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Coronavirus : l’abstention du 1er tour des municipales a-t-elle sauvé des vies ?

Le taux de participation historiquement bas du 1er tour des élections municipales aurait permis d’épargner plus de 5.000 vies parmi les plus de 60 ans, selon des économistes français.

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Coronavirus : l’abstention du 1er tour des municipales a-t-elle sauvé des vies ?
Image d'illustration. Crédits Photo : © Shutterstock / FreeProd33

Les abstentionnistes du 1er tour des élections municipales le 15 mars dernier ont peut-être participé à sauver des vies. C’est la conclusion de chercheurs en économie de l’université de Clermont-Ferrand, qui diffusent une prépublication – pas encore validée par leurs pairs – sur le site de l’IZA, un institut d'économie allemand.

Selon ces experts, le taux record de 55,34% d’abstention enregistré pour ces élections aurait épargné plusieurs milliers de vie en limitant la propagation du coronavirus.

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5.335 décès supplémentaires avec 20% de votants en plus

Pour réaliser cette étude, les chercheurs se sont appuyés sur le Fichier des décès publiés tous les mois par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et ont comparé le taux de participation aux élections et la surmortalité chez les plus de 60 ans sur les cinq semaines qui ont suivi l’élection.

Ils ont ensuite réalisé des estimations pour calculer cette surmortalité si le taux d’abstention avait été similaire à celui de 2014. Ce dernier était de 36,5%, soit près de 20 points de moins que celui de 2020.

Résultat : avec une participation similaire à celle de 2014, le nombre total de décès chez les 60 ans et plus entre le 18 mars et le 21 avril aurait été supérieur de 21,8%, soit 5.335 décès supplémentaires sur cette période. "Les personnes âgées de 80 ans et plus auraient représenté environ 78 % de ces décès" précisent les chercheurs.

Réunion pré-électorale ou scrutin lui-même ?

Cette étude comporte plusieurs limites, que des analyses supplémentaires pourraient écarter. Tout d’abord, les chiffres ne s’appuient que sur 33.694 des 34.747 communes françaises, ce qui ne représente que 62 % de la population française.

Première raison : ces communes sont celles qui n’abritent pas d’hôpital, car les chiffres de l’Insee sur lesquels s’appuient les chercheurs comptent les décès qui ont eu lieu à domicile ou dans des maisons de retraites, mais pas dans les hôpitaux.

Deuxième raison : toutes les communes où un seul candidat se présentaient ont été exclues car "une concurrence locale plus intense peut augmenter le taux de participation, tandis qu'un nombre de candidats égal au nombre de sièges à pourvoir peut clairement décourager les électeurs, qui perçoivent qu'ils n'ont que peu ou pas de rôle à jouer" notent les chercheurs dans leur étude.

Enfin, les chercheurs précisent que leurs résultats prennent en compte à la fois la diffusion du virus pendant les réunions électorales antérieures au scrutin et au cours des contacts sociaux le jour-même du vote. Deux mécanismes distincts que leur approche ne permet pas de démêler.

Mais que le virus se soit propagé pendant les réunions pré-électorales ou dans les bureaux de vote, le message des économistes est clair : "les gouvernements européens devraient être prudents quant au maintien des élections locales ou nationales dans les prochains mois au cas où les épidémies de COVID-19 reprendraient de l'ampleur" concluent-ils dans leur publication.

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