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Recherche : et si le venin soulageait nos douleurs ?

Des araignées aux reptiles, les espèces venimeuses ne manquent pas, on en compte plus de 170.000. Si pour tout un chacun le venin est un mot qui fait peur, pour les chercheurs en revanche, le venin est une source prometteuse de nouveaux médicaments, notamment pour traiter la douleur. Explications.

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Recherche : et si le venin soulageait nos douleurs ?

La douleur est subjective et toujours désagréable. Ces dernières années, elle est devenue un enjeu de santé publique. La douleur fait l'objet de nombreuses recherches afin d'en comprendre les mécanismes et d'élaborer de nouveaux traitements, avec un seul objectif : la douleur ne doit plus être une fatalité.

Bandy-bandy, mygale, serpent corail, scorpion… ces dangereux prédateurs ont tous un point commun : leur venin. Lors d'une attaque, cette substance toxique leur permet de paralyser, voire de tuer leur proie. Un fluide redoutable qui intéresse de très près les scientifiques.

Les venins de plus de 70 espèces différentes sont décortiqués dans des laboratoires. Objectif : percer leur mystère pour transformer le poison en médicament contre la douleur par exemple.

Le venin du mamba noir est extrêmement dangereux. Une seule morsure peut provoquer la mort d'un homme en une quinzaine de minutes. "Le venin contient environ 500 molécules différentes et chaque molécule a une activité biologique", explique Rémy Beroud, président de Smartox biotechnology, "certaines molécules vont entraîner la paralysie, d'autres vont agir et tuer certaines cellules. L'idée est donc de déterminer son action biologique pour ensuite détourner cet effet négatif du venin et le transformer en positif et donc lutter contre la douleur".

Le venin est d'abord introduit dans une machine capable de séparer les différentes molécules. Les chercheurs peuvent ainsi tester l'efficacité de chacune contre la douleur. Un premier test évalue l'action du venin sur une sensation de brûlure. Après avoir reçu une fraction de molécule de venin, une souris est déposée sur une plaque chauffante. Les chercheurs mesurent alors le temps que la souris va mettre à réagir à l'inconfort provoqué par la plaque. Lorsque la souris commence à lever et se lécher les pattes pour les refroidir, la plaque est éteinte. Les chercheurs ont ainsi pu observer que les molécules contenues dans le venin avaient une activité anti-douleur. Un autre test sous microscope permet lui d'identifier des molécules de venin capables de bloquer la transmission du message douloureux.

Une fois qu'une molécule anti-douleur a été identifiée grâce aux tests, il faut ensuite la décortiquer pour en connaître sa composition exacte, sa carte d'identité. Présentes de manière infime dans le venin, ces informations sont en effet essentielles pour pouvoir reproduire la molécule en plus grande quantité et approfondir les recherches.

Ils ont beau avoir mauvaise réputation, les animaux venimeux pourraient donc bientôt calmer nos douleurs. Plusieurs molécules ont déjà été trouvées par les laboratoires mais il faudra encore de nombreuses années de recherches avant les premiers tests chez l'homme et le développement de nouveaux traitements contre la douleur.

Tous les venins représentent un eldorado pour la recherche et le traitement de la douleur en milieu hospitalier ou en soins palliatifs.

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