Ch@t : L'épisiotomie

Ch@t du 20 octobre 2010 : Avec les réponses du Pr. Bernard Jacquetin, chef de service du pôle de gynécologie-obstétrique du CHU Estaing, Clermont-Ferrand. et du Dr Denis Savary, gynécologue.

La rédaction d'Allo Docteurs

Par La rédaction d'Allo Docteurs

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Les réponses du Pr. Bernard Jacquetin, gynécologue-obstétricien

En principe la réparation n'est pas douloureuse. On utilise soit une anesthésie locale ou la péridurale qui était en cours.

C'est un délai important, il faut aller prendre l'avis d'un gynécologue pour trouver la cause de la douleur persistante.

L'épisiotomie ne concerne pas le col utérin mais uniquement le tissu de la vulve et du vagin.

Lorsqu'il n'y a pas d'épisiotomie, il peut y avoir une déchirure du périnée qui peut nécessiter un ou plusieurs points.

Le périnée court reste une indication à faire une épisiotomie et il est probable que vous en ayez à nouveau besoin pour l'accouchement suivant.

L'épisiotomie n'est pas obligatoire et vous pouvez certainement faire confiance au praticien qui va décider, après en avoir parlé avec vous, de son indication.

Non, l'épisiotomie est plutôt plus douloureuse que la déchirure spontanée.

Vous pouvez refuser l'épisiotomie, mais pensez que la césarienne nécessite une incision bien plus importante, tout en protégeant votre périnée.

Je crois l'avoir dit, l'épisiotomie ne protège pas des déchirures graves. Il faudra évaluer les séquelles de votre première déchirure pour décider de votre mode d'accouchement.

Le fait de faire une épisiotomie n'aurait peut-être pas empêcher votre déchirure complète.

Dans certaines situations très particulières où le risque de déchirure est pratiquement de 100 %, il peut être utile de faire une épisiotomie.

Parce qu'il persiste des indications où l'épisiotomie peut éviter une déchirure grave, en particulier du sphincter anal.

Après 4 semaines, délai nécessaire à la cicatrisation des tissus.

Elle n'est pas obligatoire, mais dans des présentations compliquées de la tête du bébé, il vaut mieux en faire une.

L'un ou l'autre à condition qu'ils aient eu une formation spécifique.

Vous pouvez avoir une chirurgie correctrice de votre cicatrice si elle est disgracieuse ou douloureuse.

Le risque de déchirure est plus important lorsque la tête du bébé est volumineuse. Il faut en discuter avec votre sage-femme ou votre gynécologue.

Adopter une position sur le côté ou changer de position est certainement plus physiologique mais pas toujours compatible avec la surveillance du bébé ou la réalisation de l'accouchement.

Tout dépend si cela a une importance pour vous ou votre couple. Une correction chirurgicale est souvent possible.

Votre eczéma ne modifiera pas la conduite au cours de l'accouchement.

Voyez s'il existe à proximité un centre de la douleur ou un médecin qui prend en charge les douleurs chroniques.

Oui, c'est normal. Certaines femmes souffrent pendant des semaines...

Les indications de faire une épisiotomie pour éviter la souffrance du bébé sont devenues très rares.

Non, a priori mais il faut rechercher la cause de votre douleur.

Non, ce n'est pas normal, parlez-en à votre gynécologue.

Les recommandations sont en effet de ne pas dépasser un taux de 30 %, demandez à votre gynécologue s'il a une raison précise de faire une épisiotomie dans votre cas.

S'il y eu une lésion grave du sphincter anal, voire du rectum, il peut être prudent de proposer une césarienne.

Il faut que vous fassiez de la rééducation périnéale pour apprendre à contracter votre périnée.

Souvent oui.

Il est toujours temps de faire de la rééducation périnéale.

Si votre épisiotomie est bien cicatrisée, il n'y a pas de risque de déchirure.

Ce n'est pas possible, mais votre descente d'organes a sans doute été favorisée par cette lésion du périnée.

La cicatrice est souvent encore douloureuse à 4 semaines. Cela devrait s'atténuer progressivement.

La douleur peut persister assez longtemps. Si vous avez l'impression qu'elle ne s'atténue pas, consultez votre gynécologue.

La justification d'une épisiotomie est rarement plus fréquente que 10 %. Cela ne suffit pas à s'y opposer formellement.

Il est maintenant déconseillé de faire une pression sur l'abdomen, mais il faut d'autres facteurs associés pour avoir une descente d'organes ou une incontinence.

Une échographie du sphincter anal est possible afin d'identifier une éventuelle lésion.

La seconde épisiotomie n'est pas systématique. Mentionnez bien les complications de la première.

Tout hyperpression de l'abdomen augmente la pression sur le périnée.

L'étudiante sage-femme n'était-elle pas surveillée par une sage-femme ou un médecin ?

C'est possible, mais discutez tout de même avec votre accoucheur.

A priori, non, sauf si l'accouchement est provoqué parce que le bébé est très gros.

Cela augmente théoriquement le risque. Votre sage-femme peut évaluer la souplesse de vos tissus.

Vous pouvez consulter un spécialiste ou un centre de la douleur, et un soutien psychologique vous sera proposé.

