Intoxication au gaz hilarant : le nombre de cas graves a triplé en un an

La consommation de gaz hilarant, en forte augmentation en France en 2021, inquiète les autorités. Selon l’Agence du médicament, les signalements liés à son usage ont plus que doublé en un an et les complications se multiplient.

Mathieu Pourvendier avec AFP
Rédigé le , mis à jour le
Une forte hausse des intoxications au protoxyde d'azote
Une forte hausse des intoxications au protoxyde d'azote  —  Le Mag de la Santé - France 5


La popularité du gaz hilarant ne cesse de croître chez les jeunes. Ce qui a de quoi inquiéter les autorités. L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) s’alarme en effet, mercredi 18 janvier, de la forte augmentation de la consommation en 2021 de protoxyde d’azote ou "gaz hilarant". Les doses absorbées seraient de plus en plus fortes et cela conduirait à une hausse des cas graves, affirme-t-elle. 

"Un sujet de préoccupation de santé publique"

La pratique pointée du doigt est l'usage détourné à visée récréative du protoxyde d'azote culinaire. "C'est un sujet de préoccupation de santé publique important", s'inquiète Christelle Ratignier-Carbonneil, directrice générale de l'ANSM.      

Selon l'agence, en 2021, 472 "signalements" d'utilisation ont été rapportés par les professionnels de santé contre 254 en 2020, soit près de deux fois plus.

Dans ce contexte, l'ANSM a édité un document à destination des professionnels de santé pour les aider à identifier les symptômes évocateurs d’une intoxication au protoxyde d'azote et à prendre en charge une personne en situation d'intoxication.      

Complications neurologiques et cardiovasculaires

Ce qui inquiète l'agence, c'est que la consommation de protoxyde d'azote présente de graves risques pour la santé. Elle peut en effet avoir des conséquences neurologiques graves, durables et conduire à une hospitalisation, en particulier chez les consommateurs réguliers. 

En 2021, les complications neurologiques restent les complications les plus rapportées : elles sont présentes dans 80% des cas (contre 70% en 2020). De nouvelles complications cardiovasculaires ont aussi été signalées. De plus, le nombre de cas graves rapportés est, à ce titre, aussi en augmentation : il a été multiplié par plus de trois, passant de 82 en 2020 à 265 en 2021.      

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48 bouteilles en une soirée

Autre phénomène inquiétant, la consommation de ce gaz "devient chronique", note Mme Ratignier-Carbonneil. En effet, la consommation est quotidienne dans près de la moitié des cas rapportés (47% des cas renseignés) contre 34% en 2020.   

En outre, les doses sont toujours plus élevées : désormais les bouteilles/bonbonnes, dont le calibre équivaut à environ 100 cartouches, représentent la majorité des formes consommées (71,6%) et les consommations peuvent aller jusqu'à 24 bouteilles par jour et 48 bouteilles en une soirée.

La proportion de consommateurs mineurs s'est, elle, stabilisée (11,2% contre 13,4% en 2020). Une loi adoptée en mai 2021 a interdit la vente du protoxyde d'azote aux moins de 18 ans et sa commercialisation dans les débits de boissons et tabacs.

Enfin, les consommateurs restent jeunes (22 ans en moyenne) et masculins à 58% (contre 69% en 2020).

Protoxyde d'azote : un gaz hilarant... et dangereux  —  Le Mag de la Santé - France 5

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