Surpoids des enfants : les inégalités sociales pèsent lourd

Une enquête réalisée par la Direction de la recherche, des études de l'évaluation et des statistiques (DRESS) montre globalement que la santé des élèves de CM2 s'améliore. Les chiffres de la surcharge pondérale pour cette tranche d'âge se stabilisent et la santé bucco-dentaire progresse. Mais le bilan reste contrasté selon l'origine sociale.

La rédaction d'AlloDocteurs
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Si globalement la santé des enfants de CM2 s'améliore, les inégalités sociales marquent la différence concernant les chiffres du surpoids et de l'obésité. En effet, selon l'enquête de la DRESS, 10% des enfants dont l'un des parents est cadre sont en surcharge pondérale, contre 25% chez les enfants d'ouvriers. Et l'obésité ne touche qu'1% des premiers, contre 7% des seconds.

Fruits et légumes en déficit pour les enfants en surpoids

"Outre les facteurs génétiques, la surcharge pondérale est liée à des habitudes de vie et à des comportements différents selon les milieux sociaux", note l'étude. Les enfants issus de milieux favorisés sont plus nombreux à adopter une alimentation variée et des comportements plus sains : 45% des enfants de cadres déclarent manger des fruits et légumes tous les jours de la semaine, contre 23% des enfants d'ouvriers. 92% des premiers prennent quotidiennement un petit déjeuner, contre 69% des seconds. Et 69% des enfants de cadres passent moins d'une heure devant un écran de télévision, d'ordinateur ou de jeux vidéo les jours de classe, contre 45% pour les enfants d'ouvriers. 

Néanmoins, l'enquête livre un constat encourageant : depuis 2002, la part globale des élèves en surcharge pondérale s'est stabilisée autour des 19% et celle de l'obésité autour de 4%.

L'écart se creuse pour la santé bucco-dentaire

Parallèlement, l'enquête montre que la santé bucco-dentaire des élèves s'améliore. Alors qu'en 2008, près de 40% d'entre eux présentaient au moins une dent cariée et 26% au moins deux. Trois ans plus tôt, ces pourcentages étaient respectivement de 46% et 30%.

"De nombreux facteurs, tels que les progrès de l’hygiène bucco-dentaire et l’effet préventif des fluorures, ont contribué à cette amélioration", explique l'enquête. Mais sur ce point, les inégalités sociales se creusent. Entre 2002 et 2008, la proportion d’enfants sans dents cariées a augmenté plus fortement chez les enfants de cadres (passant de 65% à 74%) et a baissé chez les enfants d'ouvriers (passant de 42% à 47%).

Selon la DRESS, les familles les plus modestes reportent ou renoncent aux soins "par crainte d’avoir à avancer les frais, par méconnaissance de l’état dentaire de leur enfant faute de visites de contrôle régulières chez le dentiste, ou encore parce qu’elles ne voient pas l’intérêt de soigner des dents temporaires, qui conditionnent pourtant l’état de la dentition définitive."

Source : "La santé des élèves de CM2 en 2007-2008. Une situation contrastée selon l'origine sociale", DRESS, 27 septembre 2013.

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