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Une piste sérieuse pour traiter l'intolérance au gluten ?

Une équipe internationale, coordonnée par de chercheurs français, pourraient avoir trouvé une solution pour traiter la maladie cœliaque, pathologie incurable jusqu'alors. La protéine humaine elafin, protégeant la muqueuse digestive, serait présente en quantité moindre chez les intolérants au gluten et augmenterait la protection intestinale chez les souris, d'après leurs travaux encore en phase expérimentale. Cette découverte, dont les détails ont été publiés le 8 avril dans l'American Journal of Gastroenterology, constitue une voie de recherche prometteuse pour améliorer la qualité de vie des malades.

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Une piste sérieuse pour traiter l'intolérance au gluten ?
Une piste sérieuse pour traiter l'intolérance au gluten ?

L'elafin, une molécule qui protège la muqueuse intestinale

Une équipe internationale, coordonnée par de chercheurs de l'Inra et de l'Inserm, ont découvert qu'une protéine du nom d'élafin, présente de façon naturelle dans l'organisme humain, est présente en plus faible concentration dans l'intestin des intolérants au gluten.

Les personnes atteintes de la maladie cœliaque (intolérance au gluten) ne possèdent pas les enzymes nécessaires pour dégrader entièrement le gluten au cours de la digestion. Les composés de cette dégradation incomplète vont déclencher, au niveau de leur intestin, une réaction inflammatoire.

Cette molécule pourrait avoir un intérêt déterminant pour traiter la maladie cœliaque, d'après l'étude publiée dans l'American Journal of Gastroenterology. Les farines avec du gluten (blé, seigle, orge) contiennent des peptides toxiques pour la muqueuse intestinale.

Chez les personnes atteintes de maladie cœliaque, l'ingestion de ces peptides déclenche une réaction enzymatique impliquant l'enzyme transglutaminase 2, responsable d'une inflammation de l'intestin et d'une toxicité digestive.

Les chercheurs ont montré l'intérêt de l'elafin dans la diminution de la toxicité digestive en interagissant avec l'enzyme transglutaminase 2. En administrant de l'elafin chez des souris, ils ont pu observé que cette molécule protège de la muqueuse intestinale lésée par le gluten.

Un régime sans gluten contraignant et à vie

La maladie cœliaque est la cause la plus fréquente de diarrhée par malabsorption. Elle touche entre 1/100 à 1/200 personnes en Europe et aux Etats-Unis.

L'élafine inhibe l'action de certains enzymes (les serine protéase) qui ont notamment(1) pour fonction de briser des chaînes moléculaires produites par le système immunitaire pour les rendre actives. Si elle était libérée au niveau de l'intestin, l'élafine empêcherait apparemment certains agents immunitaires de devenir actifs. Elle entraverait ainsi une partie des phénomènes inflammatoires impliqués dans la maladie coeliaque.

Aucun traitement médical n'existe à l'heure actuelle pour éradiquer la maladie cœliaque. Seul un régime sans gluten strict permet de stopper les symptômes (tels que les diarrhées ou les maux de ventre) et d'éviter l'aggravation des dommages causés sur la muqueuse intestinale.

Un régime mal suivi peut en effet évoluer vers un lymphome invasif, une cause certes rare mais grave. Ce régime contraignant est d'autant plus difficile à mettre en place quand on sait que le gluten se cache dans beaucoup de produits alimentaires, pharmaceutiques et cosmétiques.

Cette découverte encore en phase expérimentale pourrait être un espoir dans le développement d'un traitement visant à protéger la muqueuse intestinale des personnes atteintes de maladie cœliaque afin d'améliorer leur qualité de vie.

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(1) L'élafine "inhibe des protéases très spécifiques : l'élastase et la proteinase-3", nous détaille Nathalie Vergnolle, co-auteur des travaux. "L'élastase est une enzyme de la digestion, mais la digestion ne se déroule pas là où les bactéries recombinantes produisent l'élafine. La digestion a lieu beaucoup plus haut dans le tube digestif et les bactéries lactiques se logent dans le colon (partie distale), là ou la digestion n'a pas lieu. Les risques que trop d'élafine soit présente au site de la digestion sont donc minimes." Selon Philippe Langela, également membre de l'équipe de recherche, "aux doses délivrées, [l'élafine ne perturbe] l'équilibre de la digestion".

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