Les oreillons sont de retour !

Près de 17.000 personnes ont été touchées par les oreillons depuis le début de l'année 2013 en France, soit six fois plus qu'en 2012 à la même période. Cette estimation du réseau Sentinelles montre un retour en force de cette maladie virale contagieuse. Certains départements en sont particulièrement victimes. L'Institut national de veille sanitaire a identifié sept foyers d'épidémie localisés dans le Nord-Pas-de-Calais, la Champagne-Ardenne, l'Ile-de-France, l'Aquitaine et en Rhône-Alpes. Faut-il s'inquiéter de cette recrudescence des oreillons ?

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Les oreillons sont de retour...

Ils nous donnent des airs de hamster, font très mal aux oreilles et provoquent de fortes fièvres... les oreillons sévissent toujours en France. "Les oreillons sont dus à un virus qui touche plusieurs glandes dont la parotide. La parotide est l'une des glandes qui fabrique de la salive", explique le Dr Robert Cohen, pédiatre-infectiologue, "et en général quand les gens ont les oreillons, ils ont de la fièvre et un gonflement d'une zone du cou".

Le virus des oreillons est particulièrement actif. Depuis le début de l'année 2013, près de 17.000 personnes auraient été touchées par les oreillons, contre moins de 3.000 pour la même période en 2012. Seul moyen de s'en protéger : le ROR, un vaccin combiné contre la rougeole, les oreillons et la rubéole. Un vaccin dont l'efficacité a toutefois été remise en question face à la recrudescence de l'épidémie d'oreillons. "On s'est aperçu que les anticorps contre la rougeole ou la rubéole persistaient dans le temps, alors que ceux contre les oreillons chez une petite partie de la population (10-15%) avaient tendance à disparaître dans le temps", note le Dr Cohen. Un certain nombre de patients ont donc été protégés plusieurs années voire dizaines d'années, mais dorénavant un certain nombre d'entre eux a perdu ces anticorps et redevient donc sensible à la maladie.

Les enfants ne sont donc plus les seuls touchés, les premières victimes sont désormais les jeunes adultes. Cette année plus de la moitié des cas d'oreillons concerne des personnes de plus de 16 ans vivant en collectivité. Et personne n'est épargné. En mars 2013, ce virus très contagieux a réussi à freiner les rugbymen du Top 14.

Malgré la diminution avec le temps de l'immunité conférée par la vaccination, l'injection systématique d'une troisième dose n'est pour l'instant pas envisagée, comme le confirme le Pr Christian Perronne, chef de service des malades infectieuses : "Dans l'état actuel des choses, il n'est pas justifié de faire trois doses de vaccin pour tout le monde puisque tout le monde n'a pas reçu les deux doses recommandées. Il faut déjà rattraper les deux doses pour tous ceux qui ne les ont pas eues et réserver la troisième dose dans des cas très particuliers pour quelques cas groupés dans des collectivités".

Si les autorités surveillent la forte progression de la maladie, elles rappellent toutefois son caractère bénin. Dans 20 à 30% des cas, les oreillons passent même inaperçus. En revanche, à l'adolescence et à l'âge adulte, il faut faire preuve d'une vigilance particulière car les complications, même si elles restent rares, peuvent être graves : méningite, perte d'audition, pancréatite, atteinte des testicules pouvant conduire à une stérilité.

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