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Vaccin contre l'hépatite B : des généralistes confiants et des parents méfiants

Le taux d’hépatites B et C a progressé en Europe depuis 2013. La vaccination reste la prévention de loin la plus efficace contre ces maladies, mais en France, la vaccination contre l’hépatite B suscite encore des méfiances chez les parents.

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Vaccin contre l'hépatite B : des généralistes confiants et des parents méfiants
Un peu moins de la moitié des parents ont déclaré que tous leurs enfants sont vaccinés contre l’hépatite B.

Le 28 juillet 2015 est la Journée mondiale des hépatites. L’occasion de faire un point sur la vaccination contre l’hépatite B qui suscite encore quelques méfiances chez les parents, bien que le lien supposé entre la vaccination et la survenue de sclérose en plaques n’a pas été démontré scientifiquement.

L'hépatite A se transmet par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés et par le contact direct avec une personne infectée.

L'hépatite B se transmet par les fluides corporels, essentiellement lors des rapports sexuels, de la mère porteuse à l'enfant (grossesse, accouchement) ou par le sang infecté, via du matériel d'injection ou de tatouage non stérile.

L’hépatite C se transmet essentiellement par voie sanguine (utilisation de drogues par voie intraveineuse, transfusion, transplantation d’organes).

Des parents hésitants

Les résultats de l’enquête réalisée entre 2012 et 2014 par l’Institut national de Veille Sanitaire (InVS) publiée à l’occasion de la Journée mondiale ont mis en lumière la réticence des parents vis-à-vis du vaccin. Un peu moins de la moitié d’entre eux (42,4%) a déclaré que tous leurs enfants étaient vaccinés contre l’hépatite B, près d’un tiers d’entre eux (31,3%) déclare qu'au moins un de leurs enfants était vacciné, et 26,4% n’étaient pas certains de la vaccination de tous leurs enfants.

Les raisons des absences de vaccination sont principalement une méfiance, voire une opposition au vaccin. 46,8% des parents ayant au moins un enfant non vacciné se disaient méfiants : ils n’auraient pas accepté de faire vacciner leur enfant si on leur avait proposé le jour même de l’enquête et n’avaient pas l’intention de le faire dans les trois mois suivants. Toutefois, ils n’étaient pas formellement opposés à la vaccination, comme le sont 36% des parents ayant au moins un enfant non vacciné. En revanche, 17,2% de ces parents restaient complaisants envers le vaccin.

La proportion de ces parents ayant au moins un enfant non vacciné augmentait avec l’âge des parents et était plus importante parmi ceux n’ayant pas d’enfant de moins de 2 ans, ainsi que les habitants de villes de moins de 100.000 habitants. Les auteurs de l’enquête estiment ainsi nécessaire de faciliter le suivi des vaccinations et d'inciter les parents à faire vérifier par un professionnel de santé si leur enfant est vacciné. Le carnet de vaccination électronique, expérimenté dans certaines régions de France comme l’Aquitaine, pourrait selon eux être un bon outil.

Les généralistes confiants...

Ils sont confiants, mais… ne proposent pas la vaccination de façon systématique. Si neuf généralistes sur dix se disent confiants vis-à-vis de la sécurité du vaccin contre l’hépatite B, ils sont seulement un tiers (34%) à le proposer systématiquement aux adolescents non vaccinés et un sur dix ne le propose "jamais". Ces résultats ont également été publiés par l’InVS à l’occasion de la Journée mondiale des hépatites dans son bulletin hebdomadaire.

En terme d'information donnée aux parents, plus de la moitié des généralistes (51,9%) assurent "toujours" détailler les maladies ciblées par le vaccin hexavalent quand ils le proposent pour les nourrissons ; 26,8% déclarent le faire "souvent", et un médecin sur cinq déclare le faire "parfois" ou "jamais".

La vaccination est recommandée depuis 1994 chez tous les nourrissons et en rattrapage chez les adolescents jusqu'à 15 ans.

Les hépatites progressent en Europe

Quelque 10 millions d’Européens sont atteints d’une hépatite B ou C chronique, mais la majorité d’entre eux ignorent leu maladie, selon Andrea Ammon, la directrice par intérim du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).

Chaque année, près de 50.000 nouveaux cas d’hépatite B et C sont rapportés à travers l’espace économique européen (qui regroupe les pays de l’Union européenne ainsi que l’Islande, la Norvège et le Lichtenstein). Le taux d'hépatite B est en hausse : il est passé de 3,6 cas pour 100.000 en 2012 à 4,4 en 2013. Le taux d'hépatite C est, lui, deux fois plus élevé, à 9,6 cas pour 100.000 en 2013, contre 8,1 en 2012.

"Un rapide test sanguin aide à déterminer si vous êtes ou non infecté. Ceux qui présentent le plus de risques (...) devraient se voir proposer ce test facilement, par exemple les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes et ceux qui se droguent par injection", a recommandé Mme Ammon.

Non traitées, les hépatites B et C peuvent causer des infections irrémédiables du foie. "La vaccination est la mesure individuelle la plus efficace pour se protéger contre l'hépatite A et B", a-t-elle souligné. Il n'existe pas de vaccins contre l'hépatite C.

Grâce aux campagnes de vaccination, le taux d'hépatite B aiguë a cependant diminué continuellement depuis 2006. De 1,3 cas pour 100.000, son taux est tombé à 0,7 en 2013 estime l'ECDC.

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