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Incontinence urinaire des femmes : ce n'est pas une fatalité !

L'incontinence urinaire touche 3 millions de personnes en France, majoritairement des femmes. Aujourd'hui, il existe des solutions médicales ou chirurgicales pour soigner cette maladie qui reste encore trop souvent taboue.

Dr Charlotte Tourmente
Rédigé le , mis à jour le

"L'insuffisance urinaire concerne plus de 3 millions de personnes et elle est un peu plus fréquent chez la femme, précise le Dr Phé, urologue et responsable du comité de neuro-urologie pour l'Association Française d'Urologie. Elle peut toucher tout le monde, enfant, adolescent, adulte et sa fréquence augmente avec l'âge."

Deux types d'insuffisance urinaire

L'incontinence peut survenir à l'effort et provoque des pertes involontaires d'urines, quand on tousse, éternue, rit, ou que l'on fait du sport ou un effort. L'insuffisance urinaire par hyperactivité de la vessie est caractérisée par des besoins impérieux d'uriner, ce que l'on appelle des urgenturies.

"Elle est plus fréquente que la migraine, précise le Dr Phé. L'impact sur la vie quotidienne est plus important que celui engendré par le diabète et l'hypertension !"

Comment prendre soin de son périnée ?

La vie quotidienne fourmille de situations susceptibles de favoriser une incontinence urinaire et sur lesquelles on peut agir.

  • Rééducation du post-partum

"Pour l'incontinence d'effort, le gros facteur de risque est la grossesse et l'accouchement, rappelle l'urologue. La rééducation du postpartum est fondamentale et doit être systématique même si l'on n'a pas de fuite et elle doit être pratiquée par une sage-femme ou un kinésithérapeute. La technique de rééducation manuelle est primordiale, la sonde d'électrostimulation pouvant être utilisée en complément."

En complément de la rééducation, il est important de faire des exercices à la maison, à raison de 5 minutes par jour et cela permet de réduire certains risques.

L'entretien des muscles du périnée est intéressant pour tous les femmes, accouchement ou pas, pour le préserver. Il s'agit alors de le contracter dans les situations à risque, comme le port de charges lourdes.

  • La pratique du sport

Les sports peuvent aussi favoriser l'incontinence par effort et certains, comme les sports d'impact, sont plus à risque que d'autres. "Ce n'est pas la peine de s'interdire la pratique de tel sport parce qu'il est à risque, rassure le Dr Phé.

Si on abandonne ce sport, on risque de prendre du poids, ce qui n'est pas bon pour le périnée ! On fait donc ce que l'on aime faire mais en toute sécurité, avec les bons réflexes pour le périnée. " Quitte à (re)faire quelques séances auprès d'un kinésithérapeute pour les apprendre.

  • Mode d'emploi pour les plus jeunes

Concernant l'incontinence par urgenturie, il est conseillé de réduire la consommation de boissons excitantes comme le thé et le café (réduire le nombre de tasses), et de réduire le soir réduire les apports de liquide pour éviter de se lever la nuit.

La prévention commence dès le plus jeune âge. "Il faut pas se retenir pour uriner mais cela commence tôt à l'école à cause de l'hygiène des écoles, déplore le Dr Phé. Les petites filles se retiennent et elles font pipi debout pour ne pas toucher la cuvette : mais elles ne sont pas détendues debout et elles poussent sur le périnée."

Elles prennent alors de mauvaises habitudes, nocives pour le périnée et il est donc important de leur enseigner comment prendre soin de leur vessie et de leur périnée.

Quand consulter ?

"Pour l'incontinence urinaire à l'effort, il faut consulter dès qu'il y a une gêne, recommande le Dr Phé. On peut en parler à son généraliste ou d'emblée à un urologue, qui connait les nombreuses prises en charges médicales et chirurgicales. En cas d'incontinence très importante où on ne retient plus rien, il faut absolument consulter tout de suite car il peut s'agir d'une fistule."

La spécialiste conseille pour l'incontinence urinaire par hyperactivité de systématiquement consulter car cela peut être révélateur d'une autre pathologie, comme des cystites par exemple, ou une maladie neurologique telle que la sclérose en plaques.

De nombreux freins empêchent encore de consulter : la maladie est taboue, le sentiment de honte est souvent présent et le regard des autres empêche d'en parler à un médecin. "Quand une femme a des fuites, elle se sent vieille, elle n'ose pas en parler et elle reste comme ça toute sa vie, confie le Dr Phé. Or il y a des solutions et des traitements !"

Un message très rassurant qui souligne l'importance de consulter pour retrouver une meilleure qualité de vie...

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