Vous devez en parler à votre sage-femme.

La cicatrice chéloïde du périnée est rare mais cela est possible.

Il faut prendre l'avis d'un gynécologue ayant l'habitude de réparer les lésions importantes du vagin et du périnée.

Non surtout si vous apprenez aussi à relâcher votre périnée.

Ce n'est pas suffisant pour déconseiller une nouvelle grossesse, mais il sera peut-être nécessaire de vous opérer secondairement de la descente de votre vessie.

Voir une sage-femme ou un kiné compétent.

Non, le stérilet n'est pas une contre-indication à la rééducation.

 

Les réponses avec le Dr Denis Savary, gynécologue

Pas forcément. C'est même habituellement plutôt le contraire. La question se pose surtout en terme de risque entre césarienne et accouchement par voie naturelle au besoin avec épisiotomie et est alors en défaveur de la césarienne.

Non mais l'accouchement risque fort d'annuler le résultat de cette intervention. Cela dépend de la raison pour laquelle a été faite cette plastie et de ce qui a été fait. Mieux vaut suivre le conseil de votre chirurgien et lui demander les risques d'un accouchement.

Non ! Loin de là l'épisiotomie n'est pas et ne doit pas être systématique. En particulier car cela est douloureux.

La déchirure sera recousue selon le même principe mais pas exactement comme l'épisiotomie. Cela est parfois un peu moins simple. Les suites sont généralement moins de douloureuses.

Il n'y a pas de lien avec la déchirure superficielle ni avec le fait de ne pas avoir recousu. En revanche il y a un lien avec l'accouchement... Il faut refaire de la rééducation et, en cas d'échec, consulter un spécialiste.

Cela est très fréquent et dépend de nombreux facteurs dont la précocité des ces rapports. Il ne faut pas s'inquiéter. Mais il ne faut pas laisser s'installer un cercle vicieux de douleur, pourvoyeur de stress lui même facilitant la douleur par crispation... Il faut donc ne pas hésiter à recourir aux antalgiques, bien laisser cicatriser, utiliser des lubrifiants voir des traitements hormonaux locaux et au besoin faire appel au rééducateur pour faciliter la relaxation.

Oui. En particulier certaines études plaident en faveur de la pratique de massages périnéaux pendant le troisième trimestre de grossesse pour diminuer le risque de déchirure ou les douleurs. En tout cas cette pratique ne semble pas délétère.

A priori oui, la cicatrisation est un phénomène long.

Cela est difficile à prévoir jusqu'à la naissance. Quelques facteurs peuvent être connus avant comme la longueur du périnée, l'estimation de poids du foetus... A ma connaissance il n'y a pas d'argument scientifique pour dire que l'accouchement dans l'eau diminue le risque. (L'accouchement dans l'eau n'est d'ailleurs pas pratiqué au NHE de Clermont...)

Difficile à expliquer en ligne... Certains sites avec des images le font très bien. L'idée est d'appuyer sur la partie postérieure de la vulve (vous même avec le(s) pouce(s) ou votre conjoint avec l'index) vers l'arrière et l'extérieur. Il est conseillé d'effectuer ces exercices quotidiennement. Une sage femme peut vous y initier avant de continuer seule.

Il est difficile d'exiger un accouchement sur le côté dans la mesure où celui-ci nécessite certaines connaissances de la part de l'équipe soignante et une certaine habitude. Il peut peut-être diminuer le risque d'épisiotomie sans que ceci soit certain et sans que ce risque soit nul.

Dans votre cas il est important de bien discuter à l'avance avec votre gynéco. Selon les lésions lors du 1er accouchement et en cas de "double incontinence" sévère ou persistante la question d'une césarienne peut se poser.

Non le risque diminue même lors des accouchements suivants.

Oui c'est un traitement efficace, avéré et recommandé de l'incontinence urinaire. En revanche en l'absence de symptômes et si le périnée "est bon" leur rôle préventif à long terme reste incertain.

Il est important d'en parler avec l'équipe qui vous a pris en charge même si l'on en pourra pas forcément tout savoir sur ce qui s'est passé. A présent un examen (il ne vous est pas interdit de vous regarder dans une glace) peut vous permettre de faire le point exact sur les traces.

Oui. Mais il fau au préalable avoir tenté les nombreuses solutions à disposition : relaxation massage voir électrothérapie avec rééducateur, lubrifiants, hormones locales, voir dilatations instrumentales.

En théorie l'indication d'une rééducation (néanmoins fréquente) doit être discutée en fonction des antécédents, des symptômes et du testing musculaire.

Oui ! Il n'y a aucune contre indication à la rééducation avec le stérilet.

A ce stade il peut être intéressant de faire ôter les derniers points par une sage femme ou un gynéco qui regardera la cicatrice.

Non.

Il est inutile et trop tardif de faire une épisiotomie après une déchirure du périnée.

L'épisiotomie n'a plus rien à voir avec votre incontinence anale maintenant. Se pose la question, toute autre, du traitement de cette incontinence anale : avis spécialisé ++

C'est plus en lien avec l'accouchement qu'avec l’épisiotomie.

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