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Cholestérol : des statines trop prescrites

Le "Guide des 4 000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux" épingle tout spécialement les statines, ces molécules distribuées à 3 millions de Français sans antécédent d'infarctus, à titre préventif, pour un coût annuel de près de 1 milliard d'euros par an. Les statines sont encore très prescrites, alors qu'un nombre croissant d'études en contesteraient le bénéfice. Alors à quoi servent-elles ? Faut-il les réserver à certains malades ?

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Cholestérol : des statines trop prescrites

- Reportage d'Eloïse Malet, Claire Ricard et Hervé Droguet, 17 septembre 2012 -

 

"Industrie et cardiologues ont délibérément créé une psychose collective mondiale autour de cette non-maladie" qu'est le cholestérol, estiment les auteurs du livre, le pneumologue Philippe Even et l'urologue et politicien Bernard Debré.

En France, "les statines sont distribuées au robinet par les cardiologues et généralistes" et neuf fois sur dix cette prescription est inutile, jugent-ils dans leur guide, malgré des "complications à doses élevées", principalement douleurs/faiblesses musculaires et atteintes hépatiques.

Le directeur de la revue médicale Prescrire, Bruno Toussaint, confirme à l'AFP : "A notre avis, il n'y a pas lieu d'utiliser des statines avant d'avoir un accident cardiovasculaire, alors qu'en pratique elles sont largement vendues" à titre préventif.

"En prévention primaire, chez les personnes qui n'ont pas eu d'accident cardiovasculaire, il n'y a aucune preuve que les statines changent vraiment quelque chose", souligne le responsable de cette revue sans publicité, connue pour évaluer de manière indépendante les médicaments.

En revanche, la situation est différente pour les gens qui ont déjà eu un infarctus du myocarde : "dans ces cas, manifestement une statine bien choisie, à la bonne dose, réduit légèrement la mortalité après quelques années" avec un gain d'environ 3 % sur la mortalité, ce qui "n'est pas une révolution, mais qui n'est pas rien non plus", selon M. Toussaint.

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