Du vinaigre pour dépister le cancer du col de l'utérus ?

Cela peut paraître suprenant, mais l'information est sérieuse. Une vaste étude, menée en Inde, indique une réduction de 31% de la mortalité résultant d'un cancer du col de l'utérus, grâce à une technique simple et bon marché de dépistage à base... de vinaigre. Cet examen pourrait sauver des milliers de vies de femmes dans les pays pauvres, assurent les chercheurs, dont les résultats ont été présentés aux Etats-Unis, lors de la Conférence annuelle de l'American Society of Clinical Oncology (ASCO 2013).

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Du vinaigre pour dépister le cancer du col de l'utérus ?
Du vinaigre pour dépister le cancer du col de l'utérus ?

Les auteurs de cette étude ont testé une méthode de détection visuelle du cancer utérin, en utilisant du vinaigre, de la gaze et une lampe halogène. En appliquant du vinaigre sur le col de l'utérus et à l'aide d'un coton-tige, le prélèvement examiné à l'œil nu, sous une lampe halogène, permet de détecter les anomalies. En moins d'une minute, en effet, les tissus cancéreux prennent une couleur blanche là où le vinaigre est appliqué, alors que les tissus sains ne changent pas de couleur. Cette technique requiert une simple formation des personnels infirmiers ou de travailleurs médicaux qualifiés.

L'essai clinique a été mené pendant 15 ans parmi 150.000 femmes indiennes de 35 à 64 ans, sans antécédents de cancer du col utérin. La moitié a subi un examen de dépistage à base de vinaigre une fois tous les deux ans et l'autre moitié aucun test.

L'incidence du cancer du col de l'utérus a été comparable dans les deux groupes, 26,5 pour 100.000 chez celles soumises au dépistage et 26,7 pour 100.000 chez les autres. Mais le test a permis une réduction de 31% du taux de mortalité liés à ce cancer.

"Nous espérons que les résultats de cette étude auront un important effet pour réduire le fardeau du cancer du col de l'utérus en Inde et dans le monde", a déclaré le Dr Surendra Srinivas Shastri, professeur de cancérologie préventive au Tata Memorial Hospital à Bombay, principal auteur de cette étude.

"Nous travaillons déjà avec les autorités de la santé des Etats et au niveau national en Inde pour rendre cette technique de dépistage et l'éducation médicale accessible à toutes les femmes dans le pays", a indiqué ce cancérologue.

Les chercheurs estiment que ce simple test pourrait sauver chaque année 22.000 vies en Inde et 73.000 vies dans d'autres pays à bas revenus où le cancer du col de l'utérus est une des principales causes de mortalité chez les femmes.

Dans ces pays, il y a très peu ou pas d'accès au test Pap (frottis vaginal, dans le cadre d'une cytologie gynécologique), la procédure normale de détection de ce cancer dans les pays occidentaux. Il consiste à détecter par prélèvement des changements dans les cellules du col utérin susceptibles de devenir cancéreuses.

Le cancer du col de l'utérus qui est évitable, est responsable de 275.000 décès pas an dans le monde dont 80% sont enregistrés dans les pays en développement.

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