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Agriculture urbaine : et si on cultivait des potagers en ville ?

Faire pousser des fraises sur un toit ou des champignons dans un parking... L'agriculture urbaine est tendance. Mais consommer des fruits et légumes cultivés en milieu pollué est-il bon pour la santé ?

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Potagers en entreprise, en maison de retraite ou à l'école... le modèle d'agriculture urbaine est en pleine expansion

Le concept d'agriculture urbaine est né dans les années 2000 à New York et Singapour. Le phénomène est aujourd'hui en plein essor en France. Des start-up se sont même spécialisées dans l'aménagement de potagers comestibles au sein des entreprises... Rien qu'à Paris, plus de 70 hectares de toitures sont végétalisées. Et l'objectif de la ville est d'atteindre 100 hectares d'ici 2020.

Si l'idée de départ est avant tout de remettre du vert dans un paysage de béton, ces espaces ont aussi une vertu thérapeutique. Mais une question se pose : ces légumes cultivés en milieu pollué sont-ils pour autant bons pour la santé ?

Des fruits et légumes impropres à la consommation ?

Dans un institut de recherche parisien, un laboratoire à ciel ouvert étudie ces plantations. Un terreau sans polluant y a été imaginé. Ce substrat est fabriqué à partir de briques concassées, de bois broyés et de déchets de champignonnières. Une recette entièrement issue de produits recyclés. "En travaillant avec des déchets bien caractérisés, on sait déjà à l'origine ce qu'il va y avoir comme résidus de polluants dans ces substrats et donc ce que l'on va retrouver dans les légumes et ainsi s'affranchir des risques de pollution", explique Antoine Juvin, cofondateur de « Culture en ville ».

Si la contamination est limitée par le sol, qu'en est-il de la pollution atmosphérique ? Une partie des particules se dépose sur la peau des légumes. C'est la raison pour laquelle dans ce laboratoire, la récolte est lavée et si possible épluchée, puis enfin mixée afin de mesurer la présence de polluants. Et les résultats sont très encourageants comme le confirme Nadia Manouchehri, chercheur en chimie de l'environnement : "Pour le moment, on reste largement en dessous des normes européennes pour le plomb et le cadmium. On s'intéresse également au mercure qui est toxique pour lequel on n'a pas de norme, mais on ne trouve rien dans ces légumes".

La pollution urbaine ne nuirait donc pas à la qualité des légumes, à condition d'être cultivés dans un sol sain et suffisamment en hauteur. On estime que ce modèle d'agriculture urbaine pourrait nourrir au moins 800 millions de personnes dans le monde.

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