Tchat : AVC

Tchat du 6 décembre 2011 de 15h à 16h : Les réponses du Pr. Mathieu Zuber, neurologue, et de Karine Delacour, orthophoniste

La rédaction d'Allo Docteurs

Par La rédaction d'Allo Docteurs

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Les réponses du Pr. Mathieu Zuber, neurologue

L'angiome caverneux est une cause d'AVC hémorragique. En vous opérant, on a retiré la cause de saignement, donc a priori vous êtes guéri.

Il n'y a pas de relation évidente, mais il faut tout de même vérifier qu'il n'y a pas d'hypertension artérielle importante.

Votre mal de tête n'a rien à voir avec un AVC. Peut-être s'agit-il d'une migraine, ou d'un problème d'hypertension artérielle : demandez un avis médical pour le diagnostic et être soulagé.

Hémiplégie, aphasie, vision double ou amputée d'un côté, troubles sensitifs d'un côté, troubles de l'équilibre.

Non si cela se répète toujours de la même façon, et arrive dans des circonstances particulières (stress). Sinon, décrivez les symptômes plus complètement à un médecin.

Je ne pense pas que ces signes indiquent un AVC (leur caractère bilatéral est rassurant). Ceci dit, il est sans doute possible de vous aider : n'hésitez pas à consulter.

Oui, on est encore tôt après un AVC. On peut encore récupérer 6 mois plus tard.

Oui, l'atteinte des veines est une cause d'AVC rare, mais c'est possible.

On ne connait pas bien la relation entre stress, énervement et AVC. Ceci dit, ces coups de colère peuvent favoriser l'hypertension artérielle, elle-même facteur de risque, donc lien indirect non exclu.

Non si, en plus, vous ne fumez pas et ne prenez pas la pilule.

Non, pas de relation.

La dissection de l'artère carotide est une cause d'AVC du sujet jeune. On vous a sans doute donné un traitement anticoagulant pour quelques mois : c'est précisément pour vous protéger d'un AVC.

Cela n'est fait que dans des cas très particuliers. En règle générale, non (risque de saignement trop important).

Malheureusement, aucun traitement n'est efficace à 100 %. Votre père avait un très bon traitement de prévention.

On prescrit très souvent de l'aspirine, parfois du clopidogrel (Plavix®), parfois des anticoagulants.

La plaque ne bougera sans doute pas, mais va être plus solide avec le temps, ce qui diminue le risque d'AVC.

Je ne vois pas de relation claire. Des acouphènes (les sifflements que vous décrivez) peuvent apparaitre dans beaucoup de circonstances de la vie.

Je pense que vous devriez décrire plus complètement ces symptômes à votre médecin.

Non, un angiome veineux n'est qu'une particularité, sans risque d'hémorragie.

Je comprends votre question mais je pense que vous devez faire confiance aux médecins car ce traitement hormonal est important pour vous. Je pense qu'on vous proposera de surveiller votre sténose par dopplers sous votre traitement.

Non, sûrement pas. Dans l'immense majorité des cas, il n'y a pas de facteur familial.

Bonne hygiène de vie (pas de tabac, peu d'alcool), traiter bien sûr un éventuel diabète et surtout contrôler que l'on n'a pas d'hypertension artérielle (une fois par an).

Votre père souffre d'une hémiplégie accompagnée par une héminégligence (le fait qu'il oublie son côté gauche). À deux semaines post-AVC, il doit être pris en charge en rééducation. En attendant, il devrait être pris en charge au sein de l'hôpital par les kinésithérapeutes, orthophonistes, ergothérapeutes. Vous pouvez l'aider en le stimulant du côté gauche (placez-vous à sa gauche, demandez qu'il vous regarde, montrez lui son bras gauche, etc).

Théoriquement non. Mais les symptômes peuvent disparaître rapidement (quelques dizaines de minutes) et laisser une trace à l'IRM : on parle d'AVC rapidement régressif plus que d'AIT...

Difficile mais des possibilités de réadaptation à certaines tâches de la vie quotidienne.

Il est possible qu'un cancer modifie la coagulation et favorise un AVC : donc rapport possible.

Si pas d'autre cas dans la famille, il n'y a pas de risque particulier.

On peut vivre avec une artère totalement bouchée, même une carotide, si la carotide de l'autre côté arrive à bien reprendre en charge le cerveau.

Je vous conseille de consulter si ce symptôme se reproduit.

La fatigue est un symptôme fréquent après un AVC, mal connu et mal reconnu. Il n'y a pas vraiment de traitement. Il est nécessaire de respecter des temps de repos pour récupérer.

Non, sauf si cela provoque une poussée d'hypertension extrême.

