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Manger moins gras pour être moins déprimé

Une alimentation très grasse rend les souris déprimées et anxieuses, selon une étude américaine. Les bactéries intestinales, dérégulées par le gras, pourraient donc avoir un impact sur le cerveau, indépendamment même de la prise de poids.

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Manger moins gras pour être moins déprimé
Manger moins gras pour être moins déprimé

En plus de faire grossir, le gras pourrait aussi rendre anxieux et déprimé… En tout cas chez la souris, selon une étude américaine de l'université de Louisiane. Les chercheurs ont transplanté la flore intestinale de souris obèses, nourries au gras et dont les bactéries intestinales sont modifiées, à des rongeurs sains. Après l'opération, ces derniers sont devenus plus anxieux qu'avant. Ils ont aussi développé des troubles de la mémoire et un comportement répétitif et monotone.

Par ailleurs, les chercheurs, dont les travaux sont publiés dans la revue Biological Psychiatry, ont constaté que ces souris présentaient une inflammation de l'intestin … et du cerveau ! Or de récentes études établissent une relation entre inflammation cérébrale et épisode dépressif.

Le ventre, deuxième cerveau ?

Si le lien entre obésité et anxiété émerge de plus en plus, c'est la première fois que le rôle du gras est mis ainsi en évidence, indépendamment du poids. Car, si elles possédaient une flore intestinale modifiée, les souris n'étaient pas pour autant obèses. Pour les chercheurs, le gras perturberait la symbiose naturelle établie dans l'intestin entre l'homme et ses bactéries. Un dérèglement qui pourrait atteindre le cerveau.

Les études sur le rôle du microbiote intestinal fleurissent ces dernières années. Alors que certains parlent déjà de "deuxième cerveau", les recherches animales montrent que l'intestin peut influencer la condition mentale. Et vice-versa…

Si les résultats restent à démontrer chez l'homme, les auteurs de l'étude se projettent déjà : "un régime différent ou un traitement par manipulation de la flore pourrait atténuer les complications neurologiques de l'obésité".

 

Source : Obese-type Gut Microbiota Induce Neurobehavioral Changes in the Absence of Obesity. A. Bruce-Keller et al. Biological Psychiatry, avril 2015. doi: 10.1016/j.biopsych.2014.

 

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