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Infirmiers de bloc : "les Ibode en ont marre d’être totalement ignorés depuis des années"

En grève, les infirmiers de blocs opératoires en colère réclament une revalorisation salariale. Ils craignent également que le plan de refondation des urgences annoncé par le gouvernement n’empiète sur leurs compétences.

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Infirmiers de bloc :
Crédits Photo : © Pixabay / marionbrun

Après les urgences, les blocs opératoires. Les infirmières et infirmiers de bloc opératoire (Ibode) ont entamé le 23 septembre une grève pour réclamer des revalorisations salariales. Ils militent également pour une reconnaissance de leurs compétences sur lesquelles empièterait le plan récemment annoncé par le gouvernement en réponse à la crise des urgences. Ce mouvement social, initié par le Syndicat National des Infirmiers de Bloc Opératoire (Snibo), est soutenu par Force Ouvrière et des associations d'infirmières de blocs (Unaibode), d'enseignants (AEEIBO) et d'étudiants (Aleibo).

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Continuité des soins pendant la grève

Cette grève est pour le moment "illimitée au CHU de Lille, de Toulouse ou encore de Grenoble, comme dans la plupart des établissements concernés" nous révèle Laurence Boulou, présidente du Snibo. "Ces établissements sont aujourd’hui au nombre de 41, mais le mouvement pourrait s’intensifier et s’étendre à davantage d’hôpitaux" affirme la présidente.

Pour l’heure, aucune perturbation n’est constatée dans les blocs opératoires puisque les Ibode grévistes peuvent être assignés "de manière à assurer un service minimum et une continuité des soins" explique Laurence Boulou.

"Notre profession n’a jamais été revalorisée"

Mais d’où vient la grogne des Ibode ? "Les infirmiers et infirmières de blocs ont en marre d’être totalement ignorés depuis des années" atteste Laurence Boulou. "Notre profession n’a jamais été revalorisée, même depuis que nous avons des actes exclusifs" poursuit-elle. "Et les mesures annoncées par la ministre de la Santé pour résoudre la crise des urgences accordent aux infirmiers des actes qui sont de notre fonction et touchent donc à notre domaine de compétence."

En effet, depuis 2015, les Ibode possèdent des actes exclusifs comme l’installation du patient, l’assistance chirurgicale, la mise en place de drain et les sutures cutanées ou sous-cutanées. Mais dans son plan qui vise à désengorger les services d’urgences pour répondre au mouvement de grève qui dure depuis mars 2019, la ministre Agnès Buzyn prévoit une mesure qui dérange les Ibode : des primes de 80 euros par mois pour les infirmiers des urgences qui s'engageront dans des protocoles de coopération leur permettant notamment de "faire des sutures". Une mesure vécue comme un "affront" et "une atteinte au champ de compétence" des 9.000 Ibode, s'est indigné le Snibo dans un communiqué.

Pénibilité, responsabilité et haute technicité

En parallèle, "la pénibilité au sein des blocs se fait sentir et nous voulons qu’elle soit reconnue" revendique Laurence Boulou. Elle demande notamment une nouvelle bonification indiciaire (NBI) de 140 euros par mois pour "exercice d’une responsabilité particulière et d’une haute technicité" tout en rappelant qu’un Ibode ne démarre qu’à 1.900 euros bruts par mois.

Et ce n’est pas tout : "depuis 15 ans, nous avons entrepris la réingénierie de notre formation" pour l'intégrer dans le dispositif LMD (licence - master - doctorat) souligne Laurence Boulou. Cette revendication n’a cependant toujours pas été prise en compte. Pour toutes ces raisons, "nous demandons un rendez-vous avec Madame Buzyn mais la ministre continue de nous ignorer". Pourtant, "les Ibode sont des acteurs fondamentaux de la santé, on ne doit pas les oublier" conclue la présidente du Snibo.

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