Des chercheurs analysent une souche ancienne du choléra

Des biologistes canadiens et australiens sont parvenus à retrouver trace d'une souche du choléra datant du XIXème siècle. Son analyse doit permettre d'éclairer les épidémiologistes sur les mutations qui ont rendu la bactérie particulièrement virulente au début de l'ère industrielle.  

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Des chercheurs analysent une souche ancienne du choléra
La bactérie Vibrio cholerae, en microscopie électronique. (T.J. Kirn, M.J. Lafferty, C.M.P Sandoe et R.K. Taylor)

Depuis 1817, sept épidémies majeures de choléra ont été responsables de millions de victimes. La maladie est également endémique dans de nombreuses régions (comme depuis 2010 à Haïti). Chaque année, selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le choléra est responsable de 100.000 à 120.000 morts, trois à cinq millions de nouveaux cas de choléra se déclarant dans le monde.

Le choléra provoque des diarrhées importantes qui conduisent à une sévère déshydratation, entraînant la mort s'il n'est pas traité rapidement.

L'intestin qui a servi de base a cette analyse avait été prélevé par le docteur John Neill afin d'étudier les effets du choléra sur la structure de l'intestin.

Mais la souche bactérienne responsable des premières épidémies est différente de celle qui sévit de nos jours. Au gré des résistances humaines, certaines bactéries porteuses de mutations ont été éliminées, tandis que d'autres ont au contraire gagné en virulence.

Pour mieux comprendre quels facteurs ont pu favoriser la transmission du choléra entre les humains au cours des deux derniers siècles, les épidémiologistes doivent identifier les différentes mutations qui ont pu survenir durant cette période.

Pour ce faire, ils doivent analyser des échantillons anciens de la bactérie. Malheureusement, le pathogène niche dans les intestins de ses victimes et n'atteint jamais les dents ou les os : de ce fait, il ne persiste aucune trace de ses gènes dans les cadavres aujourd’hui à disposition des chercheurs.

Des chercheurs canadiens et australiens ont récemment eu accès à une collection d'organes préservés dans du formol, appartenant au musée d'histoire médicale de Philadelphie. Un établissement créé en 1858, quelques années après qu'une épidémie de choléra ait dévasté la ville...

Travaillant sur la portion bien préservée d'un intestin d'un homme décédé du choléra en 1849, les scientifiques ont pu retrouver des traces exploitables d'une bactérie "d'époque", et sont parvenus à séquencer son génome.

"Cette avancée permet d'améliorer considérablement la compréhension des origines de cette bactérie et laisse espérer de meilleurs traitements et potentiellement une prévention", expliquent les auteurs de l'étude, publiée le 9 janvier 2013 dans la revue médicale New England Journal of Medicine.

 

Source : Second-Pandemic Strain of Vibrio cholerae from the Philadelphia Cholera Outbreak of 1849. H.N. Poinar et coll. PNAS. Janv. 2014 doi:10.1056/NEJMoa1308663

 

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