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Paralysie faciale : comment réagir ?

Un visage qui se paralyse, une difficulté à articuler, ça peut-être le signe d’un AVC mais aussi d'une paralysie faciale. Une pathologie loin d’être rare, excessivement stressante et qui conduit les patients à se présenter affolés aux urgences. Qu’est-ce qu'une paralysie faciale et comment réagir ? 

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Paralysie faciale : comment réagir ?

La  paralysie faciale  est la perte du fonctionnement de certains muscles du visage concernant, dans la grande majorité des cas, une moitié du visage ou hémi-face. Elle est due à une  lésion du nerf facial. Le nerf facial part du bas et de l’arrière du cerveau, traverse l’os situé derrière l'oreille, appelé rocher, et se ramifie au niveau du visage. Il a plusieurs fonctions : 

  • Commander les muscles de la face et le muscle de l’étrier (os de l’oreille).
  • Assurer la sensibilité d’une partie de l’oreille .
  • Assurer la perception du goût par la majeure partie de la langue.
  • Commander les sécrétions des glandes lacrymales, nasales et salivaires. 

Ces fonctions sont altérées lorsque le nerf facial est atteint sur son trajet et les symptômes varient selon le niveau de la lésion nerveuse. 

Plusieurs types de paralysie

La plus fréquente des paralysies est la paralysie périphérique, qui représente ¾ des paralysies. Dans ce cas, l’atteinte touche le nerf à sa sortie du cerveau. Le résultat est caractéristique : la paralysie touche la moitié du visage, sur toute sa hauteur, il en existe plusieurs sous-catégories.
La plus fréquente, est la paralysie de Bell, plus connue sous le nom de paralysie "a frigore" car on pensait, autrefois, quelle était provoquée par un coup de froid.

Le froid n’y est pour rien, la cause peut être infectieuse, liée à un virus comme l’herpès par exemple. Le nerf, attaqué par le virus, gonfle sous l’effet de l’inflammation et se retrouve comprimé. Cela peut avoir une origine traumatique (fracture du rocher, plaie de la glande parotide ou de la face, séquelles chirurgicales). La plupart du temps, on ne trouve aucune origine. On dit que la paralysie est idiopathique. 

Une lésion du nerf située plus haut dans le cerveau

Une paralysie centrale fait suite, la plupart du temps, à un AVC ou une tumeur par exemple. Le résultat n’est pas tout à fait le même que précédemment. La paralysie concerne essentiellement le bas du visage et elle est souvent associée à une hémiplégie, c’est-à-dire à une paralysie de la moitié du corps. 

La paralysie est une urgence absolue

Il faut consulter immédiatement car il va falloir, en cas de paralysie centrale, éliminer un AVC. Chaque minute compte pour limiter l’évolution de la pathologie et favoriser la récupération. 

La paralysie périphérique est aussi une urgence car le médecin va devoir éliminer toute atteinte herpétique invasive qui peut, par conduction, suivre le nerf et provoquer secondairement une méningite par exemple. 

En quoi consiste le traitement  ?

Le traitement n'est pas le même selon le caractère périphérique ou central de la paralysie... Cela va dépendre de l’étiologie de la paralysie faciale périphérique. Concernant les paralysies périphériques a frigore, le traitement repose sur la prise de corticoïdes et la gestion des complications possibles notamment oculaires. En effet, ne pas pouvoir fermer complétement son œil et ne pas pouvoir larmoyer correctement pour provoquer de graves infections à l’œil. Il faut donc clore/scotcher la paupière. 

Dans le cas d'une paralysie faciale a frigore dûe à une infection, le patient pourra en plus bénéficier d’un traitement antibiotique. 

Concernent les paralysies faciales centrales, le plus souvent la cause est un AVC, le traitement dépendra de si on est face à un AVC dit "ischémique" : un vaisseau qui s’est bouché ou si c’est un AVC hémorragique : un vaisseau qui s’est rompu. Quoiqu’il en soit le patient sera hospitalisé en Unité de Soins Intensifs de Neurologie. 

Récupération des patients   

  • Pour les paralysies périphériques, tout dépend de la cause mais dans le cas des causes dites curables (a frigore, otite…) la guérison s’observe en quelques semaines dans 90% des cas.
  • En cas de non récupération, le patient devra bénéficier de kinésithérapie puis si besoin, il pourra discuter avec son médecin de l’intérêt de traitements plus pointus comme de la chirurgie ou des injections de toxine botulique
  • Pour les paralysies faciales centrales, lors d’un AVC, la récupération est plus lente et moins fréquente. On estime qu’entre 15 à 30% pourront avoir des séquelles. La rééducation intensive est primordiale. 

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