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Deuil périnatal : des risques dépressifs jusqu'à trois ans après

Le deuil périnatal concerne près de dix naissances sur 1.000 en France. Et ses conséquences sur la mère sont profondes. Trois ans après avoir accoucher d'un enfant décédé ou mort-né, le risque qu'elle développe une dépression est toujours présent.

Rédigé le , mis à jour le

Deuil périnatal : des risques dépressifs jusqu'à trois ans après
Deuil périnatal : des risques dépressifs jusqu'à trois ans après

Accoucher d'un enfant décédé laisse des cicatrices profondes dans l'esprit de la mère. Si généralement le deuil périnatal prend 6 mois, il peut subsister bien plus longtemps... Le risque de dépression persiste même jusqu'à trois ans après l'accouchement, selon une étude américaine publiée dans la revue Paediatric and Perinatal Epidemiology le 14 février. Et cette dépression peut toucher toutes les femmes : aussi bien celles avec un passé dépressif que celles sans aucun antécédent.

Qu'est ce que la mort périnatale ?

La mort périnatale concerne d'une part les mères qui ont recourt à une interruption médicale de grossesse. Elle peut être pratiquée à n'importe quel terme de la grossesse, mais à partir de 22 semaines d'aménorrhée il faut réaliser un geste d'arrêt de vie du bébé in utero, avant l'accouchement. D'autre part, la deuil périnatal peut aussi concerner les fausses couches, les décès in utéro ou lors de l'accouchement.

"Cette étude est la première à définitivement montrer que les femmes qui n'ont pas de passé dépressif font face à un risque de dépression plusieurs mois après l'accouchement d'un enfant mort-né" explique Marian Willinger, auteur de l'étude.

Neuf fois plus de risques de dépression

De 6 mois à 3 ans après leur accouchement, l'état de santé mental de près de 800 femmes a été suivi. Parmi elles, 272 avaient mis au monde un enfant mort-né. Deux ans après cet épisode douloureux, elles étaient 17,6% à souffrir de dépression, contre seulement 1,9% des mères de nouveau-nés en bonne santé.

Pour les chercheurs, cette étude doit encourager le suivi psychologique de la mère pendant toutes ces années. En France, des groupes de paroles et des associations existent pour faire face à ces accouchements traumatisants. L'accompagnement est d'autant plus important que la France est le pays d'Europe où le taux d'enfants nés sans vie reste le plus élevé, avec près de dix naissances sur 1.000 en 2013.

Source : The Association of Stillbirth with Depressive Symptoms 6–36 Months Post-Delivery. M. Willinger et al. Paediatric and Perinatal Epidemiology, février 2014. DOI: 10.1111/ppe.12176


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