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Médecins généralistes : vers une consultation à 25 euros

Les syndicats de médecins libéraux et l’Assurance maladie s’engagent, ce mercredi 1er juin 2016, dans une nouvelle négociation autour de la future convention médicale fixant les honoraires des praticiens. Parmi les propositions discutées, le passage de la consultation du médecin généraliste à 25 euros.

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Entretien avec le Dr Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF

Parmi les pistes de négociations autour de la future convention médicale avec les syndicats de médecins libéraux, ce mercredi 1er juin 2016, l’Assurance maladie propose de revaloriser de 2 euros le prix de la consultation de base des médecins généralistes. Elle passerait ainsi de 23 à 25 euros, selon un document consulté par l’AFP.

"Nous ne considérons pas cette proposition comme une mesure de revalorisation mais comme une simple mesure de rattrapage", précise le Dr Claude Leicher, président du syndicat des médecins généralistes de France (MG France). "Nous demandons simplement une équité de traitement entre les différentes spécialités". (1)

Revaloriser le travail des médecins généralistes pour générer des économies

Du fait du vieillissement de la population les médecins généralistes prennent de plus en plus en charge des patients âgés polypathologiques au cabinet et à domicile. "Ces consultations sont plus longues et nécessitent en aval, un travail très conséquent soit plus d'une à deux heures par jour pour faire la synthèse de ces dossiers compliqués", explique le Dr Claude Leicher. Le médecin généraliste se trouve au cœur de la coordination du parcours de soins du patient. "Dialoguer avec les confrères et la famille, lire et écrire des comptes rendus pour coordonner au mieux les soins prend du temps", explique-t-il, "c'est pourquoi nous demandons une revalorisation de ces consultations au tarif de 30 euros".

L’Assurance maladie précise pourtant que l'instauration d'un "tarif sensiblement majoré pour les consultations longues et complexes" ne sera pas compatible avec la revalorisation du prix de la consultation de base. Un "équilibre global" financier doit être trouvé pour toutes les mesures que comprendra le texte explique-t-elle.

"La position de l’Assurance maladie qui refuse de revaloriser les consultations complexes est incohérente", relève le Dr Claude Leicher, "on ne peut pas demander un virage ambulatoire sans donner les moyens financiers à la médecine générale". En effet, ce sont les généralistes qui permettent le maintien et le suivi des personnes âgées ou des malades à domicile après une intervention, par exemple, pour éviter les frais d’une hospitalisation trop longue.

"Au final cet investissement pourrait engendrer des économies", poursuit Claude Leicher, "un généraliste visitant à domicile un patient atteint à la fois d’un Parkinson, d’une insuffisance cardiaque, d'un diabète va gérer trois à quatre problèmes à la fois en 30 à 45 minutes, évitant ainsi la multiplication des visites de suivi simple chez les spécialistes". Le syndicat MG-France demande en conséquence une revalorisation du prix de la visite à domicile des patients polypathologiques à 56 euros au lieu de 30.

(1) La médecine générale est considérée depuis 2007 comme une spécialité, les généralistes effectuant un internat.

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