Stress : t'es malade ou quoi ?

Le stress chronique, en plus d'éprouver nos nerfs, mettrait aussi à rude épreuve notre système immunitaire. Et nous exposerait par conséquent à un risque accru d'infection.

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Stress : t'es malade ou quoi ?
Stress : t'es malade ou quoi ?

Vous êtes stressés et surmenés, et pour couronner le tout, vous avez attrapé un rhume. Alors que vous n'y voyez qu'un hasard malheureux, des chercheurs américains de Pittsburg, eux, y voient un lien de cause à effet. D'après l'étude qu'ils ont menée, dont les résultats ont été publiés dans la revue PNAS (les comptes-rendus de l'Académie américaine des sciences), l'exposition chronique au stress "endormirait" les cellules impliquées dans nos défenses immunitaires et nous rendrait plus sensibles aux infections.

Cortisol et stress : action et réaction !

Le cortisol est libéré dans l'organisme en réponse à un stress physique ou psychologique. Il est produit par les glandes surrénales. Le cortisol déclenche divers processus générateurs d'énergie qui fournissent au cerveau un apport en énergie suffisant. Cela permet à l'organisme de réagir face aux agents de son stress. Outre cette fonction, le cortisol joue un rôle déterminant dans la presque totalité des systèmes physiologiques, intervenant notamment dans la régulation de la fonction cardio-vasculaire (tension artérielle par exemple), du métabolisme des glucides et de la fonction immunitaire.

Distribution de rhume pour tout le monde…

Le rôle "fragilisant" du stress chronique sur l'organisme est connu, mais le lien avec un affaiblissement de la réponse immunitaire n'avait jamais été clairement démontré. Pour clarifier ce point, l'équipe de chercheurs a étudié la réaction de l'organisme de deux types de personnes en bonne santé à une infection : un groupe de personnes soumis à un stress depuis au moins un mois, et un groupe de personnes "décontractées".

Les deux groupes ont été exposés à une pathologie, bien connue, facile à provoquer - grâce au dépôt de rhinovirus dans le nez - et dont la manifestation et l'évolution des symptômes étaient faciles à suivre : le rhume. Puis les participants ont été soumis à des tests immunologiques. Le but : surveiller ce qui se passait sur le plan immunitaire pour les personnes exposées au rhinovirus.

Il se trouve que ce sont les personnes les plus stressées qui ont développé les symptômes les plus marqués.

Quand le cortisol n'arrive plus à se faire entendre

Comment expliquer, biologiquement, cette plus grande sensibilité des personnes stressées aux virus ? La clé de l'explication serait dans une hormone stéroïdienne, le cortisol, qui joue, entre autres, un rôle central dans la physiologie du stress (voir encadré), mais exerce aussi une action anti-inflammatoire sur les cellules du système immunitaire.

Un lien avait déjà été constaté entre stress et taux élevé de cortisol. Cependant, l'étude américaine n'a pas réussi à établir de relation entre le taux de cortisol des participants et leur sensibilité au rhinovirus. En revanche, l'expérience a montré autre chose : ce n'est pas le taux de cortisol présent dans l'organisme qui importe, mais la façon dont celui-ci y répond. Lorsqu'il est stressé sur une longue période, et présente donc des taux constamment élevés de cortisol, le corps finit par développer une résistance à l'hormone. Avec une conséquence dommageable : "noyées" dans le cortisol, les cellules du système immunitaire perdent leur "répondant" et deviennent insensibles au message du cortisol.

Face à un cortisol qui ne peut plus agir correctement, l'inflammation des muqueuses et donc le développement des symptômes sont favorisés : place au nez qui coule…

Le stress a-t-il un rôle dans le développement d'autres maladies, comme les maladies auto-immunes ou cardio-vasculaires ? Seules des études méthodiques comme celle menée par l'équipe de Pittsburg, permettront d'établir un lien de causalité.

Source : PNAS

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