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Victimes des attentats : une lente reconstruction

Quatre mois après les attentats de Paris, les rescapés pansent encore leurs blessures. C'est le cas de Claude Emmanuel Triomphe. Le 13 novembre 2015, il était à la terrasse du café "A la Bonne Bière" quand trois balles l'ont atteint au bras, à la hanche et à la jambe. Après deux opérations chirurgicales, il est aujourd'hui hospitalisé pour sa rééducation à l'hôpital militaire Percy (Clamart).

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Victimes des attentats : une lente reconstruction

Le 13 novembre 2015, Claude Emmanuel se trouve à la terrasse du café "A la Bonne Bière", le premier bar visé par les terroristes. Cinq personnes sont tuées. Claude Emmanuel échappe de peu à la mort, mais son corps est marqué par des blessures de guerre. Il est opéré à deux reprises à l'hôpital Saint-Antoine à Paris. "Je me suis vu, j'avais un corps de quelqu'un qui était rescapé d'un camp. Je n'avais plus de muscle, plus rien, je faisais presque le tour de mes cuisses avec ma main… C'était terrible à intégrer", témoigne-t-il.

Pendant un mois et demi, Claude Emmanuel passe ses journées totalement immobile. Il est ensuite transféré à l'hôpital militaire Percy pour débuter sa rééducation. Dans ce service, une dizaine de victimes des attentats de Paris sont prises en charge. "Le temps de rééducation n'est pas un temps dans l'urgence. Il a d'abord fallu que ces patients soient stabilisés, opérés. Et nous prenons les patients en charge à leur sortie de services de chirurgie ou de réanimation", explique Louis, cadre de santé à l'hôpital d'instruction des armées Percy.

Pour Claude Emmanuel, la rééducation se fait au rythme de deux heures par jour. Une le matin et l'autre l'après-midi. Son corps a été criblé de trois balles, l'une d'elle a endommagé le nerf sciatique provoquant de vives douleurs dans son dos. Pour diminuer ces douleurs, des séances d'électrodes à visée antalgique sont réalisées.

Changer d'air fait aussi partie de la thérapie car la rééducation n'est pas seulement physique. Les blessures par balle marquent le corps, mais aussi l'esprit : "Tout en pensant que tout allait plutôt bien, je pleurais plusieurs fois par jour", confie Claude Emmanuel, "et en parlant à mon médecin de référence, il m'a reposé la question de l'accompagnement psy et je l'ai accepté".

Au fil de son séjour à l'hôpital, Claude Emmanuel apprend à se réapproprier un corps diminué : "La kiné rééduque, mais au début vous prenez conscience de tout ce que vous n'avez plus. Et en l'occurrence pour moi, je n'avais plus la capacité de me lever, je n'avais plus la capacité de marcher et je voyais bien que mon pied ne répondait pas à la quasi-totalité de mes commandes".

Retrouver l'équilibre, réapprendre la stabilité, gagner en autonomie, cela demande beaucoup d'effort à Claude Emmanuel. Il espère bientôt monter des escaliers sans l'aide d'un kiné. Dans un mois, il quittera l'hôpital militaire pour regagner son domicile.

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