Démission de Gilbert Lenoir, président de la Ligue contre le cancer

En pleine campagne de mobilisation, la Ligue contre le cancer doit faire face à la démission de son président. Elu pour mettre en œuvre la modernisation de cette association complexe composée de 103 comités départementaux, Gilbert Lenoir a préféré démissionner face aux nombreuses résistances internes.

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Démission de Gilbert Lenoir, président de la Ligue contre le cancer
Démission de Gilbert Lenoir, président de la Ligue contre le cancer

Alors que la Ligue contre le cancer est en pleine campagne de mobilisation cette semaine, par les hasards du calendrier, le conseil d'administration de l'association a eu lieu hier et s'est terminé par une sortie surprenante : la démission de Gilbert Lenoir du poste de président.

Nommé en juin 2010 pour six ans, il avait commencé une grande politique de réforme qui n'était apparemment pas au goût de tous les administrateurs. "Ma volonté de modernisation s'est heurtée de façon permanente à des résistances qui se sont exprimées au fil du temps de manière de plus en plus agressives", nous a-t-il confié ce matin. "Je ne pouvais plus transiger, je pense que cette évolution est incontournable et indispensable au bon fonctionnement de la Ligue. J'ai été élu pour faire évoluer cette association, je ne pouvais pas continuer à cautionner ce mode de gestion."

"Devant cette situation, j'ai souhaité qu'un large débat s'ouvre au sein du conseil d'administration réuni ce jour (...). À l'issue des débats, je n'ai pas obtenu la majorité lors d'un vote de confiance", a encore expliqué Gilbert Lenoir, chercheur spécialisé dans le cancer et la génétique.

"Je suis très attaché à la Ligue"

Gilbert Lenoir, 65 ans, a fait toute sa carrière dans la recherche médicale et plus particulièrement dans la recherche sur le cancer. Il a notamment dirigé la recherche de l'Institut de cancérologie Gustave Roussy de Villejuif, et continue d'y travailler comme responsable de Cancer Campus, un projet de parc d'innnovations en sciences et santé, entrant dans le projet du grand Paris.

Comme d'autres associations, comme les Restos du cœur ou la Croix-Rouge, la Ligue est un assemblage complexe de bénévoles, de salariés et d'administrateurs. Gilbert Lenoir avait lancé des réformes de modernisation pour répondre aux demandes des organismes de contrôle comme la Cour des comptes et le Comité de la charte.

"Par exemple, il y a 103 commissaires aux comptes, un par département. Ce qui coûte à la Ligue 700 000 euros par an. Sans remettre en question les comités départementaux, il serait souhaitable de faire une gestion plus centralisée, qui permettrait de financer des programmes nationaux, et de faire des économies sur les frais de financement", explique Gilbert Lenoir. Pour lui, le but n'était pas de supprimer les comités départementaux, véritable richesse de l'association, mais de lancer une réflexion territoriale, plus coordonnée.

Son attachement et son investissement dans l'association n'est pas remis en question par cette démission. Il reste un des trente administrateurs nationaux, et un militant fidèle de l'association. "Je suis et je reste très attaché à la Ligue. Cette association a toute la légitimité pour être un grand acteur de la politique de santé de notre pays. Par son poids national (103 comités départementaux), par son indépendance, par son ancienneté, et surtout par son investissement auprès des chercheurs et des malades, je continue de penser que c'est une des plus belles associations."

Intérim

Jacqueline Godet qui occupait jusqu'à présent le poste de vice-présidente en charge des missions sociales au sein de la Ligue a été nommée présidente par intérim. Le processus pour la désignation d'un nouveau président a été engagé parallèlement.

Créée en 1918, la Ligue nationale contre le cancer est le premier financeur privé et indépendant de la recherche contre cette maladie, avec plus de 700 000 adhérents et 103 comités départementaux. Son action s'oriente autour de trois grands axes : recherche, information et prévention, et accompagnement des malades.

 

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