Vous n'avez pas tort : on pense que c'est pour des raisons de dominance du flux artériel : l'hémisphère cérébral gauche (qui commande la droite chez le droitier) porte plus de fonctions donc il appelle plus de sang, d'où le fait que les caillots partent plus volontiers vers ce côté.

Non, il s'agit d'autre chose.

Il y a des auras migraineuses sans céphalées, des crises épileptiques partielles, et d'autres causes encore : je vous conseille de consulter.

Une rééducation appropriée peut toujours (même longtemps après l'AVC) améliorer les gestes fins comme ceux de l'écriture.

Non, mais il s'agit le plus souvent de céphalées diffuses.

Il faut faire la prévention dont on a parlé (surveillance d'hypertension artérielle notamment).

Si c'est lumineux, ce n'est sûrement pas un AVC : sans doute une aura de migraine.

Non, voir si vous ne faites pas de l'hypotension.

Non car signe bilatéral.

Presque toujours, oui : les IRM modernes sont très sensibles.

Quelques années après, votre risque d'AVC lié à l'AIT éventuel est retombé. Mais pensez à vos facteurs de risque... (HTA, tabac,...)

Non pas forcément.

Non, pas de rapport entre les deux maladies.

Pas de rapport entre les deux.

Malheureusement non, cela ne veut pas dire grand chose.

Pas de rapport. J'imagine qu'on surveille que votre autre artère vertébrale fonctionne bien.

Oui, mais c'est très rare. Les pouvoirs publics s'en occupent actuellement spécifiquement.

Les réponses de Karine Delacour, orthophoniste

Oui tout à fait. La question est à l'étude en effet. Il est tout de même intéressant de proposer une prise en charge spécifique pour les troubles du langage d'origine neurologique, ce qui demande des connaissances spécialisées en la matière.

Il y a indéniablement une récupération spontanée des troubles du langage dans les premiers jours après l'AVC mais la rééducation renforce cette récupération. Elle me semble donc primordiale et d'autant plus indispensable que les troubles sont importants. Elle doit dans ce cas intervenir le plus tôt possible après l'AVC pour être le plus bénéfique possible.

Il ne s'agit pas d'une formation à deux vitesses, mais de proposer une prise en charge la plus appropriée possible pour des troubles spécifiques. Il est important que le maximum d'orthophonistes accèdent à ce master.

Oui en effet ce serait absolument regrettable que cette prise en charge soit "réservée" à quelques "élus".

Après votre AVC, vous avez dû faire un bilan vasculaire qui en a déterminé les causes. C'est en fonction de cela que le médecin pourra vous dire quels sont les risques de récidive.

Tout à fait ! La prise en charge sera d'autant plus efficace que les orthophonistes seront nombreuses à être formées grâce au master. Rappelons donc la pétition Master 2 pour tous les orthophonistes (sur mesopinions), pour que tous les patients gardent la meilleure prise en charge possible avec un accès facile aux soins. J'y suis tout à fait favorable et je l'ai déjà signée en effet !

De quand date l'AVC de votre mari ? A-t-il bénéficié d'une rééducation orthophonique ? Et aujourd'hui encore ? Cette paralysie le gêne-t-il pour parler ? Pour déglutir ? Si c'est le cas, en effet il serait souhaitable qu'il soit pris en charge en orthophonie.

Il serait bien d'en parler à votre médecin et de prévoir un bilan auprès d'un neurologue.

Il serait peut-être intéressant de proposer un travail de motricité fine avec un ergothérapeute.

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L’accident vasculaire correspond à un arrêt brutal de la circulation sanguine au niveau du cerveau. Les AVC sont la plupart du temps dus à un caillot dans l’artère ou à une hémorragie, sorte de rupture des parois du vaisseau. Chaque année en France, 130 000 personnes sont victimes d’un accident vasculaire cérébral et près de 50 000 en meurent. Leur gravité dépend, bien sûr, de la localisation et de l'étendue des lésions cérébrales. Les conséquences sont, en général, immédiates et se traduisent par un déficit neurologique, moteur ou sensitif ou par une perte de mémoire ou de la parole.

Une meilleure connaissance des signaux d’alerte de ces accidents et des premiers symptômes favorisant leur survenue permettrait de sauver des milliers de vie chaque année. Ces AVC sont en effet pour près d’un tiers précédés d’accidents transitoires dont les symptômes sont brefs mais trop souvent négligés, ils doivent pourtant amener à consulter. Quels sont les principaux facteurs de risque, les moyens de prévention, les signaux d'alerte ? Quels sont également les traitements et les dernières découvertes ?

 

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