On achève bien les chevaux ?

Un cheval champion olympique aurait été victime d'une crise cardiaque ce week-end en milieu d'une compétition. Des images très impressionnantes, qui interrogent sur l'état de santé des étalons de compétition.

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On achève bien les chevaux ?

- Le dopage des chevaux, chronique et reportage du 4 septembre 2008 -

C’était une star dans sa discipline. Âgé de 15 ans, Hickstead, cet étalon canadien, monté par Eric Lamaze, est mort ce dimanche 6 novembre 2011, à Vérone, à la suite d’un concours de saut d’obstacles où le duo avait réussi un quasi sans-faute. Le cheval a perdu l’équilibre, a convulsé et a fini par mourir. Il aurait succombé à une crise cardiaque. Des examens approfondis sont en cours.


Les crises cardiaques chez les chevaux sont très rares. "Le cœur du cheval est génétiquement programmé pour répondre à un effort important rapidement", explique Aude Giraudet, vétérinaire à la clinique équine de l’Ecole nationale vétérinaire d’Alfort. "Etant une proie lorsqu’il était encore en liberté, il lui fallait courir vite et longtemps pour échapper à son prédateur. De plus les maladies cardiaques sont extrêmement rares chez le cheval, car son alimentation est très peu riche en graisses."

Le cœur d'un cheval pèse environ 1 % du poids du corps, suivant son niveau d'entraînement, soit entre 3,5 à 5,5 kg pour un cheval de 500 kg. Sa fréquence de battements est de 24 à 45 battements par minute au repos et peut monter jusqu'à 240 lors d'efforts, par exemple pour un cheval d’athlète. Alors que le cheval fait sept fois le poids d’un homme, son cœur a une puissance multipliée par 20, comparée à la pompe cardiaque humaine. "C’est comme si un homme était capable de passer de 50 à 500 battements par minute, alors que l’homme peut au mieux atteindre 180 battements par minute", analyse Aude Giraudet.

En revanche, d’autres maux des sportifs peuvent toucher les chevaux de compétition. Comme l’usure des articulations et des tendons. Plus de la moitié des problèmes de santé des chevaux de courses concernent leurs jambes. Et non pas leur cœur.