Patchs : ce qu'il ne faut pas faire !

Permettant l'administration continue de diverses substances actives au travers de la peau, les "patchs" sont des dispositifs médicaux à la fois pratiques et discrets. Mais attention à les utiliser correctement ! Dans un point d'information diffusé le 24 novembre 2014, l'Agence nationale de la sécurité du médicament (ANSM) identifie quelques erreurs d'usages possibles.

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Patchs : ce qu'il ne faut pas faire !
Patchs : ce qu'il ne faut pas faire !

Les dispositifs transdermiques, ou patchs (1), permettent l'administration de principes actifs au travers de la peau de manière contrôlée et durant une période déterminée.

Les patchs usagés ne sont pas "vides". Ils contiennent encore environ 30% du principe actif après la durée d'utilisation recommandée (toutefois, ce principe actif ne se diffuse plus nécessairement de la même façon).

Les signalements de mauvaises utilisations de patchs à l'ANSM sont rares (35 en dix ans). Toutefois, l'agence note que les trois quarts de ces signalements mentionnent la survenue d'effets indésirables, dont la moitié se sont révélés être "des effets indésirables graves". En ce référant à ces quelques cas, mais aussi - et surtout - à une analyse de la littérature scientifique, l'agence a émis fin novembre 2014 quelques recommandations simples, à destination des professionnels de santé, des patients, et de leur proches.
 

  • Un patch ne doit pas être découpé, sauf quand la possibilité de découpe est précisée dans la notice (ou dans le "Résumé des Caractéristiques des Produits" disponible sur le site de l'ANSM).
     
  • Il ne faut pas écrire sur le patch, afin d'éviter de l'endommager (risque de perturber la libération du principe actif).
     
  • Le patch ne doit pas être appliqué n'importe où (notamment, à une certaine distance du point douloureux pour les patchs anti-inflammatoires). Il est impératif de suivre les recommandations données par un professionnel de santé ou précisées dans la notice.
     
  • Ne pas oublier de mentionner l'utilisation de patchs aux professionnels de santé lorsqu'ils vous interrogent sur la poursuite actuelle d'un traitement. Un oubli peut être à l'origine d'un surdosage ou d'une interaction médicamenteuse.
     
  • Certains patchs contiennent des métaux. Ceci peut s'avérer dangereux lors de la réalisation d'une IRM (risque de brûlures importantes). il faut donc systématiquement informer les professionnels de santé du port d'un dispositif transdermique avant la réalisation de cet examen.
     
  • Eviter les sources de chaleur importantes (bouillotte sur le patch, bain chaud, sauna), l'exposition prolongée au soleil (ou l'exposition de la zone "patchée" au soleil) et les activités sportives par fortes chaleurs.
    En effet, rappelle l'ANSM, "une augmentation de la température du corps peut entraîner une modification de la vitesse et de la dose délivrée du principe actif à travers la peau et être à l'origine de surdosage".
     
  • Ne pas entreposer les patchs, y compris les patchs usagés (voir encadré), n'importe où. Il convient de les stocker hors de la portée et de la vue des enfants . L'ANSM recommande de replier les patchs usagés "sur eux-mêmes" (face adhésive contre face adhésive).
     
  • Ne pas jeter les patchs usagés avec les ordures ménagères. Il est vivement recommandé de retourner les patchs usagés en pharmacie pour destruction, afin de limiter l'exposition des enfants à des surdosages accidentels (par ingestion) et la pollution de l'environnement.
     
  • Il faut éviter de se savonner ou d'appliquer une lotion cosmétique à l'endroit où le patch est collé.

Bien appliquer un patch

  • Le patch doit être collé sur une peau glabre (dos, haut du bras ou du torse), propre, sèche et non irritée (par le rasage par exemple), en évitant les plis. Le film protégeant la surface adhésive doit être décollé avant la pose du patch. Celui-ci doit être appliqué soigneusement en effectuant une pression sur toute sa surface.
     
  • Toujours alterner les sites d'application du patch, pour éviter les irritations locales.
     
  • Chez les enfants et les personnes atteintes de troubles cognitifs, l'ANSM conseille "de placer les patchs dans des zones ne permettant pas que les patients les décollent, les manipulent et les portent à la bouche", par exemple dans le dos, si ce site d'application n'est pas déconseillé dans la notice.
     
  • Il est recommandé de se laver immédiatement les mains en cas de contact direct avec le principe actif.
     
  • Il est conseillé de retirer le patch usagé avant d'en appliquer un nouveau, un oubli pouvant entraîner un surdosage (voir encadré).
     
  • Si un patch se décolle ou tombe, il est conseillé de le remplacer par un nouveau, "de minuscules squames de peau et autres résidus cutanés restés sur sa surface adhésive [pouvant] l'empêcher de recoller correctement, et entraver la diffusion du principe actif".

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(1) Selon le répertoire des spécialités pharmaceutiques de l'ANSM, il existe 151 dispositifs transdermiques actuellement commercialisés en France.

Sources : Dispositifs transdermiques (patchs) : attention aux erreurs - Point d'information - ANSM

En savoir plus sur les patchs :