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PMA : reprise de l'activité après le confinement

Les prises en charge pour les aides à la procréation médicalement assistée- à l’arrêt depuis l’épidémie de Covid-19– ont redémarré le 11 mai 2020. Une reprise très attendue par les couples infertiles.

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PMA : reprise de l'activité après le confinement
Les 104 centres d'aide à la procréation ont fermé pendant le confinement.

C’est un immense soulagement pour les milliers de couples engagés dans une PMA : 94 % de la centaine de centres clinico-biologiques en charge des assistances médicales à la procréation ont repris leur activité fin juin selon l’agence de la biomédecine.

Les 104 centres étaient fermés depuis mars 2020 en raison du confinement.

Une reprise progressive

Entre le 11 mai et le 11 juin 2020, les centres clinico-biologiques ont réalisé 49% des inséminations artificielles et 32% des transferts d’embryons effectués sur la même période en 2018. La reprise des fécondations in vitro (FIV) a été plus lente : sur cette même période, la moitié des centres pratiquant des FIV a réalisé 14% du volume d’activité habituellement observé. « Ce différentiel s’explique par la nécessité d’un accès au bloc opératoire pour la ponction ovocytaire et le besoin de mobiliser plus de professionnels de santé pour des FIV » justifie l’agence de la biomédecine.

Cette reprise est une bonne nouvelle pour tous les couples engagés dans un parcours de procréation, mais Virginie Rio, présidente du collectif Bamp !, une association qui regroupe des personnes infertiles tempère : « La reprise est partielle et très différente selon les centres. Tous les centres n’ont pas repris partout pareil et pour tout le monde, précise Virginie Rio. Certains centres parisiens étaient prêts dès le 11 mai, d’autres ont repris seulement mi-juin. L’activité reste très ralentie : là où 40 couples par jour étaient reçus, 20 couples le sont actuellement ».

Un sentiment d'abandon

L’agence de la biomédecine recommande en effet « une reprise progressive, évolutive et répondant à des critères de sécurité sanitaire stricts afin de limiter les risques de contamination, tant pour les patient(e)s que pour le personnel de santé. »

Cette reprise – même partielle - redonne de l’espoir aux couples infertiles. «Pendant le confinement, beaucoup de couples se sont sentis abandonnés, désespérés, perdus, raconte Virginie Rio, du collectif Bamp ! Alors qu’on parlait de « baby-boom » pendant le confinement, de nombreux couples confrontés à l’infertilité ont mal vécu cette période. Les centres ont fermé du jour au lendemain, des patientes en pleine stimulation ovarienne ont dû interrompre brutalement leur traitement. Certains centres avaient gardé le lien avec les patients pendant le confinement, d’autres n’avaient pas du tout communiqué. »

Des patient(e)s toujours prioritaires ?

L’agence avait émis le 11 mai, puis le 19 juin 2020 des recommandations pour définir les personnes à prendre en charge en priorité. Les pertes de chance de procréer n’étant pas les mêmes pour tous les couples. Ainsi, les « situations prioritaires » concernaient :

  • Les personnes traitées pour un cancer (avec atteinte à la fertilité)
  • Les personnes ayant un âge avancé ou une diminution de la réserve ovarienne
  • Les personnes dont la stimulation ovarienne a été annulée en mars 2020.
  • Toutes les personnes présentant des antécédents médicaux pouvant provoquer des complications sévères en cas de contamination par la Covid-19 (pathologie chronique respiratoire, AVC, diabète, surpoids…) avaient vu leur prise en charge « reportée jusqu’à nouvel ordre ».

Ces recommandations qui définissent les situations prioritaires ont été étudiées de nouveau dans un groupe de travail à l'agence de la biomédecine le 11 juillet  : de nouvelles recommandations "devraient être éditées prochainement" selon l'agence de biomedecine.

Anticiper une deuxième vague

L'agence de biomedecine précise que l'activité des centres d'AMP peut de nouveau être interrompue si une nouvelle vague de la pandémie survient.

Virginie Rio, présidente du collectif Bamp ! reste donc vigilante : « On aimerait anticiper une éventuelle deuxième vague pour éviter la fermeture totale de tous les centres lors de la première vague. Nous aimerions que différents scénarios régionaux soient étudiés en fonction de l’ampleur de l’épidémie ».

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