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Que choisir : un régime pauvre en graisses ou pauvre en sucre?

Selon des chercheurs américains il n'y a pas de différence, pour perdre du poids, entre un régime pauvre en lipides et un régime pauvre en glucides. Le profil génétique ainsi que la capacité à secréter de l’insuline n’ont pas non plus d’impact sur la perte de poids.

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Que choisir : un régime pauvre en graisses ou pauvre en sucre?
©Daniel Vincek

Pour perdre du poids, vaut-il mieux opter pour un régime pauvre en graisses ou pour un régime pauvre en sucres ? La question, qui taraude nombre d’adeptes de la minceur, vient d’être tranchée par des chercheurs américains de Standford : sur 12 mois, aucun des régimes n’est plus efficace que l’autre. Quant au profil génétique (pour les gènes impliqués dans le métabolisme des lipides ou des glucides) et aux capacités des individus à secréter de l’insuline, ils n’ont pas non plus d’effet sur la réussite de ces régimes, soulignent les scientifiques dans leur étude, publiée dans le JAMA.

Une expérience sur 12 mois

Au total, 609 adultes, âgés de 18 à 50 ans, en surpoids ou obèses mais non diabétiques, ont été soumis pour moitié à un régime pauvre en sucres (glucides) et pour moitié à un régime pauvre en graisses (lipides), de façon aléatoire, pendant 12 mois. Une partie du génome des participants a été séquencée pour identifier des gènes associés à la production de protéines modifiant le métabolisme des glucides ou des lipides. Trois groupes ont ainsi été définis, sur la base de ces profils génétiques : l’un supposé être plus sensible aux lipides, le deuxième plus sensible aux glucides et le dernier sensible à aucun génotype. Enfin, la production d’insuline lors d’une ingestion de glucose à jeun a été mesurée pour chacun des patients.

Les pertes de poids ont ensuite été comparées aux groupes génétiques des participants et à leur capacité à secréter de l’insuline.

Des pertes de poids similaires avec les deux régimes

A 12 mois, la perte de poids moyenne était de -5,3 kg chez les personnes ayant suivi un régime pauvre en lipides et de -6 kg chez celles ayant observé le régime pauvre en glucides, une différence statistiquement non significative. Les variations de poids s’étalaient, quant à elles, de – 30 kg à + 10 kg dans chacun des groupes. Les scientifiques ne sont donc pas parvenus à identifier un lien entre le régime suivi et une perte de poids plus importante.

Par ailleurs, aucune différence significative n’a été observée dans les variations individuelles de poids selon que les participants aient été affectés ou non dans le groupe diététique censé correspondre à leur profil génétique.

Enfin, il n’a pas été mis en évidence de différence entre le niveau de base de sécrétion d’insuline et la réponse diététique aux régimes.

Pour l’équipe de chercheurs, "aucun des profils génétiques ni aucune sécrétion d'insuline de base n'a été associé à des effets diététiques sur la perte de poids". Et de conclure : " dans ces deux approches diététiques pour perdre du poids, aucun des deux hypothétiques facteurs prédisposants n’a été utile pour déterminer quel régime était le plus adapté".

Conclusion : pas de régimes miracles!

Mauvaise nouvelle, donc, pour les promoteurs du "régime ADN", en vogue aux Etats-Unis et qui commence à faire son entrée en France : proposer un régime sur-mesure prétendument adapté au métabolisme d’un individu sur la base d’une analyse d’ADN est, au mieux, une opération commerciale, au pire, une farce dénuée de toute valeur scientifique.

Quant aux autres régimes "miracles", qui vous promettent une perte de poids rapide et efficace sur le long terme, méfiance! En 2010, l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'environnement et du travail), après avoir passé au crible pas moins d'une quinzaine de méthodes d'amaigrissement différentes (régimes Atkins, Dukan, Chrononutrition, Cohen, Citron détox, Montignac et Weight Watchers, notamment), a publié un rapport mettant en garde contre les effets de ces régimes sur la santé : "Toutes les manipulations du régime alimentaire visant un déséquilibre énergétique associé ou non à un déséquilibre d’apports en macro-nutriments (glucides, lipides, protéines) dans le but d’une perte de poids peuvent exposer à des risques importants pour la santé".  Une plaquette sur les régimes amaigrissants a également été éditée.

Pour l'agence, qui rappelle que "l’activité physique constitue un facteur essentiel de stabilisation du poids",  "tous les régimes amaigrissants, qu’ils portent ou non un nom spécifique, sont à éviter, en dehors d’une prise en charge par des professionnels de santé".

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