Un nouveau test rapide pour détecter les variants de la Covid-19

Alors que les variants de la Covid-19, plus contagieux, sont de plus en plus présents en France, un laboratoire a mis au point une technique rapide pour mieux les détecter.

La rédaction d'AlloDocteurs
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Rédigé le , mis à jour le

Les variants de la Covid-19 sont de plus en plus présents dans l’Hexagone, notamment en région parisienne.

"On était plutôt aux alentours de 6% le 7 janvier et on est monté à 15-20% la semaine dernière. C'est une croissance exponentielle", a indiqué Rémi Salomon, président de la commission médicale de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, mardi 2 février sur Franceinfo. 

Repérer des mutations du variant

Pour mieux identifier les variants britannique, sud-africain et brésilien, un laboratoire a mis au point une technique rapide, dite PCR de criblage. Il s’agit de repérer sur des tests positifs à la Covid-19 des mutations caractéristiques du variant. 

« Le criblage c’est ni plus ni moins que la même réaction d’amplification que celle qui est utilisée pour le dépistage. La différence va résider dans le fait qu’on ne cherche pas des séquences qui sont communes au coronavirus, on va aller chercher spécifiquement des zones du génome qui sont des zones qui portent les mutations et ce sont ces mutations que nous allons amplifier de manière très spécifique », explique François Cornu, président du laboratoire Eurofins Biomnis.  

Une détection en quelques heures

Grâce à cette technique de criblage, la détection du variant britannique se fait en quelques heures. Une rapidité essentielle pour analyser la progression du variant sur le territoire. Jusqu’à très récemment, seule une méthode beaucoup plus longue, le séquençage, était utilisée pour rechercher les variations du virus.  

« Le processus analytique tout compris depuis l’arrivée de l’échantillon jusqu’au rendu de résultat va prendre en moyenne neuf heures, alors qu’un séquençage c’est un outil différent, là on ne cherche pas des zones spécifiques, on lit l’ensemble du message génétique du virus, on établit sa carte d’identité, et cette carte d’identité est plus longue à réaliser puisqu’il faut en moyenne entre 5 et 7 jours pour procéder au séquençage », détaille François Cornu, président du laboratoire Eurofins Biomnis.  

Deux méthodes complémentaires

Si le développement de cette nouvelle technique est une bonne nouvelle, cela ne signifie pas qu’il faut arrêter le séquençage du virus. Les deux méthodes sont complémentaires pour analyser la progression des mutations connues et détecter d’éventuels nouveaux variants. 

« La problématique c’est que les variants n’arrêtent pas d’évoluer et que ça va nécessiter que les PCR s’adaptent en permanence et ce n’est pas très facile d’adapter les PCR. Le séquençage ne nécessite absolument pas d’avoir une connaissance au préalable des mutations, et donc si de nouvelles émergent et bien on pourra les trouver », explique le Dr Christophe Rodriguez, virologue.

Connaître la carte d’identité des variants pourrait permettre d’adapter les vaccins à ces mutations. Une base de données mondiale a été créée pour mettre en commun toutes les connaissances sur le sujet.