Chikungunya : la France métropolitaine menacée par une épidémie

Chikungunya : la France métropolitaine menacée par une épidémie

Les autorités sanitaires sont en alerte. Cet été toutes les conditions sont réunies pour qu'une épidémie de chikungunya se déclare en métropole.

La rédaction d'AlloDocteurs
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Les chiffres publiés dans le bulletin épidémiologique hebdomadaire de l'Institut national de veille sanitaire (InVS) ne sont pas rassurants. Depuis le 1er mai 2014, 174 cas de chikungunya ont déjà été confirmés en France métropolitaine, principalement dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et en Rhône-Alpes. Pour mémoire, de 2006 à 2013, seuls deux à six cas par an avaient été recensés.

Ces infections ne sont pas "autochtones", c'est-à-dire qu'elles n'ont pas été contractées en France mais bien "importées" : les malades se sont fait piquer à l'étranger et ont développé les symptômes en France. Dans la majorité des cas, ces personnes rentraient des Antilles françaises où sévit une épidémie de chikungunya depuis décembre 2013.

Le virus du chikungunya se transmet par le moustique tigre, et cet insecte est particulièrement surveillé par les autorités sanitaires. Dix ans après être arrivé dans l'Hexagone en provenance d'Italie, l'insecte est aujourd'hui bien implanté dans 18 départements du sud de la France, et notamment sur le pourtour méditerranéen.

Cet été, le risque d'épidémie en France métropolitaine est beaucoup plus élevé que les années précédentes. Selon les autorités sanitaires, toutes les conditions sont réunies pour une transmission "autochtone" du chikungunya : un moustique tigre très présent et un grand nombre de voyageurs revenant des Antilles où sévit l'épidémie.

Selon les derniers chiffres de l'Institut de veille sanitaire (InVS) Plus de 115.000 personnes ont été infectées par le virus, et l'épidémie a déjà fait une quarantaine de morts dans l'archipel et en Guyane.

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Chikungunya : quels symptômes ?

Les premiers symptômes peuvent apparaître dans les cinq jours qui suivent la piqûre. Le virus se manifeste par :

- une fièvre élevée (généralement supérieure à 38,5°) ;
- des douleurs articulaires invalidantes. Ces douleurs sont parfois associées à un œdème aux extrémités (mains, pieds…). Dans ce cas, le patient peut ressentir des difficultés pour marcher, d'où le mot "chikungunya" qui signifie "homme courbé".
- des maux de tête ;
- des éruptions cutanées.

Certains patients ressentent également des douleurs musculaires aux extrémités des membres, des troubles digestifs, des troubles de la pigmentation, des hémorragies bénignes (notamment chez les enfants, au niveau des gencives). Enfin, la plupart des malades ressentent une fatigue très importante pouvant aussi les alarmer.