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Fin de l’accouchement, c’est la délivrance… du placenta

Sur la table d’accouchement, vous pensez que le travail est terminé une fois le bébé sorti ? Erreur ! Il faut maintenant expulser le placenta. Une phase délicate sujette aux complications si elle n’est pas étroitement surveillée.

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Fin de l’accouchement, c’est la délivrance… du placenta
Sommaire

Le placenta, un véritable organe

Les explications en images avec Marina Carrère d'Encausse

Organe. Le placenta est un véritable organe créé spécialement au cours de la grossesse pour permettre le développement du fœtus au niveau de l'utérus. Constitué d'un mélange de tissus maternel et fœtal, il est complètement formé vers le cinquième mois de grossesse. De nombreux vaisseaux l'irriguent et finissent par se regrouper au niveau du cordon ombilical pour apporter au fœtus tous ce dont il a besoin.

Remplace les poumons, les intestins et les reins. Les organes du bébé à naître sont en effet en pleine croissance mais ne sont pas encore fonctionnels. Le placenta joue ainsi le rôle des poumons, des intestins et des reins. Par son intermédiaire, l'oxygène et les nutriments vont passer de la mère vers le fœtus. Puis en sens inverse, il va récupérer les déchets et le gaz carbonique produits par le fœtus.

Barrière protectrice. Le placenta va aussi filtrer le sang de la mère et empêcher le passage vers le fœtus de la plupart des germes et substances toxiques, sans oublier qu'il produit de nombreuses hormones indispensables au bon déroulement de la grossesse. En revanche, le placenta ne protège pas le fœtus de substances nocives ingérées par la mère telles que le tabac ou l’alcool.

La phase délicate de la délivrance

La délivrance du placenta

Après plusieurs semaines de bon et loyaux services, au moment de l'accouchement, le placenta n'a plus de raison d'exister, il doit être expulsé. Cette délivrance commence par le décollement : le placenta, ancré dans l'utérus, se détache et les petits vaisseaux qui les reliaient se rompent, c'est une phase délicate qui peut générer un risque d'hémorragie.

Pour y faire face, la maman et toute l'équipe médicale doivent rester mobilisées, même après la naissance du bébé. La surveillance dure vingt-quatre heures pour détecter d'éventuels saignements sournois.

Les complications

Sandrine revient sur l’hémorragie survenue pendant la délivrance du placenta lors de son premier accouchement

Lors de la délivrance, l’hémorragie survient chez 5 % des femmes. La menace la plus importante survient le plus souvent immédiatement après l'accouchement. Les pertes de sang peuvent être très brutales. Dans ce cas, le gynécologue doit d'abord vérifier qu'il ne reste aucun fragment de placenta dans l'utérus, puis il va stimuler sa contraction en injectant des produits de plus en plus puissants. Il faut faire vite car plus l'utérus est gonflé de sang, plus il a du mal à se contracter et à fermer les vaisseaux.

Si ça ne suffit pas, il faut parfois fermer les artères qui irriguent l'utérus, soit par voie chirurgicale, soit par l'injection de substances capables de boucher temporairement les vaisseaux, c'est ce que l'on appelle une embolisation. Elle est réalisée sous contrôle radiologique.

Solution ultime : l'hystérectomie. Il arrive enfin que l'unique solution pour sauver la maman soit l'hystérectomie, l'ablation de l'utérus. Une intervention très douloureuse pour les femmes mais, même si c'est de plus en plus rare. Le risque vital lors de la délivrance est bien là, cette hémorragie restant aujourd'hui la première cause de décès maternel en France. Heureusement, la grande majorité des hémorragies sont stoppées rapidement et sans séquelles.