Pesticides : quelles sont les alternatives ?

Selon un récent sondage, trois Français sur quatre sont inquiets de la présence éventuelle de traces de pesticides dans les produits alimentaires. L’association Générations futures lance une semaine internationale de réflexion sur les alternatives aux pesticides.

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Pesticides : quelles sont les alternatives ?
Pesticides : quelles sont les alternatives ?

Alors que la justice vient de reconnaître la firme Monsanto responsable de l'intoxication d'un agriculteur et que le Conseil d'Etat a demandé de réexaminer la toxicité d'un désherbant, une semaine internationale de réflexion sur les alternatives aux pesticides vient d’être lancée.

Plus de 600 événements, 19 pays participants (Espagne, Slovénie, Sénégal, Tadjikistan...), 16 marches symboliques : cette 7e édition prend de l'ampleur, avec en point d'orgue un congrès les 23 et 24 mars 2012 au Sénat où viendront témoigner des victimes.

"Un autre modèle est possible, capable de répondre à l'enjeu alimentaire mondial", martèle Générations futures, à l'origine de cette semaine.

En Europe, la France reste la reine des pesticides avec 62 000 tonnes utilisées (dont près de 50 000 tonnes de produits de synthèse), soit un tiers de la consommation européenne. Si l'on rapporte ces quantités à la surface cultivée, la France occupe le quatrième rang.

Côté espaces verts urbains, la situation progresse "de façon positive", selon Fabienne Giboudeaux, adjointe au maire de Paris chargée des espaces verts. Une dizaine de villes ont lancé l'an dernier le label écojardin, qui signale une volonté de gestion écologique. Déjà, à Paris, 230 jardins sont labellisés.

Mais "il y a un domaine où ça évolue peu, c'est l'agriculture", déplore François Veillerette, porte-parole de Générations futures. Dans la foulée du Grenelle de l'environnement, le plan Eco-phyto 2018 visait à réduire l'usage des pesticides de 50 % d'ici 2018. De fait, de 2008 à 2010, il y a eu selon lui une augmentation de 2,4 %. "Le plan est bon, mais il y a un manque de volonté politique dans son application", estime-t-il.

Fabrice Micouraud (Générations futures) note que lorsque les pesticides, comme en Limousin, sont pulvérisés par hélicoptère, les riverains des champs sont arrosés quand il y a du vent. Mais "les premières victimes des pesticides sont les agriculteurs", dit-il.

Paul François, céréalier de Bernac (Charente), avait en 2004 reçu au visage des vapeurs de Lasso en ouvrant la cuve d'un pulvérisateur. Des analyses relevaient dans son organisme des traces de monochlorobenzène, un solvant toxique. Il a dû interrompre son activité pendant près d'un an et a créé une association d'aide, Phyto-victimes.

Monsanto vient d'être reconnu "responsable" de cette intoxication, une première en France. Un autre de ses produits, le Roundup Express, est actuellement sous surveillance puisque le Conseil d'Etat vient de demander un nouvel examen de sa toxicité au ministre de l'Agriculture. "On ne peut plus continuer comme ça", dit Paul François devant la presse.

Dans son exploitation, il n'a pas totalement renoncé aux pesticides mais désormais "la chimie vient après l'agronomie". Il alterne les cultures, s'apprête à planter plusieurs kilomètres de haies, "qui font revenir les prédateurs naturels", et "travaille beaucoup avec des matières organiques". Et "on reprend la charrue : le labourage enfouit les mauvaises herbes, plus besoin d'herbicide. On a retrouvé les fondamentaux, notre vrai métier de paysan, et on a de meilleurs rendements", dit-il.

Des marches symboliques seront organisées pendant la Semaine pour les alternatives aux pesticides, des opérations fermes ouvertes, un troc vert, des ateliers (compostage, purin d'ortie, paillage...), des visites de ruchers, des spectacles, des conférences, des projections de films.

 

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