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GPA : l'histoire de Jean-Raphaël et Samuel, pères de Valentin

Chaque année, près de 500 enfants naîtraient à l'issue d'une GPA (gestation pour autrui). La pratique est interdite en France mais certains couples font appel à des mères porteuses étrangères. C'est le cas de Jean-Raphaël et Samuel, parents de Valentin.

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GPA : l'histoire de Jean-Raphaël et Samuel, pères de Valentin

Jean-Raphaël et Samuel sont deux papas heureux. Valentin est né au mois d'août d'une GPA, même si au départ, ils étaient contre cette technique. Jean–Raphaël explique : "Au début, on avait que les images véhiculées dans les médias, avec des conditions inacceptables pour les femmes. Au début, ce n’était pas une option. Et puis, on a découvert le Canada".

Au Canada, les femmes ne sont pas rémunérées. Le couple rencontre Angie, la future mère porteuse. Pendant neuf mois, ils suivent sa grossesse à distance. Jean-Raphaël et Samuel ont tous les deux fait un don de gamètes. Mais ils ne veulent pas savoir qui est le père biologique. Ils se souviennent avec émotion du jour de l'accouchement. "Ils ont posé Valentin sur nous. C’était un moment unique, explique Samuel. Un moment de joie, de bonheur, de peur aussi car ce n’était pas évident. On ne s’y connaissait pas avant en accouchement, c’est mon plus beau souvenir je pense". Jean-Raphaël ajoute : "C’est le moment où notre vie bascule. On a la responsabilité de s’occuper de Valentin, de l’aimer et de créer un environnement qui soit serein et plein d’amour. On l’a aimé tout de suite. Je me suis dit tout de suite c’est mon fils".

Valentin a aujourd'hui 5 mois. Jean-Raphaël et Samuel parlent toutes les semaines avec Angie, la mère porteuse. Ils la tiennent au courant de tous ses progrès. Pour l’ensemble de la GPA, les pères ont déboursé 150.000 euros en frais médicaux et en déplacements. Mais Angie n’a pas touché un centime. Elle a agi par conviction. "Etre mère porteuse, ce n’est pas comme si vous portiez votre propre bébé. Quand le bébé est né, voir l’expression sur leur visage, c’est la raison pour laquelle j’ai fait ça. Donc ça n’est pas un déchirement. La GPA c’est juste une autre façon de faire une famille, ce n’est pas victimiser les femmes. Le gouvernement ne choisit pas pour moi. Je fais ce que je veux de mon corps".

Mariés au Canada, Jean-Raphaël et Samuel sont officiellement reconnus comme les pères de Valentin. Mais une fois rentrés en France, tout se complique. "Cet acte de naissance nous donne l’autorité parentale et créé le lien de filiation, détaille Jean-Raphaël. Ce lien de filiation en France n’est pas reconnu. Il a eu le passeport français car il est né de parents français donc il a la nationalité française. Mais, la transcription de son acte de naissance à l’état civil français aujourd’hui n’est pas possible. »  Pour Samuel, ils sont « une vraie famille mais pour la France, on n’est rien. C’est mon fils. Je ferai tout pour lui. Mais on ne sait jamais, s’il se passait un truc un jour, il se pourrait très bien qu’on nous l’enlève. On se dit qu’on n’est pas protégé".

Samuel et Jean-Raphaël ont aujourd'hui deux options pour être officiellement les pères. Soit l'un d'entre eux se déclarent en tant que géniteur et l'autre adopte l'enfant. Soit ils attendent en espérant que la loi française change. Ils ont décidé de raconter toute son histoire à Valentin pour qu'il n'y ait jamais de tabou sur ses origines.

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