisation des victimes.

Des marches participatives de femmes seront également organisées. Elles permettront à ces usagères d'inspecter tous les recoins des gares et des stations, pour repérer les lieux les plus dangereux. Le cas échéant, elles pourront demander plus d'éclairages ou la présence renforcée de personnel à certaines heures de la nuit.

Des "arrêts à la demande" dans les bus de nuit devraient aussi être expérimentés "pour que les femmes puissent descendre le plus près de chez elle" ajoute le Dr Piet, qui juge la campagne très intéressante. En pleine nuit, rapprocher une usagère de son domicile lui évite de marcher longtemps seule et d'être suivie par un agresseur.

Mettre en garde les agresseurs

Pour le secrétariat aux Droit des femmes, l'accent doit fortement être mis sur la sensibilisation, à la fois des agresseurs, mais aussi des témoins qui restent souvent impassibles face à un harcèlement sexiste. Des affiches devrait naître dans les stations "pour bien faire comprendre aux agresseurs que c'est interdit", indique le Dr Piet. D'autre part, les publicités sexistes pourraient totalement disparaître, pour éviter de promouvoir une image dégradante de la femme.

Mais avant tout, l'accent doit être mis sur l'éducation des garçons dès le plus jeune âge, selon le Dr Piet. Des projets de sensibilisation dans les collèges et lycées devraient naître prochainement, dans l'espoir que ces violences soient un jour totalement débanalisées.

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