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Essais nucléaires en Polynésie : la France accusée de crime contre l'humanité

L'Eglise protestante maohi, qui regroupe les protestants de Polynésie française, va attaquer la France pour crime contre l'humanité, en raison des conséquences des essais nucléaires dans l'archipel. La plainte sera déposée devant le tribunal de La Haye et également devant l'Organisation des Nations Unies.

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Essais nucléaires en Polynésie : la France accusée de crime contre l'humanité
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La Polynésie française a subi 193 essais nucléaires entre 1966 et 1996"Pour toutes les conséquences des essais nucléaires, et pour son mépris face à toutes les maladies endurées par les Polynésiens, l'Eglise protestante maohi a décidé de porter plainte contre l'Etat français au tribunal de La Haye", a annoncé le 7 août devant les fidèles, Céline Hoiore, la secrétaire générale de cette église. Cette plainte doit aussi être présentée à l'ONU. La puissante église protestante prend régulièrement des positions à connotation politique et s'est déjà opposée aux essais nucléaires. Avec cette plainte, elle durcit le ton.

L'association 193 (en référence aux 193 essais nucléaires réalisés en Polynésie française entre 1966 et 1996) assure avoir recueilli plus de 45.000 signatures, dans une collectivité qui compte environ 190.000 électeurs, pour demander l'organisation d'un référendum local sur la question nucléaire.

Le principal opposant politique aux essais nucléaires, Oscar Temaru, a salué une décision historique. "C'est un crime contre l'humanité parce que les essais nucléaires français nous ont été imposés, il y a eu des morts, et il y aura encore les générations futures qui vont souffrir de ces essais nucléaires", a déclaré le leader indépendantiste à la presse locale.

Le président de l’Eglise protestante maohi a exprimé un point de vue similaire, le soir même sur la chaîne locale TNTV : "Ce n'est pas une histoire passée, c'est une histoire qui va durer des milliers d'années". "Nous allons aller exposer notre division face aux Nations-Unies, je pense qu'il faut d'abord nous mettre tous d'accord, et nous serons alors plus forts", a au contraire estimé l’ancien président autonomiste Gaston Flosse, qui a défendu les essais lorsqu'il était au pouvoir.

Les Polynésiens demandent l'indemnisation des patients touchés par des maladies radio-induites, la pérennisation de la dette nucléaire (un versement de l'Etat qui a baissé à plusieurs reprises depuis la fin des essais), ou encore la création d'un mémorial. Le président de la République François Hollande s'était engagé à accéder à ces requêtes lors de sa venue à Papeete en février.

L'Etat français se défend

"L'outrance est toujours mauvaise conseillère", a écrit dans un communiqué René Bidal, qui représente l'Etat français dans cette collectivité d'outre-mer. Une telle plainte "manquerait de fondement", a assuré René Bidal, jugeant que "les tirs d'essais nucléaires en Polynésie française ne correspondent évidemment pas" à la définition de crime contre l'humanité. "L'État est loin d'être indifférent aux conséquences sanitaires et environnementales des essais nucléaires, lesquelles ont été récemment reconnues par le chef de l'Etat dans des paroles fortes qui étaient attendues, en Polynésie, depuis de nombreuses années", a-t-il insisté. 

Par ailleurs, le décret d'application de la loi Morin de 2010 "va être modifié dans un sens nettement plus favorable à l'indemnisation des malades", a rappelé le haut-commissaire. Les associations de défense des victimes des essais nucléaires en Polynésie dénoncent régulièrement le faible nombre de victimes indemnisées. 

Enfin, une convention-cadre doit "permettre, dès 2017, le financement de nouveaux équipements pour les services de radiographie, de radiologie et de traitement contre les cancers" du centre hospitalier de Polynésie française, a-t-il précisé.

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