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Des athlètes féminines devront abaisser leur taux de testostérone

La Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) annonce que les sportives produisant trop de testostérone en raison d’une différence de développement sexuel devront en abaisser le taux pour participer à certaines épreuves internationales.

Rédigé le , mis à jour le

Des athlètes féminines devront abaisser leur taux de testostérone
Caster Semenya (à droite) a été championne olympique en 2012 et 2016, et deux fois championne du monde en 2011 et 2017. Illustration : finale des championnats du monde 2011. (Crédits : Erik van Leeuwen / GFDL)

Caster Semenya, athlète intersexe sud-africaine et auteure du doublé 800-1500 m aux récents Jeux du Commonwealth en Australie, va devoir à nouveau se soumettre à la prise de médicaments pour faire baisser son taux de testostérone, comme ce fut le cas entre 2011 et 2015 si elle veut continuer à concourir sur des distances comprises entre le 400 mètres et le 1607 mètres (un mile).

Une personne est dite hyper-androgène lorsque son organisme produit de la testostérone en excès. Cette hyper-androgénie peut être associée à une intersexuation, c’est à la cohabitation de caractéristiques sexuelles qui ne correspondent pas aux définitions typiques de « mâle » et « femelle », selon la définition retenue par les Nations Unies).

En 2015, le Tribunal arbitral du sport (TAS) avait fait suspendre un règlement de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) qui obligeait les athlètes intersexuées hyper-androgènes (voir encadré) à suivre des traitements pour faire baisser leur taux de testostérone avant de concourir. L’IAAF avait alors fait conduire une étude afin de déterminer si la production excessive de testostérone avantageait les athlètes dans certaines épreuves.

L’IAAF a étudié la corrélation entre les performances d'athlètes masculins et féminines aux Championnats du monde 2011 et 2013, et le taux de testostérone naturelle dans le sang. Selon ces résultats, les femmes aux plus hauts taux avaient de meilleures performances dans certaines disciplines que celles présentant un taux moindre. L'avantage pour des athlètes présentant des "différences de développement sexuel (DDS)" apparait prépondérant sur les distances entre le 400 mètres et le 1609 mètres (mile).

"Aucune remise en question de l’identité sexuelle ou de genre d’une athlète", pour l'IAAF

Les taux de testostérone anormalement élevés favorisent l'accroissement de la masse et de la puissance musculaires, facilitent aussi la circulation de l'hémoglobine. Ce qui procure un avantage "significatif" aux hyper-androgènes. Au vu des résultats de ces travaux, la fédération a édicté de nouvelles règles, qui entreront en vigueur le 1er novembre 2018. Les athlètes DDS spécialistes des disciplines olympiques concernées (400 m, 400 m haies, 800 m, 1.500 m) devront faire baisser leur taux de testostérone sous les 5 nanomole/l de sang, à l’aide de traitements anti-androgènes.

L'IAAF, insistant sur l'impératif "de préserver l’égalité des chances au sein des compétitions d'athlétisme", précise que "le présent règlement a pour unique finalité de garantir une compétition juste et pertinente au sein de la catégorie féminine, au profit de l’ensemble des athlètes féminines."

"Il n’a aucune visée de jugement ou de remise en question de l’identité sexuelle ou de genre d’une athlète, quelle qu’elle soit. Au contraire, l’IAAF considère essentiel de respecter et de préserver la dignité et la vie privée des athlètes présentant une DDS", est-il ajouté.

avec AFP

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