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Attentats de Paris : le long chemin de l'indemnisation

Proches de défunts, personnes blessées ou traumatisées… on estime à 4.000 le nombre de victimes après les attentats du 13 novembre. Toutes peuvent prétendre à une indemnisation par le Fonds de garantie des victimes d'actes de terrorisme. Une procédure lourde sur le plan administratif mais indispensable pour se reconstruire.

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Attentats de Paris : le long chemin de l'indemnisation

Le 13 novembre, Emmanuel Domenach était dans la fosse du Bataclan, à une dizaine de mètres des terroristes… « J’entends quelqu’un qui dit « ils sont en train de monter sur les balcons, il faut y aller ! C’est maintenant : go ! go ! Moi, je me lève, je cours. Je cours pour ma vie en ne sachant pas trop où je vais », raconte le jeune homme.

Cette nuit-là au Bataclan, 90 personnes ont perdu la vie. Emmanuel, lui, s'en est sorti sans une égratignure, mais a perdu sa légèreté, son insouciance. « On vit dans une alerte perpétuelle. J’ai découvert ce qu’était une crise de panique : vous vous réveillez la nuit avec le cœur qui bat à 1000 à l’heure sans savoir pourquoi… J’ai l’impression que je ne redeviendrai jamais le même. C’est très dur », confie Emmanuel.

Pour affronter le quotidien, le jeune homme prend des tranquillisants. Grâce à sa thérapie, il commence à mettre des mots sur la souffrance qui l'habite, à comprendre que les survivants peuvent aussi être des victimes.

Plus de 2.200 dossiers déjà reçus par le Fonds

Depuis 1986, les victimes du terrorisme sont indemnisées par le Fonds de garantie des victimes d'actes de terrorisme, créé par l’Etat. Mais pour y prétendre, il faut réunir une montagne de documents. Car pour évaluer un préjudice, le fonds de garantie a besoin de détails. Depuis le 13 novembre  l'organisme a déjà reçu plus de 2200 dossiers, 20 juristes s'y consacrent à plein temps. L’objectif affiché est de fixer l'indemnisation la plus juste possible. « Deux victimes qui se trouvent exactement dans les mêmes circonstances et qui présentent les mêmes caractéristiques doivent logiquement recevoir la même indemnisation mais au delà de cela, il est nécessaire de s’adapter à la situation psychique, morale, physique et matérielle de chacune des victimes et ceci peut amener dans certains cas à faire des différenciations », explique François Werner, directeur général du Fonds de garantie des victimes du terrorisme.

L’évaluation du préjudice nécessite des expertises qui peuvent être très longues pour les victimes, mais l’indemnisation est une phase essentielle pour se reconstruire. « Lorsqu’il y a une reconnaissance des faits, une indemnisation juste, un procès équitable, pour les victimes, c’est quelque chose qui est très réparateur », estime Carole Damiani, psychologue et directrice de l’association Paris Aide aux victimes.

Les victimes ont dix ans pour saisir le fonds de garantie et elles doivent le faire une fois que leur état est stabilisé. Même si Emmanuel a repris le travail, cette étape prendra encore quelques mois.

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