Des médicaments contre la toux utilisés comme une drogue

Certains adolescents et jeunes adultes utilisent des médicaments antitussifs à des fins "récréatives". L'Agence nationale de sécurité du médicament (Ansm) appelle les professionnels de santé à la vigilance.

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Des médicaments contre la toux utilisés comme une drogue

Les antitussifs ou médicaments contre la toux étaient déjà utilisés depuis plusieurs années par les toxicomanes comme produit de substitution, car ceux-ci contiennent du dextrométhorphane, appelé aussi DMX, un dérivé de la morphine. "C'est la même famille que l'héroïne et les opiacés. Le DMX a un effet central très efficace sur la douleur et donc par exemple sur la toux", explique le Pr Amine Benyamina, médecin addictologue. Le problème, c'est que la consommation de ces produits est en train de s'élargir, et touche les jeunes pour une consommation dite "récréative".

Sirop, pastilles, comprimés… Ces médicaments existent sous différentes formes. Dans les pharmacies, ils sont tous rangés derrière le comptoir, car s'ils peuvent être délivrés sans ordonnance, ils ne sont pas pour autant en vente libre. Les pharmaciens ont donc été les premiers à repérer cet usage détourné : "Les pharmaciens nous ont fait remonter leurs observations, en particulier expliquant que des adolescents se présentaient à leur officine et demandaient plusieurs flacons de sirop ou de comprimés qui contiennent du dextrométhorphane", affirme Nathalie Richard, directrice des médicaments en neurologie et ORL à l'Ansm.

Les effets de ces médicaments sont très légers, ce qui pousse les consommateurs à augmenter les doses, ce qui multiplie les risques. "Le risque extrême est le décès mais on peut aussi avoir des troubles respiratoires, des troubles de la conscience, des pertes de conscience, des troubles cardiaques…", détaille Nathalie Richard.

L'Ansm a donc adressé une mise en garde à l'ensemble des acteurs concernés par la prise en charge sanitaire ou sociale des jeunes publics : pharmaciens, médecins généralistes mais aussi pédiatres, médecins scolaires ou de PMI. Il leur est demandé d'être particulièrement vigilants face à toute demande de dextrométhorphane qui leur semblerait suspecte et émanant en particulier de jeunes adultes ou d'adolescents. Il leur est aussi recommandé de s'assurer que les patients n'ont pas d'antécédents d'abus, de dépendance ou de comportement qui pourrait supposer un usage détourné lors de la prescription ou de la délivrance de l'un de ces médicaments.